Amit Almog inculpé pour avoir étouffé à mort sa petite amie et poignardé sa mère
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Amit Almog inculpé pour avoir étouffé à mort sa petite amie et poignardé sa mère

Le meurtrier s'est filmé en chantant et en jetant de l'argent sur le corps de Maya Vishniak. Ses parents ont été choqués de voir ceux d'Amit Almog envoyer des baisers à leur fils

Des manifestants contre la violence envers les femmes montrent une photo de Maya Vishnyak, qui a été étranglée lors d'un acte de violence domestique, alors qu'ils participent à un rassemblement sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des manifestants contre la violence envers les femmes montrent une photo de Maya Vishnyak, qui a été étranglée lors d'un acte de violence domestique, alors qu'ils participent à un rassemblement sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Un homme de Ramat Gan a été accusé jeudi du meurtre de sa petite amie et de l’agression au couteau de sa mère le mois dernier. Les documents du tribunal indiquent par ailleurs qu’il s’est filmé en train de chanter et de jeter des billets de banque sur le corps sans vie de la victime.

Ce meurtre sordide a suscité de nouveaux appels au gouvernement pour qu’il s’attaque à la violence domestique au milieu d’une vague de meurtres.

Amit Almog, 21 ans, a été inculpé par le tribunal de district de Tel-Aviv pour avoir étranglé à mort Maya Vishniak, 22 ans, dans son appartement de Ramat Gan le 16 mai.

Il l’a saisie à la gorge et lui a obstrué la bouche, selon l’acte d’accusation.

Toujours selon les procureurs, environ deux heures après le meurtre, la mère d’Amit Almog est arrivée à l’appartement. Son fils lui a alors demandé si elle voulait voir Maya Vishniak dormir, l’a emmenée dans la chambre, puis lui a saisi la gorge par derrière et l’a poignardée au visage et sur le haut du corps.

Sa mère, âgée de 50 ans, l’a supplié de la laisser en vie, lui a dit plusieurs fois qu’elle l’aimait et il a fini par mettre fin à son agression. Elle a subi de légères blessures.

Maya Vishniak (Autorisation)

Il s’est ensuite filmé aux côtés du corps de Maya Vishniak en train de chanter et de lui lancer des billets de banque, et a envoyé les images à un ami, selon l’acte d’accusation.

Le motif du meurtre n’est pas connu des autorités. L’enquête a souligné que les actions d’Amit Almog avaient été planifiées à l’avance. Il a caché le couteau de cuisine dans un tiroir de la chambre immédiatement après avoir tué sa petite amie, avec l’intention de l’utiliser contre sa propre mère.

Amit Almog a assisté à l’audience de jeudi, tout comme ses parents et ceux de Maya Vishniak. Les amis de celle-ci, qui suivaient le procès en direct à l’extérieur de la salle d’audience en raison des règles sanitaires liées au coronavirus, ont crié « meurtrier ! » à Amit Almog lorsqu’il est apparu à l’écran, portant un masque de protection.

Les parents de Maya Vishniak auraient été choqués de voir ceux d’Amit Almog envoyer des baisers à leur fils. « Comment soutenez-vous cet ignoble meurtrier ? Honte à vous ! Comment avez-vous élevé une telle personne ? », leur ont-ils lancé.

« L’acte d’accusation nous a donné la chair de poule, il est difficile de comprendre ce qui s’est passé là-bas, c’est traumatisant », a réagi Ariel Vishniak, le père de Maya, après l’audience. « Mais nous pouvons comprendre que cela a été planifié et soigneusement chronométré et orchestré. Le meurtre était délibéré, cela devrait être clair ».

Il a déclaré que les actes décrits dans l’acte d’accusation montraient qu’Amit Almog était pleinement conscient et responsable de ses actes, rejetant l’argument de la défense selon lequel il avait entendu des voix lui disant quoi faire.

« Il est sain d’esprit », a-t-il dit. « J’espère qu’il ne verra pas la lumière du jour, comme ma fille ne la verra plus ». Il devrait être emprisonné jusqu’à son dernier jour, pas moins. Je fais confiance au tribunal pour cela. »

Shira Vishniak, au centre, dont la sœur Maya a été tuée, victime de violence domestique, prend la parole lors d’un rassemblement contre la violence envers les femmes, à Tel-Aviv, le 1er juin 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La juge, Maayan Ben Ari, a prolongé la détention préventive d’Amit Almog jusqu’à nouvel ordre. Elle a fixé une autre audience à mardi prochain.

Ses avocats ont fait savoir que le procès porterait principalement sur l’état mental de l’accusé au moment où il commet ses actes. Ils ont dit qu’il subirait une évaluation psychiatrique, affirmant qu’il avait des « problèmes mentaux complexes ».

La victime, qui laisse derrière elle ses parents et trois frères et sœurs, était rentrée il y a plusieurs mois d’un voyage post-armée avec des amis en Asie de l’Est.

Les médias en hébreu l’ont décrite comme une femme douée qui était inscrite à un programme spécial à l’université Bar-Ilan depuis l’école primaire. Elle jouait de nombreux instruments de musique et aimait le dessin.

Une manifestation contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv, le 6 mai 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

La police et les organisations de services sociaux ont signalé une augmentation importante des plaintes pour violence domestique depuis le début de la crise du coronavirus, qui a été accusée d’exacerber les tensions alors que les gens étaient confinés ensemble par des mesures de confinement.

Plusieurs actes de violence graves ont été commis à l’encontre des femmes par leur partenaire fin avril et début mai.

Treize femmes israéliennes ont été assassinées en 2019 par une personne qu’elles connaissaient. En 2018, elles étaient 25, le nombre le plus élevé depuis des années, ce qui a suscité une série de protestations et d’appels urgents aux autorités pour qu’elles prennent des mesures contre l’incidence croissante de la violence à l’égard des femmes en Israël. Nombre de ces femmes ont porté plainte auprès de la police avant leur mort, par crainte pour leur sécurité.

Stuart Winer et le Times of Israel ont contribué à cet article.

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