5 choses juives à connaître sur Boris Johnson
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5 choses juives à connaître sur Boris Johnson

Le nouveau Premier ministre de Grande-Bretagne a défendu la communauté juive mais aussi Israël, même si certains ont une vision plus mitigée

Le nouveau chef du parti Conservateur et nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson quitte le siège du parti conservateur au centre de Londres le 23 juillet 2019. (Niklas HALLE'N / AFP)
Le nouveau chef du parti Conservateur et nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson quitte le siège du parti conservateur au centre de Londres le 23 juillet 2019. (Niklas HALLE'N / AFP)

Quel que soit son parti politique, tout le monde sera d’accord pour dire que Boris Johnson, qui a remporté le vote du parti conservateur pour devenir le prochain Premier ministre du Royaume-Uni, est un personnage haut en couleur.

En tant que maire de Londres, une fonction qu’il a occupée pendant huit ans jusqu’en 2016, Johnson était ridiculisé par les médias pour sa bouffonnerie. Une fois, alors qu’il portait un casque et agitait des drapeaux britanniques, il est resté coincé sur une tyrolienne dans ce qui devait être son entrée spectaculaire au parc Olympique cette année là.

Egalement en 2016, lors de sa première année en tant que ministre des Affaires étrangères, Johnson a été ridiculisé pour avoir envoyé des textos sur sur téléphone portable tout au long du discours de la Première ministre Theresa May lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Ce ne sont que quelques exemples du style maladroit et sympathique qui a permis à Johnson, un journaliste de 55 ans devenu politicien, de gravir l’échelle politique au Royaume-Uni alors que beaucoup de ses rivaux l’ont sous-estimé.

Il a remporté deux fois la mairie de Londres, même en tant que candidat conservateur dans un bastion libéral. Mardi, Johnson a obtenu 66 % des voix dans l’élection du parti pour trouver un successeur à May, qui n’a pas réussi à arranger le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Puisque les conservateurs ont remporté les dernières élections en 2017, ils resteront au pouvoir et Johnson deviendra Premier ministre.

Pour les Juifs britanniques, Johnson est un personnage complexe du fait de ses relations avec Israël, de ses propres racines juives et de son manque de respect apparent pour ce que beaucoup de Britanniques attendent d’un politicien de premier plan lorsqu’il parle des minorités religieuses.

1. Brexit d’un côté, les Travaillistes de l’autre

Contrairement à May, Johnson, est un partisan de longue date du Brexit. En d’autres termes, il s’est engagé à faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne coûte que coûte, avec ou sans accord avec des officiels de l’UE (May avait désespérément tenté de trouver un accord).

C’est un pari risqué car un Brexit sans accord conduirait certainement à un ralentissement de l’économie, ce qui pourrait alors augmenter les chances de voir le chef du parti Travailliste Jeremy Corbyn être élu après Johnson. De nombreux Juifs britanniques pensent que cela poserait une menace existentielle à leur communauté à cause de l’explosion de l’antisémitisme au sein des Travaillistes depuis que Corbyn a pris la tête du parti en 2015.

2. Boris se sent juif (parfois)

L’arrière grand-père maternel de Johnson, Elias Avery Lowe, était un Juif né à Moscou d’un marchand de textiles. Johnson a confirmé cela dans un entretien de 2007 avec le Jewish Chronicle.

« J’ai l’impression d’être Juif quand le peuple juif est menacé ou visé par une attaque, et c’est là que ça ressort », a déclaré Johnson. « Quand je vois un peu d’antisémitisme, c’est là que je suis énervé et protecteur ».

3. Pourtant, des Juifs s’étaient plaints quand il était maire…

Tout au long de son mandat de maire de Londres, Johnson a constamment ignoré les demandes des groupes juifs d’interdire les marches infâmes pro-Palestinien du Jour Al Quds qui traversent Londres – événement où l’on a vu des appels à tuer des juifs, avec d’autres propos et images antisémites. Ce n’est que l’année dernière que la police de Londres a dit qu’elle interviendrait lors de l’événement pour empêcher de voir les drapeaux du Hezbollah dans la capitale anglaise. La décision est venue de l’actuel maire de Londres Sadiq Khan, un politicien travailliste et musulman pratiquant.

