Après le Brexit, des liens renforcés entre le Royaume-Uni et Israël
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Après le Brexit, des liens renforcés entre le Royaume-Uni et Israël

Pour l'ambassadeur de Grande-Bretagne en Israël, le Brexit va créer de "réelles opportunités" pour Israël

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ambassadeur du Royaume-Uni en Israël David Quarrey. (Crédits : ambassade)
L'ambassadeur du Royaume-Uni en Israël David Quarrey. (Crédits : ambassade)

Le choc du referendum au Royaume-Uni et la décision de quitter l’Union européenne ont créé une « réelle opportunité » pour renforcer les liens entre Israël et le Royaume-Uni, a déclaré jeudi l’ambassade britannique en Israël.

Lors d’une réception à la résidence de l’ambassadeur à Tel Aviv pour Souccot, l’ambassadeur David Quarrey a qualifié le climat politique mondial actuel d’« incertain ». Il a affirmé que le référendum sur le Brexit présentait des « défis » mais qu’il créait également « une réelle opportunité pour qu’Israël et le Royaume-Uni travaillent en plus étroite collaboration ».

Une fois que le Royaume-Uni aura activé la clause l’autorisant à quitter l’Union européenne – ce qui devrait arriver en mars 2017, selon la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May – les négociations sur les termes du départ de la Grande-Bretagne dureront deux ans. Pendant ce temps, le Royaume-Uni devra renégocier des traités commerciaux avec des dizaines de pays dans le monde, notamment Israël.

Quitter l’Union européenne « représentera certainement un défi », a reconnu Quarrey. « Mais avec Israël, je vois une opportunité pour une coopération plus proche pour le commerce, l’investissement, la technologie, la science et la sécurité », a-t-il ajouté.

L’impact du Brexit sur l’économie israélienne et le secteur de la high-tech devrait être limité, selon des économistes, mais ils notent que les incertitudes sont trop importantes pour faire des prédictions stables.

L’idée d’un rôle réduit de Londres sur la scène européenne, cependant, pourrait mettre un frein aux plans des entreprises israéliennes d’implanter des filiales au Royaume-Uni, et d’investir en bourse dans ce qui reste le second centre financier au monde après New York.

L'ambassadeur du Royaume-Uni en Israël David Quarrey s'exprime lors d'une fête de Souccot à la résidence de l'ambassadeur à Tel Aviv, le 20 octobre 2016. (Crédits : Raoul Wootliff / Times of Israel)
L’ambassadeur du Royaume-Uni en Israël David Quarrey s’exprime lors d’une fête de Souccot à la résidence de l’ambassadeur à Tel Aviv, le 20 octobre 2016. (Crédits : Raoul Wootliff / Times of Israel)

Sur un plan diplomatique, avec le Royaume-Uni en dehors de l’Union européenne, Israël considère qu’il perd un ami au sein de l’Union. Dans une interview à la Deuxième chaîne le lendemain du référendum du 23 juin, Quarrey expliquait qu’Israël aurait désormais à gérer les relations avec l’Union sans Londres comme arbitre.

« Nous étions un ami d’Israël au sein de l’UE, nous le serons en dehors de l’UE, mais les relations entre Israël et l’UE dans le futur devront être déterminées sans la Grande-Bretagne à la table », avait-il déclaré.

Ses derniers commentaires suggèrent que le Royaume-Uni ne cherche pas seulement à maintenir ses relations avec Israël, mais à l’intensifier.

Theresa May, qui est devenu Première ministre dans le chaos politique de l’après-référendum, est largement considérée comme une bonne amie de la communauté juive, et d’Israël.

L’ancien Premier ministre David Cameron était l’un des plus chaleureux amis d’Israël en Europe, et les autres leaders du parti qui ont brièvement tenté de le remplacer – notamment Boris Johnson, désormais ministre des Affaires étrangères, et son ami-ennemi pro-Brexit Michael Gove – soutiennent également Israël publiquement, soulignant comment le soutien d’Israël est répandu parmi les Conservateurs au pouvoir, formant un contraste visible avec les critiques incessantes d’Israël formulées par de nombreuses figures du Labour, y compris son chef, Jeremy Corbyn.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontre le ministre des Affaires étrangères britanniques Boris Johnson, le 30 septembre 2016. (Crédits : GPO)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontre le ministre des Affaires étrangères britanniques Boris Johnson, le 30 septembre 2016. (Crédits : GPO)

Johnson s’est rendu en Israël en septembre pour développer les liens entre les entreprises high-tech des deux pays, déclarant que Londres était « un partenaire naturel pour les entreprises israéliennes cherchant à se développer ».

La semaine dernière, Johnson a affirmé à une délégation d’ambassadeurs arabes que Londres cherchait à renforcer les relations économiques avec le monde arabe après le Brexit, disant que le Moyen-Orient est une région « d’importantes opportunités » pour la Grande-Bretagne, une déclaration qui semble faire un parallèle aux remarques de Quarrey jeudi. Johnson a aussi reconnu l’importance de résoudre le conflit israélo-palestinien, mais a souligné à son audience arabe qu’il n’agissait pas « du seul problème dans la région ».

« ll est absolument vital que nous ne permettions pas au Moyen-Orient, au monde arabe, d’apparaître aux yeux des Britanniques uniquement par le prisme de ces problèmes », a-t-il conclu.

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