Assad dément la présence des forces iraniennes en Syrie
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Assad dément la présence des forces iraniennes en Syrie

Selon le dictateur, la seule façon de dissuader Israël est d'améliorer les défenses aériennes "avec l'aide de la Russie", Moscou a évité un "conflit direct" avec les Etats-Unis

Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)
Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)

Le président syrien Bashar el-Assad a démenti jeudi la présence dans son pays de troupes iraniennes.

Une grande partie des infrastructures de l’Iran en Syrie a été mise en place sur des bases militaires syriennes, affirme Israël, et Tsahal a souvent attaqué les défenses aériennes syriennes lors de frappes sur des cibles iraniennes.

Plus tôt ce mois-ci, l’armée de l’air israélienne a mené sa plus grande opération en Syrie depuis 40 ans lorsqu’elle a attaqué plus de 50 cibles iraniennes en réponse à des tirs de roquettes iraniennes sur le plateau du Golan, alors que Jérusalem l’avertissait qu’elle ne tolérerait pas que Téhéran tente de prendre pied militairement à la frontière nord d’Israël.

Mais selon Assad, la présence de l’Iran dans son pays se limite à une fonction consultative.

Dans un entretien accordé à la télévision russe RT, Assad a déclaré que « pas un seul Iranien » mais plutôt « des dizaines de martyrs syriens » avaient été tués lors de récentes frappes aériennes israéliennes sur son pays et que les affirmations contraires étaient « un mensonge ».

Un char du groupe terroriste du Hezbollah est aperçu dans la région de Qara dans la région de Qalamoun en Syrie, le 28 août 2017 (Crédit : AFP / Louai Beshara)

« Nous n’avons pas de troupes iraniennes. Il n’y en a jamais eu, et on ne peut pas le cacher », a-t-il dit, ajoutant : « De la même manière que nous avons invité les Russes, nous aurions pu inviter les Iraniens ».

Les tensions de longue date entre Israël et l’Iran en Syrie se sont considérablement intensifiées ces derniers mois, à partir de février, lorsqu’un drone iranien transportant des explosifs a été envoyé de la base aérienne T-4 en Syrie centrale vers l’espace aérien israélien et abattu par un hélicoptère de l’armée de l’air israélienne.

Mercredi soir, le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’est rendu à Moscou pour rencontrer son homologue russe, Sergei Shoigu, afin de discuter de la présence militaire croissante de l’Iran en Syrie.

« L’objectif premier de la défense est d’empêcher le renforcement de l’Iran et de ses mandataires en Syrie », a écrit Liberman dans un tweet avant son départ.

Dans une référence apparente aux forces iraniennes, mercredi, l’agence gouvernementale de presse russe TASS a cité le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui a déclaré que les milices étrangères devraient quitter le sud-ouest de la Syrie dès que possible.

M. Lavrov s’est fait l’écho des commentaires qu’il a faits plus tôt dans la semaine, lorsqu’il a déclaré que seules des troupes syriennes devraient être stationnées dans la province de Daraa, une région adjacente à la frontière israélienne qui est devenue un point névralgique dans le cadre d’une impasse plus large entre l’État juif et l’Iran.

Plaidoyer pour les défenses aériennes russes

Lors de l’entretien avec RT, Assad a également déclaré que la seule façon d’arrêter les frappes aériennes israéliennes sur son pays était de renforcer ses défenses aériennes avec l’aide de la Russie.

Assad semblait se contredire en disant : « Notre défense aérienne est beaucoup plus forte qu’avant, grâce au soutien russe », mais aussi en admettant que « [les milices anti-gouvernementales et Israël, selon ses affirmations] ont détruit une grande partie de nos défenses aériennes ».

« Les attaques récentes des Israéliens, des Américains, des Britanniques et des Français ont prouvé que nous sommes dans une meilleure situation » a-t-il dit. « La seule option est d’améliorer notre défense aérienne, c’est la seule chose que nous pouvons faire, et c’est ce que nous faisons. »

Le système de défense anti-missiles déployé S-400 sur la base militaire russe de Hmeimin, dans la province de Lattaquié, au nord ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015. (Crédit : Paul Gypteau/AFP)

Plus tôt ce mois-ci, le vice-ministre russe de la défense, Alexander Fomin, a déclaré qu’aucune décision n’avait encore été prise quant à la fourniture de systèmes de défense aérienne avancés à la Syrie, une évolution qu’Israël craint de voir entraver ses efforts pour empêcher l’implantation de l’armée iranienne sur le territoire syrien et les transferts d’armes au groupe terroriste du Hezbollah au Liban.

Assad a également déclaré que la Russie avait évité un « conflit direct » avec les États-Unis en Syrie et une attaque beaucoup plus importante que celle lancée en avril par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France sur des sites chimiques syriens présumés, à la suite d’une attaque aux armes chimiques contre des civils attribuée au gouvernement syrien – une accusation qu’Assad a démentie.

« Nous étions proches d’un conflit direct entre les forces russes et les forces américaines, et heureusement, il a été évité, non pas par la sagesse des dirigeants américains, mais par la sagesse des dirigeants russes », a-t-il dit.

Menace d’attaquer les Kurdes soutenus par les États-Unis

Assad a également averti les forces kurdes soutenues par les Etats-Unis qu’il n’hésiterait pas à utiliser la force pour reprendre le tiers du pays qu’ils contrôlent.

« Le seul problème qui reste en Syrie sont les FDS », a dit M. Assad, faisant référence aux Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, qui ont mené des batailles contre les djihadistes du groupe d’État islamique.

« Nous allons faire face à cette situation de deux façons », a-t-il ajouté. « La première : nous avons commencé à ouvrir les portes des négociations. Parce que la majorité d’entre eux sont syriens, censés aimer leur pays, ils n’aiment pas être des marionnettes aux mains des étrangers ».

« Nous avons une option, vivre l’un avec l’autre en tant que Syriens. Sinon, nous allons recourir… à la libération de ces zones par la force », a ajouté M. Assad. « C’est notre terre, c’est notre droit et c’est notre devoir de la libérer, et les Américains devraient partir. D’une façon ou d’une autre, ils vont partir. »

Assad a dit que sa génération avait été forcée de vivre sous la menace des attaques israéliennes depuis tout petit, mais qu’il était « absurde » de dire qu’ils avaient peur.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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