75 ans après avoir été déclarée “Juden Frei”, l’Estonie célèbre le retour de la vie juive
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75 ans après avoir été déclarée “Juden Frei”, l’Estonie célèbre le retour de la vie juive

La présidente du pays a accueilli politiciens et rabbins israéliens pour marquer les 10 ans de l’inauguration de la première synagogue depuis la Shoah

La synagogue Beit Bella de Tallinn, la capitale de l'Estonie. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La synagogue Beit Bella de Tallinn, la capitale de l'Estonie. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Soixante-quinze après que les nazis ont déclaré que l’Estonie était « libérée des Juifs », la présidente du pays baltique a célébré le retour de la vie juive en Estonie pendant une cérémonie à laquelle étaient présents des politiciens et des rabbins israéliens.

La présidente Kersti Kaljulaid a reçu ses invités, dont le grand rabbin ashkénaze d’Israël, David Lau, pendant une cérémonie organisée jeudi à Tallinn, la capitale, pour célébrer le 10e anniversaire de la fondation de la première communauté juive d’Estonie depuis la Shoah.

« L’histoire de la synagogue de Tallinn nous parle du destin de la communauté juive », a dit Kaljulaid pendant la cérémonie.

Elle faisait référence au fait que les nazis avaient détruit tous les lieux de culte juif d’Estonie, où les autorités soviétiques qui avaient pris le pays avaient ensuite refusé d’autoriser aux quelques Juifs du pays revenus des camps d’extermination le droit de construire une synagogue. La synagogue Beit Bella a été inaugurée en 2007.

Gila Gamliel, ministre Likud de l'Egalité sociale, à Eilat, dans le sud d'Israël, le 29 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Gila Gamliel, ministre Likud de l’Egalité sociale, à Eilat, dans le sud d’Israël, le 29 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le grand rabbin d’Estonie, Shmuel Kot, et l’homme d’affaires et philanthrope juif Alexander Bronstein, qui a financé la construction de la synagogue et du centre communautaire qui portent le nom de sa mère, étaient présents pour la cérémonie, ainsi que Gila Gamliel, la ministre israélienne de l’égalité sociale, l’ambassadeur d’Israël en Estonie, Dov Segev-Steinberg, et des dignitaires locaux et étrangers.

« L’histoire de la communauté locale, comme l’histoire du pays lui-même, a connu des tragédies et des renaissances, a dit Kaljulaid. Depuis les années de l’Holocauste, qui nous racontent la tragédie et la difficulté de l’occupation, aux récentes années florissantes d’une Estonie libre, démocratique et indépendante. Aujourd’hui, la synagogue est un signe beau et clair de l’importance de la liberté. »

En 2012, l’Estonie, dont la communauté juive compte 2 500 membres, a rejoint la poignée de pays européens qui ont des restrictions particulières à l’abattage rituel des animaux. Les régulations restreignent ces activités aux abattoirs.

Avant même cet amendement, la politique estonienne sur l’abattage rituel était l’une des plus strictes d’Europe. Les autorités doivent être informées dix jours à l’avance de chaque abattage rituel prévu, et un inspecteur du gouvernement supervise chaque procédure. Les animaux sont étourdis après que leur gorge a été tranchée, une procédure qui n’est pas autorisée par tous les rabbins.

Il y a soixante-quinze ans, pendant la conférence de Wannsee sur l’extermination nazie des Juifs d’Europe, l’Estonie avait été le premier pays à être déclaré Juden Frei.

Jusqu’il y a dix ans, l’Estonie était l’un des seuls pays d’Europe sans synagogue. La synagogue et le nouveau centre communautaire avaient été ouverts pour le 40e anniversaire de la réunification de Jérusalem.

Cette année, l’Estonie et Israël ont célébré les 25 ans de leurs relations diplomatiques.

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