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Bahreïn réaffirme son soutien à la cause palestinienne

Le chef de la diplomatie bahreïni, connu pour ses positions pro-Israël, affirme que Manama veut voir "les Palestiniens vivre dans la stabilité" ; Ramallah semble rejeter ce sommet

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères bahreini Cheikh Khalid ben Ahmed al-Khalifa, au sommet sur le développement économique et social du monde arabe, à Beyrouth, le 20 janvier 2019. (Crédit : AP/Bilal Hussein)
Le ministre des Affaires étrangères bahreini Cheikh Khalid ben Ahmed al-Khalifa, au sommet sur le développement économique et social du monde arabe, à Beyrouth, le 20 janvier 2019. (Crédit : AP/Bilal Hussein)

Bahreïn, où sera dévoilée la première partie du plan de paix élaboré par l’administration américaine pour le Moyen-Orient, a réaffirmé lundi son soutien à la cause palestinienne.

Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères de ce petit Etat du Golfe Khalid bin Ahmed al-Khalifa a « souligné la position du royaume de Bahreïn en soutien à la cause palestineinne et aux aspirations du peuple palestinien »

Khalifa, qui a déjà fait lever plus d’un sourcil dans le monde arabe avec ses déclarations pro-implantations, a souligné que son pays « se tient aux côtés des initiatives qui se traduiront par un investissement dans l’infrastructure et le développement de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et permettront au peuple palestinien de prospérer ».

Son communiqué ne mentionne pas Israël.

Le peuple palestinien « occupe une place importante dans le coeur des Bahreinis, et le royaume souhaite que les Palestiniens aient l’opportunité de vivre dans la stabilité et concrétisent leurs rêves », poursuit le communiqué.

Dimanche, la Maison Blanche et le royaume de Bahreïn ont annoncé que les Etats-Unis vont dévoiler le volet économique du très attendu plan de paix israélo-palestinien promis par Donald Trump lors d’une conférence organisée les 25 et 26 juin à Bahreïn.

Les Palestiniens ont réagi froidement à cette annonce, affirmant que toute solution politique doit être accompagnée d’initiatives économiques.

« Toute solution au conflit en Palestine doit être politique… et basée sur la fin de l’occupation », a déclaré le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammed Chtayyeh lors d’une réunion du cabinet. « La crise financière actuelle est le résultat d’une guerre financière menée contre nous, et nous ne fléchirons pas face au chantage et à l’extorsion, et n’échangerons pas nos droits nationaux pour de l’argent. »

Chtayyeh et Saeb Erekat ont déclaré à Ramallah ne pas avoir été consultés pour cette conférence.

« Nous n’avons été informés par aucune partie de la réunion annoncée à Bahreïn », a déclaré Saëb Erakat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Nous n’avons mandaté aucune partie pour négocier en notre nom », a-t-il souligné dans un communiqué.

« Tous les efforts mis en oeuvre pour faire coexister l’oppresseur et l’opprimé sont voués à l’échec. Les tentatives visant à promouvoir une normalisation économique de l’occupation israélienne de la Palestine seront rejetées », a déclaré Erekat, qui ne mentionne pas Bahreïn, avec qui les Palestiniens entretiennent des liens solides.

Mahmoud Abbas, Saeb Erekat, Nabil al-Arabi, alors secrétaire général de la Ligue arabe, et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Khalid bin Ahmed al-Khalifa, pendant une rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, au Caire, le 28 mai 2016. (Crédit : AFP/Stringer)

« Il ne s’agit pas d’améliorer les conditions de vie sous l’occupation, mais d’atteindre le plein potentiel de la Palestine en mettant fin à l’occupation israélienne », a-t-il ajouté.

Manama n’entretient pas de relations officielles avec Jérusalem, mais des liens clandestins relient les deux pays depuis des années.

En février, un reportage israélien affirmait que le gouvernement bahreini avait manifesté son désir de normaliser les liens avec Israël il y a deux ans. Khalifa, qui est le plus haut diplomate bahreini depuis 2005, aurait demandé à Tzipi Livni, alors députée, de faire passer un message au Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un entretien à huis-clos en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, en 2017.

Toujours en février, en marge de conférence américano-polonaise sur le Moyen-Orient, Khalifa avait déclaré que son pays finira par établir des liens avec Israël.

Dans une vidéo de cette conférence, on entend également le ministre déclarer que défier l’hostilité de l’Iran était plus urgent que la résolution du conflit israélo-palestinien.

L’an dernier, le royaume a défendu le droit d’Israël « à se défendre » après que Tsahal a visé des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie.

« N’importe quel Etat, y compris Israël, a le droit de se défendre en détruisant les sources de danger », avait écrit le ministre sur Twitter.

On ignore encore si une délégation israélienne sera conviée à « l’atelier » économique de Manama à la fin du mois.

Selon le communiqué américano-bahreini, le sommet « facilitera la discussion sur une vision ambitieuse et réaliste et un cadre pour un futur prospère du peuple palestinien et de la région, notamment des améliorations de la gouvernance économique, le développement du capital humain et la facilitation de la croissance rapide du secteur privé. »

Un haut-responsable a déclaré aux journalistes que des invitations à ces ateliers avaient été envoyés aux Etats-Unis, en Europe, dans le Golfe, dans le monde Arabe, et à certains chefs d’entreprise palestiniens.

Eric Cortellessa et l’AFP ont contribué à cet article.

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