Antisémitisme en France : des témoignages sur les discriminations au quotidien
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Antisémitisme en France : des témoignages sur les discriminations au quotidien

Le journal Le Parisien a compilé quelques témoignages sur le type de difficultés que peuvent rencontrer les Juifs en France, jusqu'à les pousser à l'alyah

Des gens se rassemblent sur la place de la République pour protester contre l'antisémitisme, à Paris, en France, le mardi 19 février 2019. (Crédit : AP / Thibault Camus)
Des gens se rassemblent sur la place de la République pour protester contre l'antisémitisme, à Paris, en France, le mardi 19 février 2019. (Crédit : AP / Thibault Camus)

Dans un contexte de flambée des actes antisémites, tristement illustrée par l’agression d’Alain Finkielkraut et la profanation d’un cimetière juif dans le Bas-Rhin, Le Parisien a compilé quelques témoignages de Français juifs victimes d’actes d’antisémitisme au quotidien, pour lesquels beaucoup ne portent pas plainte.

« L’histoire remonte à 2013, » raconte Valérie. « La fête de Kippour est tombée un samedi cette année-là. Mon fils, qui avait 8 ans à l’époque, n’avait pas pu participer à un match avec ses petits camarades du club de foot. Lorsqu’il est revenu la semaine d’après à l’entraînement, naïvement, il a expliqué qu’il n’était pas venu à la rencontre parce qu’il fêtait Kippour. Un de ses coéquipiers lui avait rétorqué ‘Nous ici, on n’aime pas les Juifs !’. Mon fils est resté interloqué. La nounou qui était présente en a pleuré ».

Autre occurrence de ce type d’interactions, cette fois, en 2015, sur le lieu de travail de Sarah, 33 ans, qui habite Paris. Après cet évènement, et le manque de réaction de son entreprise, Sarah a démissionné, avant de plonger dans la dépression.

« Deux collègues ont voulu discuter avec moi du conflit israélo-palestinien. Je leur ai répondu que quand on ne connaît pas le sujet, il ne vaut mieux pas en parler. Etant de confession juive, j’avais l’habitude de cet amalgame. Ces deux personnes ont insisté lourdement. Ils se sont ensuite mis à dire que tout ce qui se passait en ce moment était de la faute des Juifs, qu’ils étaient le cancer du monde. Ils ont enchaîné les clichés : les enfants sur qui vous tirez, les hôpitaux que vous bombardez, pour conclure sur une sale juive ! Il s’est approché de moi et à crié ‘Si tu continues je vais t’éclater' ».

« J’ai rempli un dossier d’alyah, » ajoute-elle au Parisien. « J’en ai discuté avec mes parents. Ils m’ont dit qu’on ne pouvait pas partir comme ça et qu’il fallait le préparer. Finalement, j’ai retrouvé un emploi et j’ai renoncé à partir. »

Au printemps 2018, plusieurs intellectuels et personnalités juives et non-juives ont lancé un appel, signé notamment par l’ancien président Nicolas Sarkozy, dénonçant le « nouvel antisémitisme » et « l’épuration ethnique à bas bruit ».

« Dix pour cent des citoyens juifs d’Ile de France – c’est-à-dire environ 50 000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clémenceau », affirmaient alors les signataires.

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