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Abir Kara lance son parti Hofesh Calcali

L'ancien député de Yamina crée un parti visant à promouvoir l'économie de "droite à l'esprit social" et à mettre fin aux réglementations "soviétiques" du marché

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

MK Abir Kara présente son nouveau parti Liberté économique à Jérusalem, le 4 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
MK Abir Kara présente son nouveau parti Liberté économique à Jérusalem, le 4 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’ancien député de Yamina, Abir Kara, a amorcé une tentative de retour à la Knesset dimanche soir, en revenant à ses racines de militant représentant les propriétaires de petites entreprises avec le lancement du parti baptisé Hofesh Calcali (Liberté économique), qui, d’après lui, s’attaquera aux inégalités en dissociant l’économie des bureaucrates du gouvernement.

« Je crois en un véritable marché libre. Je suis pour une droite à l’esprit social. Je suis en faveur de la réduction du coût de la vie, de l’aide aux personnes défavorisées dans la société par le biais d’une économie libre qui est nécessaire pour accroître le bien-être de chaque citoyen », a déclaré Kara au centre commercial Cinema City de Jérusalem, annonçant que Hofesh Calcali serait la bannière sous laquelle il poursuivrait ces objectifs.

Kara s’est fait connaître en tant que chef des Shulmanim, un mouvement qui a soutenu la colère des propriétaires de petites entreprises et des travailleurs indépendants qui ont dû faire face aux restrictions sanitaires imposées par le gouvernement en raison du coronavirus. (Le groupe tire son nom d’une plaisanterie sur la personne qui doit payer l’addition à la fin d’un repas.)

Il a fait son entrée à la Knesset l’année dernière avec le parti de droite Yamina, mais il a décidé de voler de ses propres ailes après l’échec des négociations avec la cheffe du parti, Ayelet Shaked, concernant le placement sur la liste Esprit sioniste, fondée pour succéder à Yamina.

Ni Esprit sioniste ni Hofesh Calcali ne devraient franchir le seuil de 3,25 % des voix pour entrer à la Knesset.

Bien que les Israéliens citent régulièrement les questions économiques comme l’une de leurs principales préoccupations, les nouveaux partis qui promettent de se battre pour réduire le coût de la vie, comme le Parti de la nouvelle économie de l’économiste Yaron Zelekha, ont fait peu de progrès lors des dernières élections.

Bien que Kara n’ait pas présenté une liste ordonnée de candidats à la Knesset pour les élections du 1er novembre, il a invité un certain nombre de militants influents des Shulmanim à se joindre à lui dès la phase de lancement du parti, les qualifiant de membres de « l’équipe de pointe » de son parti.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, à gauche, et le député de Yamina Abir Kara présentent un plan visant à réduire la bureaucratie pour les petites entreprises, le 1er mai 2022. (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le nouveau chef de parti a blâmé la réglementation, les restrictions à l’importation et la concentration du marché pour la majeure partie des défis économiques d’Israël, liant ces conditions au passé socialiste d’Israël.

« L’économie israélienne ne s’est pas encore désengagée de ses fondations Mapaï, du cahier rouge qui, ces dernières années, est devenu le cahier bleu », a déclaré Kara.

Le Mapaï, parti socialiste démocratique, était le principal parti dans les années de fondation d’Israël, dirigé par David Ben-Gurion, leader de longue date. Dans le cadre du système qu’il a perpétué, de nombreux services sociaux et l’accès à certains emplois dépendaient de l’adhésion au parti, symbolisée par un carnet rouge.

Un porte-parole de Kara a expliqué que le législateur laissait entendre que les nouveaux socialistes – ou le carnet bleu – étaient le parti de droite Likud, qui, selon lui, n’a pas fait assez pour démanteler ces structures économiques pendant ses 12 années au pouvoir.

Le leader du parti Likud, Benjamin Netanyahu, a réduit les impôts en tant que ministre des Finances en 2003 et s’est fait le défenseur de la déréglementation dans plusieurs industries lorsqu’il était Premier ministre. Alors que certains ont reproché aux réformes de Netanyahu d’accroître les inégalités, Kara a indiqué qu’elles n’étaient pas allées assez loin.

Comparant plusieurs conseils de producteurs et de fournisseurs de l’industrie agricole israélienne à des contrôles de marché « soviétiques », Kara a déclaré qu’Israël possède des éléments d’une « économie dirigée » qui l’ont conduit à devenir « plus cher dans tous les domaines ».

« Pourquoi sommes-nous le sixième pays le plus cher du monde ? Parce qu’Israël a un marché d’économie dirigée ! Un marché qui prend aux citoyens d’un type très particulier en faveur des groupes de la société qui crient fort », a-t-il déclaré.

Des Israéliens protestent contre la flambée des prix des logements à Tel Aviv et le coût de la vie, le 2 juillet 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Kara a notamment pointé du doigt les lobbies agricoles, les syndicats, les monopoles et un secteur public hypertrophié.

« Le lobby agricole en Israël s’est habitué à des rémunérations croissantes, les généraux se sont habitués à des retraites croissantes, les enseignants se sont habitués à des jours de congé plus nombreux, la Histadrout [fédération des syndicats] s’est habituée à des inefficacités croissantes, le secteur public s’est habitué à un gaspillage croissant, et l’économie israélienne, qui est monopolistique et bloque les importations – s’est habituée à exploiter les citoyens pigeons », a déclaré Kara.

« Israël n’est pas un pays qui a une Histadrout, Israël est une Histadrout qui a un pays », a-t-il ironisé.

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