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Banque mondiale: malgré la croissance, l’économie palestinienne « précaire » a besoin d’aide

Selon un rapport qui précède la conférence des donateurs à Bruxelles, à laquelle assistera un ministre israélien, l'économie de la Cisjordanie a connu une croissance de 7,8 % en 2021

La Banque Mondiale souligne que les taxes prélevées par Israël sur les importations destinées aux Palestiniens, qui s’élèvent actuellement à 3%, pénalisent leur économie et recommande de réduire ce taux à 0,6%. (Crédit : CC BY 2.0)
La Banque Mondiale souligne que les taxes prélevées par Israël sur les importations destinées aux Palestiniens, qui s’élèvent actuellement à 3%, pénalisent leur économie et recommande de réduire ce taux à 0,6%. (Crédit : CC BY 2.0)

La Banque mondiale a appelé lundi la communauté internationale à accroître son aide à l’Autorité palestinienne, confrontée à une crise budgétaire, alors que les contributions ont atteint un « creux historique ».

Dans un rapport publié à la veille de l’ouverture à Bruxelles d’une conférence des donateurs étrangers aux Palestiniens, la Banque mondiale trace un portrait contrasté de l’économie palestinienne, faisant notamment état d’un phénomène de « nouveaux pauvres » dans les régions rurales de la Cisjordanie, malgré le retour à la croissance économique.

Après une année de contraction liée à la pandémie, l’économie palestinienne a repris en 2021, avec une hausse du nombre de permis de travail en Israël et dans les implantations pour les Palestiniens de Cisjordanie, ce qui a contribué à une croissance de 7,8 % du PIB dans le territoire.

Dans la bande de Gaza, enclave séparée géographiquement de la Cisjordanie dirigé par le groupe terroriste islamiste Hamas, soumis à un blocus israélien pour empêcher l’importation d’armes, la croissance a été « ralentie » par la guerre, en mai 2021, entre le groupe terroriste islamiste Hamas et Israël, atteignant néanmoins 3,4 %, a précisé la Banque mondiale.

Cette reprise économique a permis d’accroître les revenus fiscaux de l’Autorité palestinienne, qui a limité d’un autre côté ses dépenses, souligne l’établissement.

Or, malgré ces mesures, « les finances palestiniennes demeurent très précaires », indique le rapport de la Banque mondiale, appelant les pays donateurs à « accorder un soutien budgétaire à l’Autorité palestinienne ».

Toujours selon le rapport, « en 2021, le déficit s’est chiffré à 1,26 milliard de dollars (1,20 milliard d’euros), alors que l’aide internationale a atteint un creux historique de 317 millions de dollars (300 millions d’euros) » dû à l’absence de contributions de certains pays du Golfe et de « délais » dans les versements de l’Union européenne.

Résultat, le déficit réel a atteint 940 millions de dollars (892 millions d’euros), poussant l’Autorité palestinienne à réduire les versements des salaires de ses employés.

Le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, mène lundi à Bruxelles des entretiens avec des responsables européens dans l’espoir de les convaincre « d’une avancée de la position européenne sur son soutien à l’Autorité palestinienne », a déclaré à l’AFP le porte-parole gouvernement palestinien, Ibrahim Melhem.

La diplomatie israélienne a de son côté confirmé à l’AFP la présence de son ministre de la coopération régionale, Issawi Frej, à la conférence de Bruxelles.

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, s’oppose à la création d’un État palestinien, mais a déclaré vouloir stimuler les opportunités économiques en Cisjordanie.

Il a fait valoir que le fait que les Palestiniens gagnent des salaires élevés en Israël, ainsi que d’autres opportunités économiques, pourrait contribuer à réduire la violence dans ce conflit de longue date, qui a connu une nouvelle flambée ces dernières semaines.

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