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Aryah Deri promet, publiquement, de réintégrer ses fonctions au sein du gouvernement

Le chef du Shas dit avoir été distrait lors de l'audience où il aurait accepté de quitter le service public et que le tribunal aurait dû rejeter l'accord conclu s'il ne le croyait pas

Le leader du Shas, Aryeh Deri, devant sa maison à Jérusalem, le 22 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du Shas, Aryeh Deri, devant sa maison à Jérusalem, le 22 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du Shas, Aryeh Deri, a déclaré jeudi qu’il comptait réintégrer le gouvernement prochainement, au cours de ses premiers interviews depuis qu’il a été démis de ses fonctions par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dimanche, suite à la décision de la Cour suprême de justice, la semaine dernière, de ne pas autoriser le député récemment condamné à occuper un poste ministériel.

« Je reprendrai mes fonctions de ministre dès que la Knesset aura adopté la législation [l’autorisant]. Peu importe que ce soit dans deux semaines, un mois ou deux mois », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne.

Deri a été nommé ministre de la Santé et de l’Intérieur lors de l’investiture du nouveau gouvernement de la ligne dure de Netanyahu le mois dernier. La semaine dernière, cependant, la Haute Cour a jugé que l’octroi d’un poste ministériel au chef du Shas était « extrêmement déraisonnable », en raison de ses condamnations pénales passées et de sa promesse, l’année dernière, de se retirer de la vie politique dans le cadre d’un accord de peine qu’il n’a manifestement pas respecté. Netanyahu a accepté de se conformer à la décision du tribunal, mais a écrit dans sa décision qu’il le faisait avec  « le cœur lourd ».

A LIRE : Qu’a donc réellement promis Aryeh Deri à la Cour dans sa négociation de peine ?

Deri a déclaré à la chaîne publique Kan qu’il « payait le prix » d’être un allié politique de Netanyahu, affirmant que ses rivaux étaient résolus à affaiblir le Premier ministre en ciblant ses partenaires de coalition issus des partis de droite, ultra-orthodoxes et d’extrême droite.

Le chef du Shas a également fait savoir que la coalition œuvrait à l’élaboration d’une législation qui lui permettrait de reprendre ses fonctions, tout en reconnaissant qu’il était possible que la Cour suprême invalide ce projet de loi aussi.

Deri a démenti les informations selon lesquelles il aurait demandé à être nommé vice-Premier ministre après avoir été déchu de ses deux autres fonctions. (Une telle nomination aurait probablement été elle aussi contestée devant les tribunaux).

Le leader du Shas, le député Aryeh Deri, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de la faction Shas à la Knesset, le 23 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de ses interviews télévisées, Deri a nié avoir menti aux juges lors d’une audience de condamnation l’année dernière, durant laquelle il avait plaidé coupable pour des délits fiscaux. Les juges lui avaient permis d’éviter la prison, pensant qu’il se retirerait complètement du service public. Mais aux dires de Deri, il n’avait accepté de démissionner de la Knesset que de manière temporaire, pour pouvoir se représenter plusieurs mois plus tard et réintégrer le cabinet.

Or, lors de sa condamnation, Deri a indiqué que sa démission serait de longue durée, voire permanente. Il est resté au tribunal pendant que le procureur demandait une peine plus clémente en raison de la volonté du leader du Shas de « se retirer de la vie publique ».

L’un des juges présidant le tribunal a donné son accord au procureur, déclarant qu’une peine plus clémente était justifiée par le fait que Deri avait pris la décision difficile de quitter la politique pour de bon.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’a pas objecté lorsque le juge a tenu ces propos, si ce n’était pas dans le but de tromper la cour, Deri a déclaré à la Treizième chaîne qu’il avait été terrassé par la charge de l’audience et qu’il n’avait pas entendu les déclarations du juge.

Il a aussi souligné que l’accusation aurait pu demander l’annulation de l’accord de peine le jour suivant, après une conférence de presse durant laquelle il a clairement indiqué son intention de continuer à diriger le Shas.

La loi n’interdit, cependant, pas à un législateur récemment condamné de diriger un parti ou de revenir à la Knesset, mais bien de devenir ministre.

Deri a également déclaré à la Douzième chaîne que si sa nomination était aussi « extrêmement déraisonnable » que l’ont affirmé sept juges de la Haute Cour dans leur décision de la semaine dernière, la procureure générale Gali Baharav-Miara aurait dû avertir Netanyahu avant qu’il ne nomme le chef du Shas au poste de ministre. Il a affirmé que Netanyahu a rencontré la procureure générale pour discuter de la nomination et qu’elle n’a pas émis d’objection.

Les critiques de Deri ont affirmé que s’il voulait vraiment revenir au gouvernement sans violer la loi, il aurait demandé une audience devant la commission centrale électorale (CCE) avant les élections de la Knesset du 1er novembre pour laisser la commission déterminer si sa condamnation avec sursis comportait une turpitude morale. Une telle désignation l’aurait empêché d’exercer ses fonctions pendant sept ans. La loi ne fait pas de différence entre une peine avec sursis et le temps passé en prison, bien que Deri ait insisté sur le fait qu’il avait reçu un avis juridique lui assurant que la peine avec sursis qu’il avait reçue n’était pas suffisante pour l’empêcher de revenir au gouvernement.

Le leader du parti Shas, Aryeh Deri, à gauche, lors d’une audience à la Cour des magistrats de Jérusalem, le 25 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Deri a affirmé jeudi à la Douzième chaîne qu’il avait choisi de ne pas demander d’audience à la CCE parce que Netanyahu s’y était opposé et que cette décision revenait en fin de compte au chef du Likud. Mais, à la Treizième chaîne, il a déclaré que la vraie raison était qu’il ne voulait pas être perçu comme quelqu’un qui cherche à s’opposer au système juridique.

« Après six ans de torture juridique… vous comprenez pourquoi il faut éviter le tribunal », a-t-il déclaré à la chaîne, fustigeant le système judiciaire pour avoir fait traîner sa procédure, ce qui a mis énormément de pression sur lui et sa famille, a-t-il dit.

« De quoi devrais-je m’excuser ? C’est à eux de me demander pardon », a déclaré Deri.

Deri a confirmé les informations selon lesquelles il s’était opposé au timing de l’annonce par le ministre de la Justice Yariv Levin de la réforme judiciaire prévue par le nouveau gouvernement, la veille d’une audience de la Haute Cour sur les requêtes demandant son exclusion du cabinet.

Il a néanmoins insisté sur les trois grandes chaînes que la conférence de presse de Levin n’était pas le facteur qui avait déterminé la décision des juges et qu’il n’en voulait pas au ministre de la Justice puisque les motifs de Levin étaient sans rapport avec la décision du président du Shas.

Deri a également insisté sur le fait qu’il ne comptait pas mettre en péril la stabilité du gouvernement avec ses efforts pour réintégrer le cabinet.

Il a expliqué que l’avertissement du ministre des Affaires sociales du Shas, Yaakov Margi, affirmant qu’il ne pourrait y avoir de gouvernement sans Deri, avait été prononcé « sous le coup de la douleur dans son cœur ».

Il a néanmoins indiqué à la Douzième chaîne qu’il n’avait pas l’intention d’abandonner puisque le gouvernement a « un objectif très important » de préserver l’identité juive d’Israël et d’aider ses citoyens les plus défavorisés. Selon ses détracteurs, ce serait le refus du Shas de faire suivre aux jeunes ultra-orthodoxes une éducation laïque qui contribuerait à maintenir la pauvreté de ses électeurs.

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