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Accusé de viol par Yair Netanyahu, Gideon Saar demande à accéder au témoignage

Suite à la diffusion sur une chaîne de télévision de la déclaration du fils de Netanyahu, le député du Likud souhaite laver son nom de l'accusation de viol de sa secrétaire

Le député du Likud Gideon Saar pendant la conférence de la Television News Company israélienne à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député du Likud Gideon Saar pendant la conférence de la Television News Company israélienne à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le député Gideon Saar a demandé au procureur-général, mercredi, d’avoir accès à une partie du témoignage livré par Yair Netanyahu dans une affaire criminelle impliquant son père, le Premier ministre, lors duquel il aurait déclaré à la police que Gideon Saar avait violé sa secrétaire avant d’acheter son silence.

C’est un avocat de Saar qui a déposé la requête, expliquant à Avichai Mandelblit que le haut responsable du Likud voulait laver son nom et que l’accusation de viol était « un mensonge le concernant inventé de toutes pièces, une histoire qui n’a jamais eu lieu », a fait savoir la Douzième chaîne.

C’est cette même chaîne qui a diffusé mardi des extraits des retranscriptions des interrogatoires de Yair Netanyahu par la police, au cours desquels le fils agressif du Premier ministre Benjamin Netanyahu qualifie les enquêtes ouvertes sur sa famille de « scandale » et clame que les enquêteurs couvrent « le viol par Gideon Saar de sa secrétaire, qui a ensuite acheté son silence en lui donnant un emploi ».

Saar est considéré comme le principal adversaire du Premier ministre à la tête du Likud. En 2013, la rumeur avait laissé entendre que Saar entretenait une liaison avec une subordonnée et qu’il avait profité d’elle en utilisant sa position de supérieur hiérarchique, des rumeurs entraînées par une lettre qui avait été prétendument écrite par l’employée en question. La femme avait toutefois ultérieurement démenti l’avoir écrite et expliqué que ces bruits de couloir étaient infondés. L’enquête de la police sur cet éventuel cas de harcèlement sexuel avait été finalement close.

Yair Netanyahu, fils aîné du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au tribunal de première instance de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)

Le Premier ministre risque actuellement une inculpation dans trois affaires judiciaires. Yair, âgé de 28 ans, ainsi que sa mère, Sara, figuraient initialement sur la liste des suspects et avaient été interrogés après lecture de leurs droits. Les procureurs avaient décidé ultérieurement de clore leurs dossiers.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, également membre du Likud, a déclaré au micro de la radio militaire, mercredi, que des investigations devaient être ouvertes sur les fuites des retranscriptions policières – notamment celles issues de l’interrogatoire de Yair Netanyahu.

« Yair n’est pas une personnalité publique, et mon avis sur ce qu’il a dit n’est pas pertinent », a déclaré Erdan. « Ce qui est pertinent, c’est de savoir comment ces retranscriptions arrivent jusqu’aux médias. J’ai demandé à Mandelblit d’ouvrir une enquête sur ces fuites ».

Erdan a aussi fait part de son soutien au ministre de la Justice Amir Ohana qui s’est livré, la veille, à une attaque cinglante contre les procureurs de l’Etat, les accusant de se prêter à des persécutions aveugles à l’encontre des responsables publics par lesquels ils se sentiraient menacés.

Ohana, issu des rangs du Likud, répondait aux enquêtes portant sur Benjamin Netanyahu ainsi qu’à de nouvelles investigations, cette semaine, qui se penchent sur le harcèlement possible d’un témoin de l’accusation par des conseillers du Premier ministre. Au cours d’une conférence de presse, il a fait allusion à un élément « de l’état profond » au coeur du système judiciaire, clamant que les procureurs « se transforment en acteurs politiques » et établissent leurs priorités en fonction des développements politiques.

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Les procureurs ont fait beaucoup d’erreurs au cours des dernières décennies, et rien ne leur arrivera s’ils apportent des réponses à leurs ministres », a dit Erdan à la radio militaire.

« C’est notre droit et c’est même notre devoir de poser des questions au nom du public, et il est de leur devoir de répondre à ces questions », a-t-il ajouté.

Réagissant aux accusations du ministre, le procureur-général Avichai Mandelblit et le procureur d’Etat Shai Nitzan ont indiqué « regretter » ces propos et assuré que « le système judiciaire ne se laissera pas traîner dans la sphère politique ».

Les retranscriptions diffusées par la Douzième chaîne provenaient de l’interrogatoire de Yair Netanyahu dans l’Affaire 4000, dans laquelle le Premier ministre est soupçonné d’avoir prôné des régulations au bénéfice de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire du géant des communications Bezeq, en échange d’une couverture positive des actions du Premier ministre sur le site Walla, propriété d’Elovitch.

Le fils aîné du Premier ministre est connu pour son style direct et sans retenue. Militant de droite qui se fait entendre sur les réseaux sociaux, il a, par le passé, défendu son père et déclenché à plusieurs reprises des controverses par des déclarations incendiaires sur ces plateformes.

Netanyahu doit répondre d’accusations – encore en suspens – de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires, également soupçonné de pots-de-vin dans l’une d’elles. Le Premier ministre nie tout acte répréhensible et clame être victime d’une chasse aux sorcières de la part de l’opposition, des médias, de la police et des procureurs d’Etat.

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