Barak affirme vouloir stopper son partenariat avec Epstein, accusé d’agressions
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Barak affirme vouloir stopper son partenariat avec Epstein, accusé d’agressions

Le responsable israélien a déclaré qu'il cherchait à rompre ses relations d'affaires avec Jeffrey Epstein, financier américain accusé d'avoir abusé sexuellement de jeunes filles

L'ancien Premier ministre Ehud Barak à un événement pour les soldats exceptionnels à la résidence du Président à Jérusalem, le 9 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
L'ancien Premier ministre Ehud Barak à un événement pour les soldats exceptionnels à la résidence du Président à Jérusalem, le 9 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Mardi, l’ancien Premier ministre Ehud Barak a déclaré qu’il cherchait à rompre ses relations d’affaires avec Jeffrey Epstein, financier américain accusé d’avoir abusé sexuellement des jeunes filles.

Barak, qui a fait son retour en politique ce mois-ci en formant le Parti démocrate israélien afin de concourir aux prochaines élections, est sous le feu des critiques depuis la semaine dernière, quand il a été révélé qu’il entretenait des relations d’affaires avec Epstein.

Selon le journal Haaretz, Barak a formé en 2015 une entreprise de partenariat limité en Israël, nommée Sum (E.B.) 2015, pour investir dans une start-up de haute technologie du nom de Reporty. Une bonne partie de l’investissement financier a été apportée par Epstein.

Epstein, qui a purgé une peine de prison en 2008 pour avoir sollicité des prostituées mineures, a été arrêté plus tôt ce mois-ci et accusé d’avoir payé des centaines de dollars en cash pour des massages. Il aurait ensuite abusé sexuellement les masseuses dans ses maisons à Palm Beach, en Floride, et à New York, de 2002 à 2005. Les plaintes, déposées à New York, lui font encourir 45 ans de prison.

Epstein a été inculpé pour avoir mis en place ce que les procureurs ont décrit comme un réseau de jeunes filles mineures qu’il a abusées et exploitées au début des années 2000.

Samedi, Barak a affirmé avoir demandé à un avocat de rompre tous ses liens avec Epstein dès que les nouvelles accusations ont été révélées.

« Pendant presque 5 ans, une entreprise liée à Epstein a fait figure d’investisseur passif dans un partenariat limité enregistré en Israël, en respect du droit et contrôlé par moi-même. Chaque investisseur dans le partenariat est redevable du même contrat commercial, a-t-il écrit sur Facebook. Juste après que les accusations actuelles dans l’affaire Epstein ont été connues, j’ai donné l’instruction à mes avocats d’examiner les possibilités visant à annuler les liens de l’entreprise avec Epstein dans le cadre de ce partenariat limité. »

Jeffrey Epstein, au centre, comparaît devant un tribunal de West Palm Beach en Floride, le 30 juillet 2008. (Uma Sanghvi/Palm Beach Post via AP)

Reporty, maintenant appelé Carbyne, développe des logiciels de vidéo en streaming et de géolocalisation pour des services d’urgence. Barak qui est président du comité exécutif de l’entreprise, a investi 1,5 million de dollars dans l’entreprise en 2015 dans le cadre d’une première levée de fonds, avec 300 000 dollars du ministère de l’Economie.

En 2016, Barak a dirigé une deuxième levée de fonds à hauteur de 7,3 millions de dollars pour l’entreprise basée à Tel Aviv.

On ne connaît pas la part de l’investissement liée à Epstein. En 2008, l’homme a signé un accord afin d’éviter des poursuites, lui imposant de reconnaître l’unique accusation d’avoir sollicité une prostituée mineure et son inscription sur le registre des criminels sexuels.

L’accord, qui est devenu public l’année dernière, a été très critiqué pour avoir mis sous silence des dizaines d’autres accusations contre le financier. Il a purgé une peine de seulement 13 mois de prison.

Des manifestants portent des pancartes de Jeffrey Epstein devant le tribunal fédéral le 8 juillet 2019, à New York City. (Stephanie Keith/Getty Images/AFP)

S’exprimant samedi sur la Douzième chaîne, Barak a défendu sa décision d’établir une relation commerciale des années après qu’il a été en prison, même après que de nombreux autres amis financiers et soutiens importants aient rompu les liens avec Epstein.

« Il a purgé sa peine pour avoir sollicité une prostituée – les documents d’inculpation ne précisaient pas qu’elle était mineure », a-t-il dit.

Barak a souligné qu’il était loin d’être le seul à avoir établi des activités avec Epstein après sa sortie de prison, affirmant que ses contacts comprenaient « des présidents d’universités américaines de premier plan, les plus grands philanthropes du monde, des lauréats du prix Nobel, des ministres et des ministres assistants de l’administration Obama et des personnalités centrales de l’administration Trump.

« Le système américain lui-même ne l’a pas qualifié de persona non grata… Le secrétaire d’Etat qui vient de démissionner dans l’administration Trump était le procureur de l’affaire et a affirmé qu’il avait été négligent – et vous voudriez que j’aie remarqué [quelque chose de suspect] ? »

Barak a refusé de confirmer à Haaretz l’information sur l’investissement de 2015, déclarant qu’il ne voulait pas divulger les identités des investisseurs privés qui ont travaillé avec lui.

« J’ai vu une opportunité commerciale et enregistré un partenariat sous mon contrôle en Israël, a déclaré Barak à Haaretz dans des commentaires publiées jeudi. Un petit nombre de personnes que je connais sont impliquées dans ce partenariat, dans un accord commercial qui a bénéficié à tout le monde. Puisque ces investissements étaient privés, il serait inapproprié et incorrect de ma part de révéler les identités des personnes concernées. »

Netanyahu a repris les informations sur les liens de Barak avec Epstein, utilisant les réseaux sociaux jeudi pour demander « d’enquêter immédiatement sur Ehud Barak ».

Le Premier ministre n’a pas précisé quels agissements de Barak pourraient faire l’objet d’une enquête criminelle, puisqu’aucune action décrite dans l’article ne semblait illégale.

Barak a répondu sur Twitter : « Pas besoin de faire une enquête – j’avoue. J’ai donné une deuxième chance, à la fois à Epstein et à Bibi [Netanyahu]. Les deux sont maintenant pris jusqu’au cou dans des affaires criminelles. J’attends que les deux se récusent jusqu’à ce que la vérité soit connue. »

Il a ajouté : « De mon côté, toutes mes activités étaient celles d’un citoyen privé, pas d’un ministre ou d’un Premier ministre. Toutes mes activités étaient légales, déclarées aux autorités et je payais des impôts dessus. »

S’adressant à Netanyahu, il a demandé : « Et vous ? »

Netanyahu est au centre de trois enquêtes criminelles pour corruption, mais dément toute malversation.

De leur côté, des responsables du parti travailliste et de Meretz ont déclaré à la Douzième chaîne que les liens de Barak avec Epstein avaient significativement diminué les chances que leurs partis ne s’associent au Parti démocrate israélien qui vient de se former. Dans des conversations privées, ils ont déclaré que les liens de Barak avec le financier compliqueraient la tâche de leurs partis de se présenter au public comme de fervents opposants à la corruption.

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