A VOIR : A Tallinn, hommage du Premier ministre français aux déportés du Convoi 73
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A VOIR : A Tallinn, hommage du Premier ministre français aux déportés du Convoi 73

Philippe a aussi évoqué la mémoire de l'architecte André Jacob, père de l'ancienne ministre Simone Veil et déporté dans ce convoi

Le Premier ministre français Edouard Philippe (g) et Henri Zajdenwergier, dernier survivant du convoi 73, participent à une cérémonie en souvenir des déportés du convoi 73 du 15 mai 1944 devant la stèle commémorative sur le site de l'ancienne prison de Patarei en Tallinn, le 29 juin 2017. (Crédit : AFP/Petras Malukas)
Le Premier ministre français Edouard Philippe (g) et Henri Zajdenwergier, dernier survivant du convoi 73, participent à une cérémonie en souvenir des déportés du convoi 73 du 15 mai 1944 devant la stèle commémorative sur le site de l'ancienne prison de Patarei en Tallinn, le 29 juin 2017. (Crédit : AFP/Petras Malukas)

Le Premier ministre français Edouard Philippe a rendu hommage jeudi à Tallinn aux 878 déportés du Convoi 73, devant le dernier témoin vivant Henri Zajdenwergier, en clôture de son premier déplacement officiel à l’étranger, en Estonie.

Visiblement ému, M. Philippe a décrit le sort tragique de ces Juifs français, partis en mai 1944 de Drancy en banlieue parisienne et dirigés pour une raison encore non élucidée vers la Lituanie et pour partie vers la prison Patarei de Tallinn, où a été dressée une stèle commémorative.

« Vous êtes 22 à regagner la France en 1945 », a rappelé M. Philippe, en s’adressant au dernier survivant, Henri Zajdenwergier, présent aux côtés de son épouse.

« Je reste à ce jour le seul lien entre mes frères de malheur et la haute autorité de mon pays », a souligné M. Zajdenwergier, qui a échappé aux exécutions en étant affecté à la réfection d’un aérodrome puis a été évacué vers le camp de concentration de Stutthof, libéré peu après par l’armée russe.

M. Philippe a notamment évoqué la mémoire de l’architecte André Jacob, père de l’ancienne ministre Simone Veil et déporté dans ce convoi.

Dans le train vers la Baltique, « à quoi pensait André Jacob ? », s’est-il interrogé. « Sûrement à sa femme Yvonne, à ses filles Denise, Madeleine et la petite Simone qu’il n’a pas eu le temps d’embrasser », a-t-il poursuivi, gorge nouée.

Reprenant plusieurs passages de « L’Espèce humaine », glaçant récit de Robert Antelme sur l’univers concentrationnaire, le Premier ministre a mis en avant la « conscience irréductible » de l’homme dans les pires tourmentes: « il n’y a pas d’ambiguïté, nous restons des hommes et nous finirons en homme », a-t-il notamment cité.

Cette allocution devant l’ancienne prison de Patarei a été la dernière étape de la courte visite de M. Philippe en Estonie, entamée mercredi après-midi.

Jeudi matin, il a également rendu visite aux troupes françaises stationnées à Tapa (nord-est de l’Estonie) sous commandement britannique. Le contingent français s’y exerce dans le cadre d’une mission de « réassurance » de l’Otan dans les pays baltes et en Pologne, lancée à l’été 2016 en réaction à l’annexion de la Crimée par la Russie.

Devant les 320 soldats français, appuyés par 4 chars Leclerc, M. Philippe a réaffirmé sa volonté d’augmenter l’effort budgétaire en matière de défense à 2 % du PIB, à l’horizon 2025.

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