Abbas réclame des mesures internationales après le raid à Ramallah
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Abbas réclame des mesures internationales après le raid à Ramallah

Le chef de l'AP a menacé de prendre des "décisions importantes et fatales" après que des soldats ont saisi des enregistrements à Ramallah, suite à l'attentat à Ofra

Des soldats israéliens dans un restaurant pendant un raid à Ramallah, le 10 décembre 2018, après un attentat terroriste en Cisjordanie. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Des soldats israéliens dans un restaurant pendant un raid à Ramallah, le 10 décembre 2018, après un attentat terroriste en Cisjordanie. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) a contacté plusieurs responsables arabes et internationaux lundi après que des forces de sécurité israéliennes ont mené un raid à Ramallah, a déclaré le bureau d’Abbas dans un communiqué.

Les forces de sécurité israéliennes ont perquisitionné le siège de l’agence de presse officielle Wafa à Ramallah et saisi des enregistrements vidéos lundi, au lendemain d’un attentat qui a fait sept blessés, dont une femme enceinte, dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie.

Une femme enceinte a été grièvement blessée par un coup de feu provenant d’une voiture qui passait, alors qu’elle attendait, parmi une foule de gens, à un arrêt d’autobus à l’extérieur du village d’Ofra dimanche soir. Six autres personnes ont été blessées lors de l’attentat et la recherche des terroristes, qui ont fui les lieux, se poursuit.

Le petit garçon a été mis au monde dimanche soir par césarienne à la 30e semaine de grossesse et a été immédiatement transféré dans le service des prématurés du Shaare Zedek Medical Center de Jérusalem, a indiqué l’hôpital. Son état est critique.

Après le raid, Abbas s’est tourné vers les responsables arabes et internationaux, pour leur demander d’endosser « leur responsabilité dans la dangereuse escalade israélienne qui a pris la forme de raids continus dans les villes palestiniennes », selon le communiqué.

Il leur a également demandé de prendre des mesures contre les Juifs « qui profanent les lieux saints », sans donner davantage de détails.

Des soldats israéliens recherchent des hommes armés qui ont ouvert le feu sur un arrêt de bus à l’extérieur de l’implantation d’Ofra en Cisjordanie, blessant sept personnes, le 9 décembre 2018. (Armée israélienne)

Depuis plusieurs années, les Palestiniens demandent que les forces de sécurité israéliennes ne pénètrent plus dans la Zone A de Cisjordanie, où, en vertu des accords d’Oslo, est sous contrôle administratif et sécuritaire de l’AP.

Les forces de sécurité israéliennes se rendent régulièrement dans la Zone A pour procéder à des arrestations, mais des opérations en plein jour au cœur des villes palestiniennes sont rares.

Lundi, les troupes sont entrés dans les bureaux de Wafa, ont empêché les employés de sortir, vérifié les papiers, selon le site de l’agence de presse de l’AP. Ils ont obligé les employés d’une salle de presse à ouvrir un autre bureau et ont saisi des enregistrements vidéos de sécurité intérieure, a indiqué Wafa.

L’armée s’est également rendue dans des immeubles voisins pour y saisir les caméras de vidéosurveillance.

Selon des journalistes de l’AFP, des affrontements de faible intensité ont éclaté en plusieurs endroits à Ramallah, notamment devant les bureaux de Wafa et à quelques centaines de mètres du domicile du président de l’AP.

Selon le Croissant rouge, deux personnes ont été blessées par des tirs à balles réelles.

Une porte-parole de Tsahal s’est abstenue de commenter le raid à Ramallah, notamment pour savoir s’il faisait partie de la traque des hommes armés responsables de l’attaque près de l’implantation d’Ofra dimanche soir.

L’armée mène une intense chasse à l’homme depuis qu’un tireur et ses complices ont fait sept blessés dans un attentat dimanche soir.

Des soldats israéliens pendant un raid à Ramallah, le 10 décembre 2018, après un attentat terroriste en Cisjordanie. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Le bureau d’Abbas a menacé de « décisions importantes et fatales » si les les raids dans les villes palestiniennes et les « actes d’agression » contre les palestiniens se poursuivent », a-t-il dit sans donner davantage de détails.

Ces derniers mois, Abbas a menacé d’abroger les accords de coopérations sécuritaire entre l’OLP et Israël.

« Nous allons mettre tous les accords qui nous relient aux Israéliens sur la table et nous leur demanderons d’arrêter de violer chacun de ces accords », avait déclaré Abbas à Palestine TV, la chaîne publique de l’AP, dans une interview accordée en octobre. « Je ne dis pas que c’est quelque chose de facile. C’est quelque chose de dangereux. Peut-être que nous en arrivons au stade de l’abrogation de ce qui se tient entre nous et les Israéliens. »

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une réunion du Conseil central palestinien, un organe clé de l’Organisation de libération à Ramallah, le 28 octobre 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

L’OLP et Israël ont signé plusieurs accords, notamment les accords d’Oslo, qui ont donné naissance à l’AP et établit les relations sécuritaires et économiques, entre autres, entre l’AP et Israël.

Si les Accords d’Oslo stipulent que l’AP est chargée de la sécurité dans la Zone A, elle prévoit que « Israël à la responsabilité principale de la sécurité dans le but de protéger les Israéliens et de lutter contre la menace terroriste. »

Le haut responsable palestinien Saeb Erekat a dénoncé sur Twitter les raids qui s’inscrivent « dans une campagne délibérée et imprudente menée par le gouvernement israélien et son armée contre le peuple de Palestine ».

S’adressant à Palestine TV plus tôt dans la journée, Ahmad Assaf, responsable de l’AP et chargé de superviser les médias palestiniens gérés par le gouvernement, a qualifié le raid israélien de « crime », promettant que ses collègues et lui-même ne se sentent pas dissuadés, de « révéler les crimes de l’occupation ».

Assaf a également assuré que les Palestiniens traduiront Israël en justice devant les instances internationales pour ces raids.

L’AFP a contribué à cet article.

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