Attentat anti-israélien de 2012 en Bulgarie : perpétuité pour les deux accusés
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Attentat anti-israélien de 2012 en Bulgarie : perpétuité pour les deux accusés

Le tribunal spécial de Sofia doit également décider de la répartition des compensations à verser aux blessés et aux familles des victimes

Les secours de Zaka, à la recherche de restes humains dans le bus  qui avait explosé à l'aéroport de Bourgas en Bulgarie (Crédit : Dano Monkotovic/Flash 90)
Les secours de Zaka, à la recherche de restes humains dans le bus qui avait explosé à l'aéroport de Bourgas en Bulgarie (Crédit : Dano Monkotovic/Flash 90)

La justice bulgare a condamné lundi à la perpétuité deux Libanais accusés d’être impliqués dans l’attentat meurtrier visant en 2012 un bus transportant des touristes israéliens et attribué à la branche armée du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« Le tribunal les condamne à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle », a déclaré la juge Adelina Ivanova, du tribunal de première instance de Sofia spécialisé dans les crimes du terrorisme. Il s’agit des peines les plus sévères du code pénal bulgare.

Les avocats de la défense ont dit attendre la publication des motifs du jury pour décider d’un éventuel appel.

Le 18 juillet 2012, cinq touristes israéliens ont été tués à l’aéroport de Bourgas (ville balnéaire de la côte de la mer Noire en Bulgarie), par l’explosion d’une bombe placée dans un bus assurant la liaison entre le terminal de l’aéroport et le lieu de vacances des voyageurs. Le chauffeur du bus avait également perdu la vie. Trente-huit personnes avaient été blessées.

Hassan El Hajj, un citoyen canadien, à droite, et Meliad Farah, citoyen australien également connu sous le nom de Hussein Hussein, à gauche, soupçonnés d’être impliqués dans l’attentat à la bombe de Bourgas, en Bulgarie, au mois de juillet 2012 (Crédit : Ministère bulgare de l’Intérieur)

Le poseur de bombe présumé, un Franco-Libanais de 23 ans, avait également été tué dans l’explosion. Son corps avait été identifié par une analyse ADN.

Selon plusieurs témoignages, l’homme, affublé d’une perruque blonde, voulait poser son sac dans le compartiment à bagages de l’autobus, mais un Israélien avait protesté, lui reprochant d’avoir déplacé sa valise, ce qui aurait précipité la détonation.

Le premier de ses deux complices, Meliad Ferah, âgé de 31 ans au moment de l’attentat et détenteur d’un passeport australien, est accusé d’avoir rassemblé les pièces nécessaires à la construction de la bombe artisanale.

Le second, Hassan el Hajj Hassan, 24 ans en 2012, qui possède également la nationalité canadienne, est soupçonné d’avoir loué des logements et des voitures de location, dans le cadre du projet terroriste.

« Cet acte terroriste mérite d’être puni de la façon la plus sévère possible », avait plaidé jeudi la procureure Evguenia Chtarkelova, lors de la dernière audience au tribunal spécial de Sofia.

De nombreux éléments concordants « lient les deux accusés (…) et l’attaque à l’organisation terroriste Hezbollah », avait-elle affirmé.

Le tribunal spécial de Sofia doit également décider de la répartition des compensations à verser aux blessés et aux familles des victimes, pour un montant total de 200 millions de leva (100 millions d’euros).

Les éléments recueillis par l’enquête avaient convaincu l’Union européenne d’inscrire en juillet 2013 la branche armée du Hezbollah sur sa liste noire des organisations terroristes. Les Etats-Unis considèrent depuis des années le Hezbollah comme un « groupe terroriste étranger ».

Le Hezbollah, créé au début des années 80, est également été soupçonné par l’Argentine d’être avec l’Iran responsable de l’attentat à la voiture piégée en juillet 1994 contre un bâtiment regroupant des organisation juives à Buenos Aires (84 morts).

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