Au Likud, rien n’a changé ; Liberman râle, Kakhol lavan reste silencieux
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Au Likud, rien n’a changé ; Liberman râle, Kakhol lavan reste silencieux

Le chef d'Yisrael Beytenu dit qu'il est maintenant évident que Netanyahu et Gantz vont se joindre aux ultra-orthodoxes, alors que l'attention se tourne vers le vote de mars

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, prend la parole lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, prend la parole lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman a indiqué vendredi que la défaite de Gideon Saar face au Premier ministre Benjamin Netanyahu aux primaires du Likud ne changeaient pas l’algorithme de la coalition.

« Les résultats de la primaire du Likud n’ont rien changé », a déclaré Liberman sur Facebook, soulignant sa déception de voir le parti continuer à être dirigé par Netanyahu.

Le principal rival du Likud, le parti Kakhol lavan, est resté silencieux à l’annonce des résultats.

Netanyahu a remporté 72,5 % des voix lors de l’élection de jeudi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à un rassemblement de campagne à Jérusalem le 22 décembre 2019, avant les primaires pour la direction du Likud. (Yonatan Sindel/Flash90)

La plupart des Israéliens tiennent Liberman et Netanyahu pour responsables de l’impasse politique qui dure depuis un an. Une troisième élection a été fixée au 2 mars.

Dans une publication Facebook, Liberman a affirmé que le Likud et Kakhol lavan étaient à la botte des ultra-orthodoxes.

« Aujourd’hui, il est évident, plus que jamais, que Netanyahu et [le chef de Kakhol lavan Benny] Gantz ne sont pas intéressés par un gouvernement d’unité libéral, mais par un gouvernement étroit avec les ultra-orthodoxes, qui iront avec ceux qui leur donneront de l’argent. »

« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil et le monde est tel qu’il est », a-t-il écrit.

Netanyahu s’est rallié aux partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ainsi qu’au parti Yamina à l’issue du scrutin de septembre, et formé un large bloc, qui, selon les critiques, a contribué à entraver les pourparlers sur un éventuel gouvernement d’unité avec Kakhol lavan. Le chef du Shas, Aryeh Deri, a déclaré que le bloc restera solidaire pour ce troisième scrutin.

Liberman, un laïc de droite, a refusé de siéger dans une coalition avec les partis ultra-orthodoxes ou arabes. Cependant, il a évité de se prononcer avec force contre l’immunité de Netanyahu dans ses affaires criminelles, ce qui a fait espérer à certains membres du Likud qu’il pourrait être convaincu de rejoindre leur bloc.

Lors des primaires du Likud, Netanyahu a reçu le soutien d’une large majorité de députés, de dirigeants et de militants locaux.

Il a salué son « immense victoire » à l’annonce des résultats vendredi.

Saar a admis sa défaite et appelé au soutien de Netanyahu et du Likud en amont du scrutin du 2 mars.

« Cette élection était vitale pour le Likud et pour son caractère démocratique », a-t-il dit.

Le député Likud Gideon Saar (G), accompagné de son épouse Geula Even Saar, arrive pour voter lors des primaires pour choisir le président du parti à Tel Aviv, le 26 décembre 2019. (JACK GUEZ / AFP)

Saar avait fait valoir que Netanyahu, ayant échoué à deux reprises à former un gouvernement après les élections d’avril et de septembre, conduirait le bloc de droite à un troisième échec, et que lui, en revanche, veillerait à ce que la droite conserve le pouvoir.

« Le temps est venu de nous unir et de décrocher une victoire éclatante pour le Likoud et pour la droite », a déclaré plus taes Netanyahu, lors d’une conférence de presse.

« La majorité des gens soutiennent la droite et me soutiennent pour conduire le gouvernement », a-t-il ajouté, dans un véritable discours de campagne durant lequel il n’a pas mentionné une seule fois le nom de son rival malheureux de la veille.

Le Premier ministre a au contraire remercié le président américain Donald Trump, un proche allié, pour son soutien envers Israël, et répété qu’une victoire du Likoud lors des prochaines législatives apporterait de nouvelles « réussites historiques » pour l’Etat hébreu.

« Tout l’enjeu pour (Benjamin) Netanyahu est de s’assurer une immunité, et pour cela il a besoin des 61 votes » au Parlement, a rappelé vendredi Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. Stephan Millier, politologue interrogé par l’AFP, a relevé qu’il avait mené une campagne particulièrement intense pour ne laisser aucune chance à son rival interne. « Son poste était en jeu et il s’est battu ».

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