60 jours d’incarcération pour les soldats ayant mis le feu à l’entrepôt d’un palestinien
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60 jours d’incarcération pour les soldats ayant mis le feu à l’entrepôt d’un palestinien

Les troupes ont déclaré avoir agi ainsi parce qu’ils s’ennuyaient après une nuit de garde au checkpoint et admettent s’être "comportés comme des idiots"

Les soldats israéliens inspectent une voiture palestinienne à un checkpoint près du village cisjordanien de Beit Furik, à l'est de Naplouse le 2 octobre 2015.. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Les soldats israéliens inspectent une voiture palestinienne à un checkpoint près du village cisjordanien de Beit Furik, à l'est de Naplouse le 2 octobre 2015.. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Les deux soldats israéliens qui avaient admis avoir mis le feu à un entrepôt où était stocké du bois, appartenant à un commerçant palestinien, parce qu’ils s’ennuyaient durant leur garde de nuit, ont été condamné à 60 jours de prison et à un mois de service militaire supplémentaire.

Dans un plaidoyer de négociation, les avocats de la défense et de l’accusation se sont mis d’accord pour diminuer les chefs d’accusation, passant d’incendie criminel à abus d’autorité ayant mis en danger la vie d’autrui. Le premier chef d’accusation prévoit une peine de prison de 15 ans, alors que le second ne prévoit que 3 ans maximum.

L’incident, qui s’est déroulé il y a deux mois, mais qui vient de refaire surface, s’était produit à la fin d’une garde à un checkpoint dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, selon la radio de l’armée.

Les deux colonels, du bataillon 932 de la brigade d’infanterie Nahal, qui sont en détention depuis leur arrestation, peu après l’incident, sont arrivés sans le matériel de régulation nécessaire pour éclairer le checkpoint en pleine nuit ;

Le chef de la bande, un sergent, leur a donné des bouteilles de gaz, et la permission de prendre 13 morceaux de bois d’un hangar qui se trouvait à proximité.

La Brigade 931 du Nachal patrouillant près de Naplouse en Cisjordanie (Crédit : Porte-parole de l'armée israélienne/Flash90)
La Brigade 931 du Nachal patrouillant près de Naplouse en Cisjordanie (Crédit : Porte-parole de l’armée israélienne/Flash90)

Une bouteille de gaz serait restée à la fin du service, et l’un des soldats aurait dit à l’autre : « Allez, faisons un feu de camp. »

Les deux soldats se sont approchés de l’entrepôt, ont pris une planche et y ont mis le feu, et l’ont jetée sur une pile de bois à proximité de l’entrepôt, avant de s’éloigner et de monter à bord du bus qui les ramenait à leur base. Ils n’ont informé personne de ce qu’ils avaient fait, et l’entrepôt a pris feu.

Par la suite, ils ont confié aux enquêteurs qu’ils n’avaient pas eu l’intention de faire un feu, et qu’ils avaient agi de manière impulsive, parce qu’ils s’ennuyaient, sur le moment.

L’un d’entre eux a déclaré aux enquêteurs : « j’ai entaché l’honneur de mon armée, de ma brigade, et l’on pourrait même dire, de mon pays. C’était une erreur et si j’y avais réfléchi un peu, je ne l’aurais pas fait. Nous comprenons que nous avons agi comme des idiots. Nous sommes tous les deux désolés. J’ai porté atteinte au gagne-pain d’une personne. »

Il ajoute : « Je ne comprends pas comment j’ai pu faire ça. Je me déçois. »

Les regrets exprimés par les soldats et leur disposition à assumer leur acte a ouvert la voie aux négociations, indique la radio de l’armée.

La condamnation a été prononcée par une cour de juges au tribunal militaire de Qastina, présidé par le Colonel Noah Zommer.

La cour a approuvé la requête de la défense, demandant une peine de deux mois ainsi que la prolongation du service militaire d’un mois, et a rejeté la requête de l’accusation qui préconisait une peine de 10 mois de prison.

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