7-Octobre, Iran, chrétiens d’Orient : ce qu’a dit Netanyahu lors de son interview sur CBS
Le Premier ministre a été longuement interrogé sur les opérations en Iran ainsi que sur la baisse de soutien en provenance de la population américaine
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a semblé reconnaître qu’il portait une certaine part de responsabilité dans les défaillances qui ont permis l’invasion transfrontalière et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Il a toutefois affirmé que « tout le monde », du sommet à la base des hiérarchies politiques, militaires et de sécurité, portait également sa part de responsabilité. Selon lui, le « véritable enjeu » résidait dans ce qui s’était passé depuis ce jour-là, et non dans ce qui l’avait précédé.
Interrogé lors d’une longue interview dans l’émission « 60 Minutes » de CBS sur la raison pour laquelle tous ceux qui étaient en charge de la sécurité au moment de l’attaque ont démissionné ou ont été licenciés, à l’exception de lui-même, Netanyahu a affirmé que certains étaient partis parce que leur mandat était arrivé à terme, et que seuls un ou deux d’entre eux avaient dit avoir pris leurs responsabilités, mais que l’on ne savait pas très bien ce que cela signifiait. Quelles sont ces responsabilités ? »
Ces remarques ont été faites hors micro, lors d’une partie de l’interview qui n’a pas été diffusée dimanche et ne figure que dans la transcription intégrale de CBS.
« Examinons l’échelon politique, l’échelon militaire, l’échelon de la sécurité. Regardons tout le monde, et chacun porte une part de responsabilité. Oui, depuis le sommet, depuis le Premier ministre jusqu’en bas », a-t-il déclaré, avant de réitérer sa proposition de créer une commission d’enquête nommée par les responsables politiques plutôt qu’une commission d’enquête nationale indépendante, la plus haute instance d’enquête du pays, qu’il refuse de mettre en place.
Les sondages indiquent systématiquement qu’une nette majorité d’Israéliens soutient la création d’une telle commission, et Netanyahu avait lui-même appuyé une enquête sur la conduite du gouvernement précédent en 2022. Cependant, le gouvernement actuel refuse catégoriquement d’envisager cette option et n’a toujours pas donné son accord pour une quelconque enquête, plus de deux ans et demi après la journée la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah.
« Mais je pense que le vrai problème, c’est que, bien sûr, cela concerne la période jusqu’au 7-Octobre. Qu’en est-il de la période depuis le 7-Octobre ? », a-t-il poursuivi.
« [C’était] clairement ma responsabilité de sortir Israël de cet horrible nœud coulant mortel que les Iraniens nous ont tendu. Et nous l’avons fait, de manière systématique, avec beaucoup de détermination, en nous rendant sur chacun de ces sept fronts, l’un après l’autre, et en repoussant la vague de terrorisme. »
Depuis le 7-Octobre, Netanyahu a accordé des interviews à intervalles réguliers aux médias internationaux, tout en limitant fortement ses interviews avec les médias israéliens aux journalistes qui le soutiennent ouvertement.
Selon la chaîne publique Kan, l’interview accordée à « 60 Minutes » a été filmée au domicile de Simon Falic, un ami milliardaire et soutien de Netanyahu, à Jérusalem.
« Je ne prétends pas avoir une vision parfaite de l’avenir »
Interrogé sur l’image de plus en plus répandue selon laquelle il serait désormais avide de conflit, Netanyahu a déclaré à CBS que, jusqu’au 7-Octobre, il était considéré comme « peut-être le Premier ministre le plus modéré de l’histoire d’Israël », et que cela avait changé après le 7-Octobre.
« J’étais perçu comme étant politiquement intransigeant, mais très modéré sur le plan militaire », a-t-il rappelé à propos de sa dizaine d’années au pouvoir, durant lesquelles il avait résisté aux demandes fréquentes de la droite d’engager une guerre totale contre le Hamas, qu’il considérait comme inutile. De nombreux articles et certains hauts responsables de la sécurité ont publiquement déclaré que Netanyahu et son gouvernement avaient rejeté à maintes reprises des plans visant à éliminer des dirigeants de haut rang du groupe terroriste.
« [Cela] a évidemment changé le 7-Octobre, car ils allaient nous anéantir. Je ne pensais pas qu’il s’agissait simplement d’une attaque du Hamas. Je l’ai perçue, telle qu’elle était, comme une attaque de l’axe iranien visant à nous anéantir, à travers un nœud coulant mortel », a déclaré Netanyahu, faisant référence à Téhéran et à ses proxys terroristes.
