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Attentat rue des Rosiers de 1982: le seul suspect en France en détention provisoire

Extradé par la Norvège en 2020, Abou Zayed est soupçonné d'être impliqués dans l'attentat du 9 aout 1982, à Paris. Le pourvoi contre sa prolongation de détention a été rejeté

Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)
Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)

Le pourvoi contre la prolongation de la détention d’Abou Zayed, seul suspect aux mains de la justice française dans l’enquête sur l’attentat meurtrier de la rue des Rosiers en 1982 à Paris, a été rejeté, a appris l’AFP mercredi de source proche du dossier.

A la suite de cet arrêt du 22 mars de la chambre criminelle de la Cour de cassation, Abou Zayed est donc maintenu en détention.

Extradé le 4 décembre 2020 par la Norvège, ce Palestinien naturalisé Norvégien de 63 ans dont le nom complet est Walid Abdulrahman Abou Zayed avait été mis en examen le lendemain pour « assassinats » et « tentatives d’assassinats ».

Incarcéré depuis, la justice le soupçonne d’être l’un des tireurs de cet attentat qui avait fait six morts et vingt-deux blessés le 9 août 1982. Une grenade avait été jetée dans le restaurant Jo Goldenberg, situé dans le quartier juif historique du Marais à Paris, puis une fusillade avait éclaté.

Abou Zayed conteste jusqu’à sa présence en France au moment des faits.

La plaque en yiddish de la rue des Rosiers, réalisée par l’artiste hongrois Sebestyén Fiumei. (Crédit : Sebestyén Fiumei)

Le 23 décembre, la cour d’appel de Paris a confirmé une ordonnance prolongeant sa détention provisoire.

Dans leur pourvoi contre cet arrêt, les avocats estimaient le parquet national antiterroriste tout comme le juge d’instruction incompétents, en faisant valoir que les infractions initialement reprochées à Abou Zayed, via le code pénal en vigueur en 1982, ne seraient pas terroristes.

Dans son arrêt consulté par l’AFP, la Cour de cassation concède quelques erreurs procédurales de la cour d’appel mais estime que celles-ci ne « remettent pas en cause » la compétence du procureur de la République antiterroriste dans ce dossier.

« Cet arrêt, quoique défavorable, démontre une nouvelle fois les difficultés procédurales de ce dossier et l’impossibilité, pour la justice, d’investiguer véritablement sur des faits vieux de 40 ans », ont estimé Me Romain Ruiz et Me Bruno Gendrin, avocats du mis en cause.

« Pendant que l’enquête patine, Abou Zayed reste, lui, détenu contre toute forme d’humanité ou de logique », dénoncent-ils.

La justice française a émis trois autres mandats d’arrêt internationaux visant deux suspects localisés en Jordanie, dont le cerveau présumé de l’attentat, et un troisième en Cisjordanie. La Jordanie a refusé à plusieurs reprises leur extradition.

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