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A 102 ans, l’ancienne résistante Mélanie Berger-Volle prête à brandir la flamme olympique

Aujourd'hui très inquiète du retour des extrêmes en Europe, la centenaire issue d'une famille ouvrière juive espère que les jeunes sauront à leur tour défendre la démocratie

Melanie Berger-Wolle pose à son domicile de Saint-Etienne le 26 mars 2024. (Crédit : JEFF PACHOUD / AFP)
Melanie Berger-Wolle pose à son domicile de Saint-Etienne le 26 mars 2024. (Crédit : JEFF PACHOUD / AFP)

A 102 ans, Mélanie Berger-Volle portera la flamme olympique aussi haut que possible, malgré son épaule fragile, au nom des valeurs d’amitié entre les peuples qu’elle a défendues pendant la Résistance.

« Femme de l’ombre » durant l’Occupation, elle n’en revient toujours pas d’avoir été choisie par le département de la Loire et la mairie de Saint-Etienne pour éclairer la ville lors de l’étape de la flamme qu’elle portera, le 22 juin, avant les Jeux olympiques (26 juillet-11 août) et paralympiques (28 août-8 septembre) de Paris.

Si le poids de la torche l’inquiète un peu, il n’était pas question de refuser: « j’ai toujours aimé le sport », explique avec vivacité cette femme fluette, qui jusqu’à peu pratiquait une heure de marche quotidienne.

Grand-mère de la gymnaste Emilie Volle, qui a participé aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, elle veut aussi être un symbole pour les femmes « qui se sont battues pour faire du sport comme les hommes ».

« Mon idéal a toujours été d’unifier le monde », confie la centenaire. « Et les olympiades sont un moment formidable pour faire connaissance avec d’autres êtres humains ».

Née en Autriche en 1921 dans une famille ouvrière juive, Mélanie Berger commence à militer dès l’adolescence dans un groupe d’extrême gauche. « On était athée et quand j’ai commencé à lutter ce n’était pas pour des motifs religieux, c’était politique », souligne-t-elle. « Je suis contre toutes les dictatures. »

Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938, elle quitte son pays, passe en Belgique et arrive en France, à Paris au printemps 1939, déguisée en garçon.

Un panneau olympique Paris 2024 affiché sur l’Hotel de Ville à Paris, le 5 mars 2024. (Crédit : Michel Euler/AP)

« Maltraitée »

Quand la France entre en guerre, tous les Autrichiens, même réfugiés, sont perçus comme des ennemis et les autorités la mettent dans un train en direction d’un camp près de Pau.

« En gare de Clermont-Ferrand, j’ai sauté » du wagon, se remémore-t-elle. Les autres filles n’osent pas la suivre. « Elles n’étaient pas politiques, elles ne savaient pas ce qu’était un camp ». La jeune militante a bien conscience, au contraire, que « quand on a une chance, il ne faut pas la laisser passer. »

En 1940, elle se retrouve à Montauban, où un groupe de militants trotskistes dont elle faisait partie avant la guerre commence à se reformer. « Avec mon nom à consonance française, j’ai loué un appartement dans une maison délabrée, et de là, on a pu commencer le travail ».

En toute discrétion, le groupe rédige et distribue des tracts en langue allemande destinés à retourner les soldats du Reich.

En janvier 1942, la police effectue une descente dans cette maison et elle est arrêtée. Pendant les séances d’interrogatoire, « j’ai été maltraitée, des hommes m’ont battue », raconte-t-elle avec pudeur. « J’en ai gardé des séquelles, mais je suis encore là ! »

Après 13 mois de détention à Toulouse, elle est transférée aux Baumettes à Marseille. Des membres de son groupe, avec la résistance française, préparent alors son évasion.

« Non » au nazisme

Le 15 octobre 1943, ils viennent la chercher, accompagnés d’un soldat allemand gagné à la cause, alors qu’elle est hospitalisée pour une jaunisse.

« Je me suis évadée en chemise de nuit », rit-elle encore.

Une fois remise, elle milite jusqu’à la Libération sous de fausses identités.

Après la guerre, elle épouse Lucien Volle, lui aussi résistant qui a participé à la libération du Puy-en-Velay. Ensemble, le couple commence à se consacrer au travail de mémoire.

« Nous avons lutté continuellement pour expliquer, pas ce qu’on avait fait, mais pourquoi on l’avait fait », souligne Mélanie Volle-Berger.

Elle a depuis obtenu de multiples décorations, dont la Légion d’honneur. « Je n’ai pas fait grand-chose », estime-t-elle pourtant. « Mais j’ai dit ‘non' » au nazisme.

Aujourd’hui très inquiète du retour des extrêmes en Europe, elle espère que les jeunes sauront à leur tour défendre la démocratie. Et malgré son grand âge, elle entend profiter des JO pour faire résonner son message. « Je voulais changer le monde et je veux toujours le changer ».

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