En 2014, Johnson a qualifié l’attaque d’Israël sur le Hamas à Gaza de « disproportionnée », et « d’horrible et tragique », ajoutant qu’elle « ne fera rien de bien pour Israël à long terme ». Il aurait tenté de nuancer ces remarques dans la course à l’élection au parti conservateur, qui a vu un renforcement du soutien de la part des Juifs qui ont quitté le parti travailliste pour son problème d’antisémitisme. Il s’est lui-même défini comme « un sioniste passionné » qui « aime le grand pays » d’Israël. Les politiciens britanniques se définissent rarement comme des « Sionistes », en partie à cause des actions des militants sionistes contre des cibles britanniques avant la création de l’Etat d’Israël.

« C’est totalement inacceptable que des civils israéliens innocents doivent faire face à la menace des tirs de roquettes et des bombardements depuis Gaza », a-t-il dit dans un entretien du 10 juillet avec le Jewish News.

4. … et quand il était ministre des Affaires étrangères.

Malgré une flopées de déclarations et d’actions pro-Israël, Johnson est largement perçu comme étant responsable d’avoir aidé le Royaume-Uni à rédiger la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies contre la politique d’implantation d’Israël. Les dirigeants juifs britanniques ont qualifié le rôle britannique dans la procédure de « honte », et d’autres soutiens de l’Etat juif l’ont qualifié de trahison.

Johnson a été un soutien de l’accord sur le nucléaire iranien signé par l’Iran, le Royaume-Uni et d’autres puissances mondiales (les Etats-Unis se sont depuis retirés de l’accord). Israël et ses soutiens ne sont pas des grands fans de l’accord, dont ils disent qu’il permettra à la République islamique de construire un arsenal nucléaire à proximité de l’État juif.

Pourtant, Johnson a été le premier ministre des Affaires étrangères britannique à promettre de voter contre l’Article 7, un article permanent sur l’agence du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui stigmatise Israël, a noté le groupe pro-Israël Bicom. Il a critiqué le préjugé des Nations unies contre Israël, le qualifiant de « disproportionnée et de nuisible pour la paix ».

5. Appelez-le le Trump britannique

Dans les premiers jours de la présidence de Trump, Johnson avait parlé avec mépris de la vedette de la tv réalité devenue politicien, mais les deux hommes ont depuis construit une relation positive. Mardi, par exemple, Trump a dit que Johnson est un « homme bien » qui est dur et intelligent.

Comme Trump, Johnson a excité la base de l’électorat de droite avec des commentaires méprisants sur les Musulmans, ce qui met les Juifs britanniques dans une position inconfortable.

L’année dernière, Johnson avait écrit, dans le Daily Telegraph, une tribune libre qui se moquait des femmes musulmanes, déclarant que c’est « absolument ridicule que quelqu’un choisisse de se déplacer en ressemblant à des boîtes aux lettres ».

Le président du Conseil juif, Jonathan Golstein, avait réagi sur Twitter.

« Les commentaires de Boris Johnson sont totalement honteux, avait-il écrit sur Twitter. Incroyable de penser qu’il était ministre des Affaires étrangères il y a seulement quelques semaines ».

Edie Friedman, le président du Conseil juif pour l’égalité raciale, a condamné ce qu’elle a qualifié « de racisme masqué » de Johnson.

Mardi, la communauté juive a pris un ton plus cordial en félicitant Johnson pour sa nomination, rappelant sa « longue relation positive » avec lui « à la fois en tant que maire de Londres et ministre des affaires étrangères ». Le Comité des Assistants des Juifs britanniques « a hâte de poursuivre cette relation alors qu’il entre à Downing Street », a déclaré Marie van de Zyl, président du comité.

La branche la plus à gauche du mouvement juif libéral a fait une déclaration moins chaleureuse sur Twitter, qui a peut-être reflété la gêne de beaucoup du membres du groupe avec l’arrivée de Johnson au pouvoir.

Le groupe « a hâte de travailler avec @BorisJohnson, le nouveau Premier ministre, comme avec tous les Premiers ministres de cette dernière décennie », a tweeté le mouvement.

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