Amnesty dénonce des exécutions « odieuses » en Iran
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Amnesty dénonce des exécutions « odieuses » en Iran

Au terme d'un procès de deux hommes condamnés à mort, l'ONG a estimé que la procédure "expéditive" n'avait pas permis aux accusés de disposer d'une "procédure en appel appropriée"

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Amnesty International a dénoncé mercredi les exécutions « odieuses » en Iran, au terme d’un procès « foncièrement inéquitable », de deux hommes qui avaient été condamnés pour un important trafic d’or dans leur pays.

Vahid Mazloomin, surnommé « le Sultan des pièces », et son complice Mohammad Esmail Ghassemi ont été reconnus coupables de « corruption sur terre », le plus grave chef d’accusation en Iran, pour « avoir formé et géré un réseau visant à déstabiliser l’économie », a indiqué mercredi l’agence Mizan, spécialisée dans les affaires judiciaires.

Profitant de la peur des épargnants face aux rétablissements des sanctions américaines sur le nucléaire, et de la chute du rial, M. Mazloomin, arrêté en juillet, avait à cette date « amassé au moins deux tonnes de pièces d’or », selon les forces de police.

Dans un communiqué, Amnesty a dénoncé des « exécutions odieuses ».

« Les autorités iraniennes ont violé de manière flagrante le droit international et montré une nouvelle fois leur dédain éhonté pour le droit à la vie », a dit un responsable de l’ONG pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Philip Luther.

« Le recours à la peine capitale est une honte en toutes circonstances, mais est encore plus horrible au terme d’un procès aussi foncièrement inéquitable et retransmis à la télévision d’Etat », a-t-il ajouté, affirmant que la procédure « expéditive » n’avait pas permis aux accusés de disposer d’une « procédure en appel appropriée ».

Mazloomin et Ghassemi avaient été condamnés le 26 septembre et la peine de mort à leur encontre a été maintenue par la Cour suprême le 21 octobre.

Un autre co-accusé, Hamid Bagheri-Dermani, a également été condamné à la peine de mort pour « corruption » en première instance. Il doit être jugé en appel devant la Cour suprême.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, salue des milliers de membres du corps des Gardiens de la révolution paramilitaires Basij rassemblés au stade Azadi de Téhéran (Iran), le 4 octobre 2018. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)

En août, le guide suprême Ali Khamenei a approuvé une demande de la justice pour mettre en place des tribunaux révolutionnaires spéciaux afin de juger des personnes accusées de crimes économiques « urgemment et équitablement ». Quelques procès télévisés ont déjà eu lieu.

L’Iran ne publie pas de statistiques officielles sur les exécutions judiciaires. Mais selon un rapport publié en avril par Amnesty, il figurait en 2017 au deuxième rang des pays ayant le plus appliqué la peine capitale, derrière la Chine.

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