Abbas salue la proposition française : “nous n’acceptons plus l’occupation”
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Abbas salue la proposition française : “nous n’acceptons plus l’occupation”

Le Hamas rejette les appels à de nouvelles discussions, dit que la communauté internationale essaie d’imposer des solutions qui ont échoué dans le passé

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant une conférence de presse avec les journalistes palestiniens, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 janvier 2016.(Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant une conférence de presse avec les journalistes palestiniens, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 janvier 2016.(Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a accueilli samedi le projet français de reconnaître l’Etat de Palestine si de nouvelles négociations de paix échouaient, et a prévenu que son peuple n’accepterait plus l’occupation israélienne ou les implantations.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé vendredi que Paris essaierait rapidement d’organiser une conférence internationale, dans l’espoir de permettre de nouvelles négociations de paix israélo-palestiniennes, mais qui si cet effort aboutissait à une impasse, Paris reconnaîtrait un Etat palestinien. Israël a immédiatement rejeté la proposition.

S’exprimant à un sommet des nations africaines à Addis Ababa, Abbas a critiqué « l’occupation », les implantations, et ce qu’il décrit comme une saisie par Israël des ressources naturelles palestiniennes. Il a également accusé le gouvernement israélien de refuser les efforts de paix de la communauté internationale.

« Nous ne pouvons pas accepter la situation actuelle, y compris l’occupation et les implantations », a-t-il déclaré, selon le site d’informations Maariv.

« Nous devons établir en état souverain dont Jérusalem Est sera la capitale », a-t-il déclaré selon l’agence de presse palestinienne officielle Wafa. « Nous n’accepterons pas de solutions temporaires. »

« Nous ne retournerons pas aux négociations juste pour le plaisir de négocier et ne continuerons pas à mettre en place unilatéralement de précédents accords », a déclaré Abbas au sommet. Les Palestiniens non plus « n’accepteront pas le vol de leurs ressources naturelles, et la non utilisation de nos terres ou de nos investissements pour ces ressources ».

« La région ne jouira ni de la sécurité, ni de la stabilité, à moins que l’occupation israélienne et les activités d’implantation ne cessent, a continué Abbas. Nous resterons ici sur notre terre et notre patrie, où nous avons développé notre identité culturelle et historique et fait des contributions humanitaires depuis des milliers d’années. »

Rencontre entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au Caire le 18 juillet 2014. (Crédit : AFP / PPO / Thaer Ghanem)
Rencontre entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au Caire le 18 juillet 2014. (Crédit : AFP / PPO / Thaer Ghanem)

Le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza est un dur rival du mouvement d’Abbas, le Fatah, a rejeté la proposition française parce qu’intenable, selon Ynet.

Ismail Radwan, haut fonctionnaire du Hamas, a déclaré que les appels de la communauté internationale à renouveler les négociations de paix étaient futiles et inacceptables. Le monde avait essayé de mettre en place des solutions qui ont déjà échoué, a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, des figures importantes de l’opposition israélienne ont déclaré samedi que l’ultimatum français était le résultat direct des échecs de la politique diplomatique de l’actuel gouvernement.

« Seule une initiative diplomatique israélienne permettra à Israël de garder le contrôle de son futur, et nous libérera de la pression internationale qui pèse sur nous, a déclaré Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste. Tant qu’il n’y aura pas d’initiatives de notre part, les Palestiniens continueront à gagner dans le monde. »

La dirigeant du parti Meretz (extrême-gauche), la députée Zehava Galon rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah, le 22 août 2013. (Crédit : Facebook)
La dirigeant du parti Meretz (extrême-gauche), la députée Zehava Galon rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah, le 22 août 2013. (Crédit : Facebook)

La présidente du parti de gauche Meretz, Zehava Gal-on, a accusé Netanyahu de faire un « doigt d’honneur » aux Français en rejetant immédiatement l’offre de Fabius.

Le rejet par le gouvernement de l’ultimatum français a cependant reçu le soutien du dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid, même s’il a accusé les dirigeants israéliens d’avoir érodé l’image du pays en Europe.

« Israël ne sera pas forcé à négocier. Nous ne serons pas traînés à la table des négociations par des menaces, a déclaré samedi Lapid lors d’un évènement culturel se déroulant dans le centre d’Israël. Aucune nation souveraine n’accepterait cela. »

Un officiel américain resté anonyme a aussi rejeté prudemment la proposition française, selon Reuters. « La position américaine sur ce sujet est claire. Nous continuons à croire que le meilleur moyen pour résoudre ce conflit est que les parties atteignent un accord directement [ensemble] », a-t-il déclaré.

L’AFP a contribué à cet article.

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