Netanyahu a indiqué comment, dès le début de la guerre qui s’en est suivie, il s’était engagé à ce qu’Israël « change cette situation où ils s’allient contre nous ».
Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu says he was once viewed as being "militarily very restrained," but that changed after the Oct. 7 Hamas-led attack. https://t.co/zrpTgpK8qB pic.twitter.com/bRIM7nxWie
— 60 Minutes (@60Minutes) May 10, 2026
Outre le lancement de la guerre à Gaza en réponse aux massacres du 7-Octobre, Israël a depuis combattu le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, ainsi que les terroristes houthis du Yémen, qui ont attaqué Israël pour soutenir le Hamas.
Israël a également mené deux guerres contre la République islamique d’Iran, dont la dernière, lancée conjointement avec les États-Unis en février, est actuellement au milieu d’un cessez-le-feu fragile.
Cependant, le Premier ministre a semblé affirmé que ni Israël ni les États-Unis n’avaient prévu que l’Iran ne détournerait le détroit d’Ormuz avant le début de la dernière guerre.
« Je ne prétends pas avoir une vision parfaite de l’avenir, et personne ne l’avait. Les Iraniens non plus », a répondu Netanyahu lorsqu’on l’a interrogé sur un article du New York Times selon lequel il aurait prédit que Téhéran serait trop affaibli par les frappes aériennes américano-israéliennes pour bloquer cette voie navigable stratégique.
Netanyahu a également été interrogé sur un article du New York Times selon lequel il aurait déclaré, lors d’une réunion de hauts responsables américains dans la salle de crise de la Maison Blanche le 11 février, qu’une opération conjointe israélo-américaine pourrait entraîner la chute de la République islamique.
Le Premier ministre a qualifié cela de « faux », ajoutant qu’il n’avait simplement pas considéré ce résultat comme définitif.
« Nous étions tous deux d’accord sur le fait qu’il y avait de l’incertitude et des risques », a déclaré Netanyahu, citant le président américain Donald Trump qui aurait dit qu’il y avait un danger à agir, mais un danger plus grand à ne pas agir.
Interrogé sur la possibilité de renverser le régime iranien, Netanyahu a répondu : « Je pense qu’on ne peut pas prédire quand cela se produira. Est-ce possible ? Oui. Est-ce garanti ? Non. Mais je peux vous dire que c’est comme une faillite, vous voyez ? Ça… se fait progressivement, puis ça s’effondre. »
Le Premier ministre a ajouté qu’il ne savait pas quand ni si le régime iranien allait tomber, mais a déclaré que si cela arrivait, cela signifierait la fin de son réseau de proxys, notamment le Hezbollah, le Hamas et les Houthis, car c’est la « structure » qui les maintient à flot.
Le Premier ministre a également déclaré qu’il pensait que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, était en vie, bien qu’il n’ait pas été vu ni entendu publiquement depuis qu’il a été nommé pour succéder à son père, éliminé le 28 février.
Interrogé sur son opinion concernant l’état de santé et l’influence opérationnelle du jeune Khamenei, Netanyahu a répondu : « Je pense qu’il est en vie. Quant à son état de santé, c’est difficile à dire, vous voyez ? Il est retranché dans un bunker ou dans un endroit secret. »
Le Premier ministre a déclaré que Mojtaba « tente d’exercer son autorité », mais a estimé que celle-ci était moindre que celle de son prédécesseur, Ali Khamenei.
Plusieurs sources ont laissé entendre que le dirigeant iranien avait été grièvement blessé lors d’une frappe le jour même du déclenchement de la guerre.
« Nous n’avons pas fait bonne figure dans la guerre de propagande »
Netanyahu a également déclaré qu’il comptait affranchir Israël de toute aide militaire américaine d’ici une dizaine d’années, réitérant ainsi les propos qu’il avait tenus dans les colonnes du magazine The Economist plus tôt cette année.
Interrogé par CBS sur les sondages montrant un effondrement rapide du soutien des Américains à Israël, en particulier parmi les jeunes générations, depuis le début de la guerre à Gaza, Netanyahu a attribué cette situation aux réseaux sociaux et à des campagnes de désinformation efficaces menées par des États qu’il n’a pas nommés.
