A Bruxelles, importante mobilisation anti-Israël
Ce rassemblement intervient une semaine après que la Belgique a annoncé son intention de reconnaître un État palestinien et dévoilé de nouvelles sanctions contre Jérusalem.

Des dizaines de milliers de personnes, entre 70 000 selon la police et 120 000 selon les organisateurs, ont défilé dimanche dans la capitale belge pour exprimer leur solidarité avec la cause palestinienne.
Les participants, vêtus de rouge et munis de cartons rouge, ont réclamé des mesures supplémentaires contre Israël pour protéger les civils palestiniens. Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
« Certains ont rêvé de la chute du mur de Berlin. Moi je rêve d’un État palestinien pour les Palestiniens, qu’ils puissent vivre comme n’importe quel autre peuple », a déclaré auprès de l’AFP Ismet Gumusboga, 60 ans, responsable de sécurité.
« Bruxelles, en particulier pour l’Europe, est un point névralgique de la politique internationale. C’est donc vraiment important que tous les étudiants et les personnes de tout âge manifestent dans cette ville », a souligné Samuele Toppi, un étudiant de 27 ans.
« Face au génocide en cours, les mesures (prises jusqu’ici) ne sont pas encore à la hauteur », a affirmé auprès de l’AFP Grégory Mauzé, porte-parole d’une association belgo-palestinienne.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré vendredi dans un entretien avec l’AFP que l’Union européenne n’était « pas au rendez-vous de ses responsabilités » face à la guerre à Gaza, et que sa crédibilité en politique étrangère était « en train de s’effondrer ».
Ce ministre centriste francophone faisait référence aux divisions des 27 Etats membres, incapables depuis des mois de s’entendre à l’unanimité pour sanctionner Israël pour la guerre menée depuis près de deux ans dans le territoire palestinien de Gaza, déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas sur le sol israélien.
L’accès très limité à l’aide humanitaire pour la population civile a mené l’ONU à décréter fin aout l’état de famine à Gaza.
Face à cette situation, la Belgique a récemment décidé de prendre unilatéralement une série de sanctions (économiques, consulaires etc) contre Israël ou certains ministres du gouvernement Netanyahu, et s’est engagée à se joindre aux pays – dont la France – qui reconnaîtront l’Etat de Palestine en marge de la prochaine assemblée générale de l’ONU.
Cependant, Bruxelles a également déclaré que sa reconnaissance de la Palestine ne serait proclamée par décret royal « que lorsque le dernier otage aura été libéré et que le Hamas n’exercera plus aucune forme de gouvernance sur la Palestine ». Un responsable belge a déclaré la semaine dernière au Times of Israel que la Belgique ne prendrait aucune mesure officielle, telle que l’ouverture d’une ambassade, tant que le Hamas ne serait pas désarmé et exclu de toute fonction gouvernementale.







