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Arabie: La levée des restrictions pour les vols israéliens pas liée à une normalisation

Il est impossible d'ignorer le conflit qui oppose l'État juif aux Palestiniens, ont estimé des dirigeants arabes après le départ de Biden d'un sommet organisé en Arabie saoudite

Le roi de Jordanie Abdallah II lors du sommet GCC+3 organisé à Jeddah, en Arabie saoudite, le 16 juillet 2022. (Crédit :  MANDEL NGAN / AFP)
Le roi de Jordanie Abdallah II lors du sommet GCC+3 organisé à Jeddah, en Arabie saoudite, le 16 juillet 2022. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)

Samedi, le roi Abdallah II de Jordanie, le président égyptien Abel Fatah el-Sissi et l’émir du Qatar Emir Tamim bin Hamad Al Thani ont évoqué samedi l’État juif dans le cadre du conflit israélo-palestinien.

Abdallah II a averti qu’il n’y aurait pas de stabilité dans la région sans solution au conflit et Sissi a appelé à la mise en place d’une solution à deux États sur la base des frontières pré-1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

Al Thani a opté pour un positionnement similaire, appelant les membres à ne pas « abandonner » l’Initiative de paix arabe simplement parce qu’Israël a refusé la proposition.

Cette proposition de 2002 offrait à Israël la perspective de relations pleinement normalisées avec les 22 membres de la Ligue arabe si l’État juif acceptait une solution à deux États sur la base des frontières de 1967, avec une résolution du conflit équitable pour les réfugiés palestiniens.

L’ouverture de l’espace aérien de l’Arabie saoudite aux transporteurs israéliens « n’a rien à voir avec des liens diplomatiques » avec l’Etat hébreu et n’est « en aucun cas un prélude à une quelconque étape » vers la normalisation, a pour sa part déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères saoudien.

Selon le prince Fayçal ben Farhane, il s’agit seulement « d’assurer une connexion entre les différents pays du monde », alors que le président américain Joe Biden avait qualifié cette décision d »historique », espérant y voir une future normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël.

Dans un discours prononcé samedi devant un parterre de dirigeants arabes, Joe Biden a promis que son pays « ne se détournerait pas » du Moyen-Orient en laissant « un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran ».

L’administration Biden dit vouloir promouvoir une nouvelle « vision » pour le Moyen-Orient, basée sur le dialogue et la coopération économique et militaire.

Avec en toile de fond les processus de normalisation entre Israël et certains pays arabes, dans lequel Washington voudrait embarquer aussi l’Arabie saoudite, M. Biden a salué la décision « historique » de Ryad d’ouvrir son espace aérien à « tous les transporteurs », y compris israéliens.

Dans une allusion transparente à Téhéran, où se rend bientôt le président russe Vladimir Poutine, Joe Biden a par ailleurs promis que les Etats-Unis ne « tolèreraient pas qu’un pays essaie d’en dominer un autre dans la région au travers de renforcement militaires, d’incursion, et/ou de menaces. »

Le président américain, qui a multiplié les contacts bilatéraux, a par ailleurs « solennellement » invité son homologue des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, à se rendre aux Etats-Unis, après des relations glaciales ces derniers mois.

Les Etats-Unis ont aussi promis un milliard de dollars en soutien à la sécurité alimentaire « à court et à long terme » au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Et Washington a conclu un accord avec la Jordanie pour apporter au pays une assistance financière de 1,45 milliard par an, à partir de 2023 et jusqu’en 2029.

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