Le Premier ministre a vanté les nombreuses mesures qu’Israël aurait prises pour mettre les civils de Gaza et du Liban à l’abri pendant la guerre, mais a concédé que les campagnes de désinformation contre l’État juif sur les réseaux sociaux avaient été très efficaces.
Selon un sondage Pew réalisé en mars, 60 % des adultes américains ont une opinion défavorable d’Israël et 59 % n’ont que peu ou pas confiance en la capacité de Netanyahu à prendre les bonnes décisions en matière d’affaires internationales. Ces deux chiffres ont augmenté de sept points par rapport à l’année précédente.
Netanyahu a déclaré que la détérioration du soutien à Israël aux États-Unis correspondait presque à 100 % à l’essor exponentiel des réseaux sociaux et que plusieurs pays, qu’il n’a pas identifiés, avaient « clairement manipulé » ces réseaux d’une manière qui « nous a gravement nui ». Il a toutefois précisé qu’il ne croyait pas personnellement à la censure des réseaux sociaux.
« Israël est assiégé sur le front médiatique, sur le front de la propagande, et nous n’avons pas bien mené la guerre de propagande », a-t-il concédé.
« Nous devons riposter contre ces mensonges, cette propagande, avec la seule arme dont nous disposons. C’est la vérité. J’essaie de le faire maintenant et je m’efforcerai de le faire avec encore plus d’ardeur, car nous avons laissé le champ de bataille à nos ennemis. »
Le Premier ministre a minimisé une série d’actes antichrétiens récents et documentés qui ont suscité un tollé international, les qualifiant « d’aberrations » isolées dont les auteurs ont été punis ou pour lesquelles l’erreur a été rectifiée, tout en vantant les valeurs et l’histoire communes d’Israël avec les chrétiens et le christianisme.
Ces remarques sur le christianisme figuraient également dans une partie de l’interview qui n’a pas été diffusée et qui n’apparaît que dans la transcription intégrale de CBS.
Le Premier ministre a été interrogé sur les incidents récents qui ont nui aux relations d’Israël avec les chrétiens, notamment le refus initial d’accès du Patriarcat latin de Jérusalem à l’église du Saint-Sépulcre à Pâques en raison des restrictions liées à la guerre contre la République islamique d’Iran, le fait qu’un soldat de l’armée israélienne ait brisé une statue de Jésus au Liban et l’agression d’une religieuse dans la Vieille Ville de Jérusalem, incidents que certains considèrent comme une « tendance à l’hostilité envers les chrétiens ».
Netanyahu a répondu en qualifiant cela de « l’une de ces incroyables inventions », affirmant qu’Israël est le seul endroit de la région où les chrétiens ont « prospéré », alors que dans les pays arabes voisins « ils ont été écrasés, opprimés, parfois massacrés ».
Il a affirmé que si la ville palestinienne de Bethléem, en Cisjordanie, lieu de naissance de Jésus, comptait 80 % de chrétiens lorsque l’État d’Israël la contrôlait, depuis qu’elle est sous la juridiction de l’Autorité palestinienne (AP), la proportion est passée à « 20 % de chrétiens et 80 % de musulmans ».
Interrogé pour savoir si ces incidents constituaient des cas isolés, le Premier ministre a répondu : « Ce ne sont pas seulement des cas isolés. Ce sont des actes qui vont à l’encontre de notre éthique, de notre respect pour le christianisme. »
« Mais quand cela se produit, d’accord, ce type, ce soldat qui a fait ça, qui, vous savez, a violé – non pas violé mais arraché un crucifix, il est en prison. Ce type qui a agressé une religieuse, il est en procès », a-t-il expliqué.
Concernant Mgr Pizzaballa, à qui l’entrée a été refusée en raison de la fermeture généralisée des lieux saints de Jérusalem, due aux restrictions de rassemblement pendant la guerre en Iran, Netanyahu a affirmé être « intervenu immédiatement et avoir ouvert les portes », même s’il a fallu quatre jours entre le moment où le cardinal s’est vu empêcher d’accéder à l’église pour la messe du dimanche des Rameaux et celui où il a été autorisé à y célébrer une prière restreinte.
« Israël est le seul pays du Moyen-Orient qui protège les chrétiens, qui les valorise et qui embrasse le christianisme. Nous avons des racines communes. Nous les apprécions. On tente non seulement de déformer notre histoire commune, mais aussi de déformer l’actualité, de se saisir de ces, vous savez, ces aberrations, et de prétendre qu’il s’agit là de la politique israélienne. C’est ridicule », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







