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Aguda réclame une enquête sur le parti Noam suite aux « listes de journalistes gay »

L'Association pour l'égalité LGBTQ en Israël a affirmé que ces listes récemment dévoilées relevaient du harcèlement

Le chef de Noam, Avi Maoz, lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 5 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef de Noam, Avi Maoz, lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 5 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un important groupe de défense des droits LGBTQ a demandé mardi à la Procureure générale, Gali Baharav-Miara, d’enquêter sur le parti d’extrême-droite Noam après qu’il a été révélé que le parti avait préparé des « listes noires » de journalistes homosexuels.

L’Aguda – Association pour l’égalité LGBTQ en Israël – a demandé à Gali Baharav-Miara d’ouvrir une enquête criminelle contre le parti Noam, affirmant que ces « listes noires » contreviennent aux lois visant à protéger les personnes contre le harcèlement et les menaces.

L’existence de ces listes « prouve que le parti a mené une surveillance et marqué des civils en fonction de leur identité sexuelle ou de leurs positions politiques », a déclaré Aguda dans un communiqué.

« Nous sommes aux côtés des hommes et des femmes des médias qui se sont vus marqués au fer rouge juste en raison de leur identité », a déclaré l’association. « C’est le droit de chacun d’entre nous de ne pas se sentir exposé à un danger potentiel constant de la part du gouvernement. »

« Nous ne nous tairons pas et ferons tout pour que justice soit faite contre ceux qui incitent à nous attaquer », a déclaré Aguda.

Les listes de Noam comprenaient des dizaines de présentateurs de télévision, de journalistes, d’animateurs de radio et d’autres professionnels homosexuels travaillant dans le secteur de l’information et du divertissement.

Les listes faisaient partie d’un document interne datant de 2019 qui semblait décrire les adversaires du parti qui travaillaient dans les médias et la société civile.

Les listes ont été préparées pour des raisons inconnues, selon Ynet, qui a été le premier à les rapporter jeudi.

Noam affiche ouvertement des opinions et des politiques homophobes et s’est présenté aux élections législatives du 1er novembre sur un programme clairement anti-LGBTQ et anti-pluraliste, dans le cadre d’un accord avec HaTzionout HaDatit. Ce scrutin a été favorable au Likud et à ses alliés religieux d’extrême droite, qui ont recueilli 64 sièges à la Knesset, sur 120 au total.

Le dirigeant de Noam, Avi Maoz, devrait occuper le poste de vice-ministre dans le cabinet du Premier ministre, à la tête d’un service chargé de « l’identité nationale juive » d’Israël, dans le nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Notoirement défavorable à la présence des femmes dans l’armée en Israël, Maoz a fait savoir qu’il veillerait à la fermeture d’une unité de l’armée chargée de promouvoir l’égalité des chances des femmes au sein de Tsahal.

Maoz devrait aussi prendre le contrôle d’un département du ministère de l’Éducation chargé d’approuver les fournisseurs éducatifs, qui jouent un rôle essentiel dans les programmes scolaires.

Particulièrement présents dans les écoles laïques, ces prestataires interviennent dans de nombreux sujets allant de la santé sexuelle à la préparation à la bar mitzvah.

Jeudi, le chroniqueur de Ynet, Nadav Eyal, a dévoilé certaines parties des listes de Noam. Ils comprenaient des reporters et des rédacteurs en chef de certains des plus grands organes de presse israéliens, dont Yedioth Aharonoth et Ynet, Haaretz, la Douzième chaîne, la Treizième chaîne et la chaîne publique israélienne Kan, ainsi que des personnalités de la télévision, dont certaines ont ouvertement parlé de leur orientation sexuelle.

Cette source cite un autre extrait du document, assorti de photos et de la description de « femmes d’extrême-gauche » actives dans des ONG qui, selon Noam, sont impliquées dans des recherches menées par le service de Tsahal en charge des questions de genre.

Le parti a déclaré que « le suivi continu des activités de l’unité entre 2001 et 2013 révèle l’implication des chercheurs suivants dans les études de l’unité ».

Le parti a déclaré que ces femmes faisaient partie d’une « équipe secrète » au sein de l’unité de l’armée et a décrié une prise de contrôle de l’armée par des « féministes radicales ».

Une autre partie du document dévoilé par Eyal décrit la « prise de contrôle » par des organisations « de gauche » de bureaux tels que le ministère de l’Éducation et le ministère de la Justice.

Parmi les organisations citées figurent le New Israel Fund, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI), l’Institut israélien de la démocratie, le Mouvement israélien pour le judaïsme réformé et progressiste et le Tali Education Fund, qui gère le plus grand programme d’études juives pluralistes de tout le pays.

Les députés Simcha Rothman et Orit Strouk lors de l’ouverture de la session d’été de la Knesset dans la salle d’assemblée de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 9 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En plus de la discrimination de Noam à l’égard de la communauté LGBTQ, le parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit a demandé une législation qui permettra aux entreprises de refuser de servir certains clients sur la base de leur foi religieuse.

Cette demande fait partie de l’accord de coalition entre les partis HaTzionout HaDatit et le Likud. Bien que les accords de coalition ne soient pas juridiquement contraignants, si la nouvelle coalition était favorable au projet de loi, il devrait être adopté.

Le texte stipule que la discrimination serait autorisée « lorsqu’elle est faite en raison de la foi religieuse de la personne dont la profession est de fournir un produit ou un service public ou d’exploiter un lieu public ».

La loi telle qu’elle existe interdit la discrimination, par ceux qui fournissent des services ou des produits publics, sur la base de la race, de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle ou autres considérations similaires. Quiconque le fait est passible d’une amende.

Elle ne serait pas applicable si le produit ou le service est essentiel et qu’il n’existe pas d’alternative raisonnable, et ne serait pas applicable aux fournisseurs publics de produits et de services.

Les demandes ont déclenché un tollé dimanche lorsque la députée Orit Strouk a déclaré publiquement que les médecins devraient pouvoir refuser un traitement à des patients si cela va à l’encontre de leur foi religieuse, à condition que d’autres médecins soient capables et désireux de fournir le même traitement.

Le même jour, son collègue, le député Simcha Rothman a fait des commentaires similaires, affirmant que si un hôtel voulait refuser le service à des personnes homosexuelles pour des raisons religieuses, il aurait le droit de le faire. « Un propriétaire doit pouvoir faire ce qu’il veut dans son entreprise. Il l’a créée et il ne doit rien à personne », a déclaré Rothman à la chaîne publique israélienne Kan.

Les commentaires de Strouk et de Rothman, ainsi que la clause de l’accord de coalition, ont été fermement condamnés par des politiciens, ainsi que par de nombreuses ONG, entreprises et même par le président Isaac Herzog, qui les considèrent comme une source de division et comme susceptibles de nuire à la société israélienne.

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