Attentat déjoué en France : un diplomate iranien incarcéré en Belgique
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Attentat déjoué en France : un diplomate iranien incarcéré en Belgique

Assadollah Assadi est soupçonné d'être impliqué dans un projet d'attentat contre un rassemblement d'opposants au régime de Téhéran fin juin en France

L'ancien maire de New York Rudy Giuliani à un évènement "Free Iran 2018 - the Alternative" le 30 juin 2018, à Villepinte, en banlieue parisienne. (Crédit : AFP /Zakaria Abdelkafi
L'ancien maire de New York Rudy Giuliani à un évènement "Free Iran 2018 - the Alternative" le 30 juin 2018, à Villepinte, en banlieue parisienne. (Crédit : AFP /Zakaria Abdelkafi

Un diplomate iranien, soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat contre un rassemblement d’opposants au régime de Téhéran fin juin en France, a été incarcéré mercredi en Belgique après son audition chez le juge d’instruction d’Anvers (nord) chargé du dossier, a annoncé la justice belge.

Assadollah Assadi, présenté par les opposants visés comme le « commanditaire » de l’attentat, était en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne avant d’être interpellé en Allemagne début juillet, peu après la mise en échec de ce projet par la justice belge.

Visé par un mandat d’arrêt européen, il a été remis mardi à la justice belge.

Mercredi, « il a été entendu et placé sous mandat d’arrêt (écroué, ndlr) par le juge d’instruction », a indiqué le parquet fédéral dans un communiqué.

Le 2 juillet, ce parquet compétent en matière de terrorisme avait annoncé avoir mis en échec un projet d’attentat à la bombe qui aurait dû frapper, l’avant-veille à Villepinte en région parisienne, le grand rassemblement annuel du CNRI, entité chapeautant les Moudjahidine du peuple (MEK, opposition).

Un couple de Belges d’origine iranienne a été arrêté le jour même, le 30 juin, en région bruxelloise, en possession d’environ 500 grammes de TATP, un explosif très instable, et d’un détonateur dans sa voiture.

Outre ce couple, un homme de 38 ans et une femme de 34 ans, et M. Assadi, un quatrième suspect, âgé de 55 ans, interpellé en France, a été remis à la justice belge durant l’été.

Cette affaire a généré des tensions diplomatiques franco-iraniennes au moment même où les puissances européennes, dont la France et l’Allemagne, s’efforcent de sauver l’accord sur le nucléaire iranien dont les Etats-Unis de Donald Trump sont sortis.

Le 3 octobre, les autorités françaises ont accusé le ministère iranien du Renseignement d’avoir fomenté ce projet d’attentat, ce que Téhéran a fermement démenti. Elles ont aussi procédé au gel des avoirs en France de deux citoyens iraniens, dont M. Assadi, « identifié avec certitude comme un agent du renseignement » iranien, selon une source diplomatique française.

Aux yeux des Moudjahidine du peuple et de leurs soutiens, ce « complot » du 30 juin est une illustration du « terrorisme d’Etat » que pratiquerait le régime du président iranien Hassan Rouhani.

« L’ampleur de ce complot (…) nous rappelle que l’Iran demeure le premier Etat parrain du terrorisme au monde », a accusé de son côté le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo réagissant dans un communiqué à l’extradition du suspect intervenu mardi.

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