Barkat demande à la cour de démolir les maisons illégales de Jérusalem Est
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Barkat demande à la cour de démolir les maisons illégales de Jérusalem Est

Après le refus de la Haute cour de reporter le démantèlement d’Amona, le maire de Jérusalem annonce une nouvelle politique de destruction des constructions arabes non autorisées

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La municipalité de Jérusalem a demandé mercredi à la Haute cour de justice de révoquer la prolongation d’un ordre de démolition, et d’autoriser la ville à détruire immédiatement 14 structures construites illégalement à Jérusalem Est.

La municipalité a lié sa demande au refus de la cour d’une demande de l’état pour repousser le démantèlement de l’avant-poste d’Amona, qui doit être démoli fin décembre après un jugement de la cour de 2014, qui avait estimé qu’il était construit sur des terrains palestiniens privés.

Dans un communiqué, le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a déclaré que « nous avons l’obligation d’agir en accord avec la même loi pour les juifs et les arabes », et a demandé que la Haute cour revienne sur un report accordé pour la destruction d’une dizaine de maisons palestiniennes construites illégalement sur des terrains juifs privés, dans le quartier Beit Hanina de Jérusalem Est.

Barkat, qui a menacé de lancer la destruction des bâtiments construits illégalement à Jérusalem Est si la Cour suprême n’accordait pas de délai supplémentaire pour Amona, a ajouté que si une solution n’était pas trouvée pour l’avant-poste juif, « nos mains seront liées, et nous serons obligés de détruire à Jérusalem des centaines ou des milliers de maisons. »

Des troupes israéliennes en poste pendant la démolition d'une structure palestinienne dans le quartier de Beit Hanina de Jérusalem Est, le 24 novembre 2011. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Des troupes israéliennes en poste pendant la démolition d’une structure palestinienne dans le quartier de Beit Hanina de Jérusalem Est, le 24 novembre 2011. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

La déclaration de la municipalité de Jérusalem annonçait que des centaines de familles palestiniennes vivaient illégalement sur des terrains appartenant à des juifs à Jérusalem Est.

La ville affirme que plusieurs structures font déjà l’objet d’un ordre de démolition de tribunaux israéliens. Elle a ajouté que jusqu’à présent, la politique de la cour et de la ville a été de reporter la destruction de ces logements jusqu’à ce qu’une solution sur l’approbation des infractions à la construction soit trouvée. Cependant, suite au jugement sur Amona, a ajouté le communiqué, la ville changera sa politique pour préférer le démantèlement immédiat.

Suite à la publication du communiqué de la ville, Ir Amim, une ONG israélienne opposée à l’expansion des quartiers juifs dans Jérusalem Est, a accusé Barkat d’adopter « la méthode du ‘prix à payer’ envers la population palestinienne de Jérusalem Est. » Les attaques ‘prix à payer sont le nom donné aux actes de vandalisme et de violence anti arabes commis par des nationalistes juifs de droite.

L’ONG a ajouté que 194 structures avaient été détruites à Jérusalem Est depuis le début de l’année, presque trois fois plus qu’en 2015. Ir Amim a accusé Barkat de procéder à une série de démolitions de logements palestiniens afin de renforcer son image au sein du Likud, dont il est membre.

L'avant-poste illégal d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash 90)
L’avant-poste illégal d’Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash 90)

Suite au rejet de la Haute cour d’accorder un délai supplémentaire pour l’évacuation et le démantèlement d’Amona, des députés de la coalition ont proposé une loi qui légaliserait les logements juifs construits illégalement sur des terrains palestiniens privés en Cisjordanie.

Mercredi, le projet de loi a été voté en lecture préliminaire par la Knesset.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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