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Affaire Polanski : un tribunal californien ordonne la publication d’un témoignage

On ignore le contenu exact de ce témoignage, mais selon les avocats du réalisateur, il prouverait que la justice n'a pas respecté les termes d'un accord conclu avec lui

Le réalisateur Roman Polanski apparaît lors d'un festival international du film, où il a fait la promotion de son film, 'Basé sur une histoire vraie', à Cracovie, en Pologne, le 2 mai 2018. (Crédit : AP)
Le réalisateur Roman Polanski apparaît lors d'un festival international du film, où il a fait la promotion de son film, 'Basé sur une histoire vraie', à Cracovie, en Pologne, le 2 mai 2018. (Crédit : AP)

Un tribunal californien a ordonné la levée de la confidentialité qui pesait jusqu’à présent sur le témoignage d’un ancien procureur dans les accusations de viol sur mineure contre Roman Polanski, qui selon le réalisateur prouverait que la justice n’a pas respecté un accord conclu avec lui dans ce dossier.

Roman Polanski est accusé d’avoir drogué et violé Samantha Gailey, 13 ans à l’époque, à Los Angeles en 1977.

Mardi dernier, l’actuel procureur du comté de Los Angeles, George Gascon, avait annoncé que ses services ne s’opposeraient plus à la levée de la confidentialité du témoignage de son prédécesseur Roger Gunson, par souci de transparence de la justice.

Une cour d’appel a dans la foulée mercredi ordonné la divulgation des minutes de ce témoignage, réclamé depuis 2010 par deux journalistes travaillant sur ce dossier impliquant le réalisateur franco-polonais, qui aura 89 ans le mois prochain.

Le procureur Gascon s’est félicité de cette décision, soulignant dans un communiqué ignorer dans quel délai le tribunal compétent divulguerait les documents en question.

On ignore le contenu exact des retranscriptions de ce témoignage fait à huis clos par M. Gunson, le procureur qui avait mené à l’époque les poursuites contre Roman Polanski et qui a pris sa retraite en 2002.

Mais les avocats du réalisateur, qui ont demandé en vain sa publication à plusieurs reprises, ont affirmé que ce témoignage prouverait que la justice n’a pas respecté les termes d’un accord conclu avec lui.

Pour éviter un procès public à Samantha Gailey, le procureur avait à l’époque abandonné les accusations les plus graves en échange de la reconnaissance par Roman Polanski d’une relation sexuelle avec mineure.

En vertu de cet accord, le réalisateur avait été condamné à trois mois de prison mais n’y avait effectivement passé que 42 jours, avant d’être libéré pour bonne conduite.

Lorsqu’un juge avait paru sur le point de revenir sur l’accord pour le condamner à plusieurs dizaines d’années de prison, Roman Polanski s’était envolé pour Paris en janvier 1978 et n’a plus jamais remis les pieds aux Etats-Unis.

Il fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international et a à plusieurs reprises risqué d’être extradé.

Mardi, M. Gascon avait insisté sur le fait que Roman Polanski « reste un fugitif » et « devrait se rendre à la justice pour être condamné par le tribunal supérieur du comté de Los Angeles ».

Samantha Gailey a publiquement pardonné à Roman Polanski en 1997.

Le réalisateur a été accusé par plusieurs autres femmes de les avoir violées alors qu’elles étaient mineures mais les faits sont prescrits et il les a toujours démentis.

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