A l’ONU, Haley fustige le mouvement BDS, qui n’a rien à voir avec la “justice”
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'Nous devrions boycotter la Corée du Nord. Nous devrions sanctionner l’Iran. Nous devrions désinvestir de la Syrie. Pas d’Israël'

A l’ONU, Haley fustige le mouvement BDS, qui n’a rien à voir avec la “justice”

2 000 personnes ont applaudi l’envoyée américaine pendant la journée des “Ambassadeurs contre le BDS” ; l’envoyé israélien Danny Danon a salué son travail

Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, et Danny Danon, son homologue israélien, aux Nations unies, à New York, le 29 mars 2017. (Crédit : Shahar Azran)
Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, et Danny Danon, son homologue israélien, aux Nations unies, à New York, le 29 mars 2017. (Crédit : Shahar Azran)

NATIONS UNIES – L’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, a fustigé mercredi le mouvement BDS, affirmant que les efforts de boycott d’Israël n’ont « aucun sens » et n’ont rien à voir avec « toute définition raisonnable de la justice ».

Haley était l’oratrice principale de la seconde journée annuelle des « Ambassadeurs contre le BDS » au Conseil de sécurité, qui fait référence au mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre Israël.

Depuis qu’elle a pris son poste au sein de l’institution mondiale, elle est rapidement devenue la chouchou de la communauté pro-Israël.

Elle a déjà séduit cette semaine le public de la conférence politique de l’AIPAC, et les 2 000 personnes présentes à l’évènement des Nations unies espéraient probablement plus ou moins la même performance.

Les participants de l'évènement de lutte contre le BDS organisé aux Nations unies, le 29 mars 2017. (Crédit : Shahar Azran)
Les participants de l’évènement de lutte contre le BDS organisé aux Nations unies, le 29 mars 2017. (Crédit : Shahar Azran)

En effet, quand Haley est entrée dans la salle, diplomates, étudiants et organisateurs ont pris des photographies d’elle tels des paparazzis. Sa déclaration annonçant que « l’époque où l’on dénigrait Israël [aux Nations unies] est terminée » était dans tous les esprits.

« Si l’amitié et le ton peuvent se traduire en action, ce sera quelque chose », a déclaré Shahar Azani, directeur exécutif de StandWithUs pour la région du nord-est.

Et elle n’a pas déçu.

« Les efforts pour délégitimer l’Etat d’Israël menés sur les campus universitaires et l’obsession anti-israélienne aux Nations unies sont une seule et même chose. Tous deux cherchent à nier le droit d’Israël à exister », a déclaré Haley.

« Ce sont des efforts pour intimider ses amis et enhardir ses ennemis. Ce sont des extensions d’une haine ancienne », a-t-elle déclaré.

« Et comme il est tragique que de tous les pays du monde à condamner pour des violations des droits de l’Homme, ces voix aient choisi de désigner Israël. Nous devrions boycotter la Corée du Nord. Nous devrions sanctionner l’Iran. Nous devrions désinvestir de la Syrie. Pas d’Israël. Cela n’a absolument aucun sens. Et cela n’a rien à voir avec toute définition raisonnable de la justice. »

« Vous pouvez leur dire [à ceux qui soutiennent le BDS] que les Etats-Unis soutiennent Israël », a déclaré Haley.

L'ambassadrice américaine aux Nations Unies Nikki Haley à son arrivée sous les applaudissements à la conférence politique annuelle de l'AIPAC à Washington, le 27 mars 2017. (Crédit : capture d'écran AIPAC)
L’ambassadrice américaine aux Nations Unies Nikki Haley à son arrivée sous les applaudissements à la conférence politique annuelle de l’AIPAC à Washington, le 27 mars 2017. (Crédit : capture d’écran AIPAC)

Les propos d’Haley ont été prononcés au moment où l’on peut percevoir un changement d’attitude envers Israël, et un soutien plus ouvert à Israël de la part des Etats-Unis.

« Il existe une nouvelle approche, et elle est entendue dans les couloirs des Nations unies. En effet, nous avons vu beaucoup de législations depuis la première conférence ; 17 pays ont promulgué des lois anti-BDS et nous voyons de plus en plus d’associations se battre contre le BDS », a déclaré au Times of Israël l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon.

Il a souligné que les efforts de Haley dataient d’avant qu’elle ne prenne son poste aux Nations unies.

Haley avait été saluée pour être la première gouverneure américaine à promulguer une législation contre le BDS, et pour avoir été l’un des premiers états à proposer à la vente des plaques d’immatriculation ‘Je soutiens Israël’.

Danny Danon, l'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, présente un engagement juif de 1928 à ne pas porter atteinte aux droits des musulmans sur leurs lieux saints, en 2015. (Crédit : Kim Haughton)
Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, présente un engagement juif de 1928 à ne pas porter atteinte aux droits des musulmans sur leurs lieux saints, en 2015. (Crédit : Kim Haughton)

« Merci, ambassadrice Haley, de reconnaitre les dangers du BDS et pour être la première gouverneure américaine à avoir signé une législation contre le BDS. Et merci, ambassadrice Haley, pour la position forte prise par les Etats-Unis pour condamner toutes les formes d’antisémitisme », a déclaré Danon.

Dans son propre résumé de l’évènement, Danon a ajouté que « nous avons ici aujourd’hui un message simple pour ceux qui cherchent à nuire à l’Etat juif et au peuple juif. Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que nous ayons totalement éliminé le BDS, des universités aux Nations unies, et nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que l’antisémitisme soit finalement vaincu. »

Ces derniers mois, d’autres efforts pour contrer le BDS ont été mis en place aux Etats-Unis. Au Congrès américain, par exemple, les sénateurs Rob Portman (républicain) et Ben Cardin (démocrate), ainsi que les représentants Juan Vargas (démocrate) et Peter Roskam (républicain), ont présenté au Sénat et à la Chambre l’Israel Anti-Boycott Act.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le sénateur américain républicain Rob Portman, le 3 mai 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le sénateur américain républicain Rob Portman, le 3 mai 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)

La Conférence des présidents des organisations juives américains majeures ont appelé lundi le Congrès à adopter rapidement le projet de loi. Dans un communiqué commun, son président, Stephen M. Greenberg, et son vice-président et directeur exécutif Malcolm Hoenlein, ont déclaré que la législation était nécessaire pour lutter contre l’agression permanente du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies contre la légitimité d’Israël.

« Cette législation bipartisane est rapidement nécessaire pour renforcer l’engagement de notre pays pour garantir qu’Israël est traité justement, et que les attaques contre Israël aux Nations unies et du mouvement BDS ne réussiront pas. En interdisant le boycott ou les demandes de boycott imposées par des organisations gouvernementales internationales contre Israël, l’Israel Anti-Boycott Act ajoutera un outil important à des interdictions similaires déjà imposées par des législations adoptées par des majorités bipartisanes au Congrès », ont-ils déclaré.

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