Agnès Buzyn conseille à Marine Le Pen de « faire le ménage » dans son parti
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Agnès Buzyn conseille à Marine Le Pen de « faire le ménage » dans son parti

"On ne peut pas lutter contre l'antisémitisme de façon cohérente si on ne fait pas le ménage dans son propre parti", affirme la ministre de la Santé française

Agnès Buzyn (Crédit: Conseil économique social et environnemental)
Agnès Buzyn (Crédit: Conseil économique social et environnemental)

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a conseillé dimanche à Marine Le Pen de « faire le ménage » dans son parti, où il y a « trop de militants avec des discours de haine », si elle veut être « crédible » sur l’antisémitisme.

« Je pense qu’il y a dans ce parti encore trop de militants qui viennent de mouvances extrêmes avec des discours de haine », a-t-elle déclaré sur
Radio J.

« On ne peut pas lutter contre l’antisémitisme de façon cohérente si on ne fait pas le ménage dans son propre parti », a-t-elle fait remarquer.

La ministre des Solidarités avait tenu des propos dans la même veine la semaine dernière, expliquant que Marine Le Pen « mangeait à tous les râteliers », ce qui avait fait bondir la présidente du RN.

Celle-ci avait alors indiqué qu’elle comptait porter plainte contre la ministre, jugeant ses propos « infâmes ». Alors qu’on lui demandait si tel avait été le cas, Mme Buzyn a répondu : « Elle n’a pas porté plainte et je ne pense pas qu’elle portera plainte ».

La dirigeante du Front national (aujourd’hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d’extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

« Si elle veut être crédible, elle doit commencer par son propre parti », a-t-elle insisté, évoquant les « personnes qui font de la communication aujourd’hui dans le cadre de la campagne européenne et qui viennent de mouvements d’extrême droite connus ».

Est-ce qu’elle pense que « Marine Le Pen est antisémite ? » « Non, je ne sais pas, je n’ai pas de raison de le penser particulièrement », a répondu la ministre. « Son père l’est, ça c’est sûr, elle, je n’ai pas d’avis », a-t-elle dit. « Elle n’a jamais dérapé ou prononcé de parole antisémite, donc non », a-t-elle poursuivi.

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Mme Buzyn a été interrogée aussi sur les propos de Jean-Luc Mélenchon après les insultes proférées par des « gilets jaunes » à l’encontre de l’intellectuel Alain Finkielkraut.

Le patron des députés LFI avait tweeté : « Conscient de l’instrumentalisation de l’antisémitisme je crois aussi qu’il ne faut jamais laisser passer le racisme. Autour de Finkielkraut, il y avait aussi des ‘gilets jaunes’ qui voulaient le défendre et s’opposer à l’attaque. Je suis avec eux ».

La vidéo ne montrait aucun gilet jaune s’interposer pour arrêter le flot de paroles haineuses lancées à l’encontre du philosophe.

« Il n’y a pas d’instrumentalisation, et encore moins de ma part, vraiment, oser dire en ce qui me concerne, avec le passé de ma famille, que je pourrais instrumentaliser l’antisémitisme, je n’en ai jamais fait un cheval de bataille », a-t-elle dit.

Elie Buzyn, survivant du ghetto de Lodz, du camp d’Auschwitz et de la marche de la mort, est aujourd’hui le père d’Agnès Buzyn, ministre de la santé et grand passeur de mémoire (Crédit: capture d’écran BFMTV)

Née dans une famille juive, Agnès Buzyn est la fille de la psychanalyste Etty Buzyn, enfant cachée dans l’Ain durant l’Occupation, et du chirurgien orthopédique Elie Buzyn, survivant du camp d’Auschwitz.

« J’aurais aimé que M. Mélenchon (…) prenne une position claire, ouverte sur l’antisémitisme », c’est-à-dire qu’il « dénonce des actes sans rajouter un ‘mais’ derrière », a-t-elle souligné.

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