Barkat propose des primaires au Likud pour désigner un adjoint à Netanyahu
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Barkat propose des primaires au Likud pour désigner un adjoint à Netanyahu

L'ancien maire de Jérusalem dit que ce plan visant à élire un numéro deux "déjouera les tentatives de division du parti et renforcera le Likud"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2G) vu avec le maire de Jérusalem Nir Barkat (C) et le ministre de Jérusalem Zeev Elkin (D) lors d'une réunion spéciale du cabinet à Jérusalem le 2 juin 2016. (Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2G) vu avec le maire de Jérusalem Nir Barkat (C) et le ministre de Jérusalem Zeev Elkin (D) lors d'une réunion spéciale du cabinet à Jérusalem le 2 juin 2016. (Marc Israel Sellem/POOL)

Dans un contexte de tensions croissantes au sein du parti au pouvoir suite à des appels à organiser dans les plus brefs délais des primaires à la tête du parti, le législateur du Likud, Nir Barkat, a présenté dimanche un plan visant à organiser des élections qui désigneraient un adjoint au chef de la formation – un numéro deux qui serait susceptible de remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu si ce dernier se trouvait dans l’obligation de se mettre en congé en raison des mises en examen annoncées à son encontre.

Alors que le Likud se trouve actuellement dans une situation tumultueuse après le défi public lancé par le député Gideon Saar à Netanyahu, samedi, l’appelant à laisser le parti se choisir un nouveau dirigeant au vu des inculpations du Premier ministre en exercice pour corruption, Barkat a estimé que son plan « déjouera les tentatives de diviser le parti et renforcera le Likud ».

La proposition permettrait la création d’un poste de dirigeant-adjoint qui, selon Barkat, « serait inspiré par le modèle américain avec un président et un vice-président qui travailleraient ensemble ».

Cet adjoint « sera élu lors de primaires par les membres du Likud, de la même manière que lors de la désignation du président. Il sera placé en deuxième position sur la liste électorale du Likud et il tiendra le poste le plus éminent au gouvernement ou à la Knesset après le chef du parti », a noté la proposition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) prend la parole lors d’un rassemblement du Likud à Tel Aviv, le 17 novembre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Depuis qu’il est devenu Premier ministre pour la deuxième fois en 2009, Netanyahu s’est abstenu de nommer un vice-Premier ministre désigné et permanent – qu’il ait appartenu au Likud ou à un autre parti de la coalition – chargé de reprendre automatiquement la barre du gouvernement en cas d’indisponibilité inattendue ou d’empêchement de servir à ses fonctions.

Ainsi, à chaque fois qu’il a été amené à se rendre à l’étranger ou à subir une intervention sous anesthésie générale, Netanyahu a préféré nommer un ministre différent du Likud comme remplaçant temporaire.

Selon Barkat, le poste de chef de parti-adjoint est nécessaire pour que le Likud puisse se préparer à une situation où Netanyahu serait dans l’obligation de prendre un congé à durée indéterminée ou s’il devait y avoir une entrave légale à sa capacité, à l’avenir, de former un gouvernement en raison de ses mises en examen.

Barkat a clamé que plusieurs députés du Likud tentaient actuellement d’obtenir le soutien de leurs collègues pour qu’ils les appuient aux fonctions de Premier ministre si un tel scénario devait se présenter.

« Je voudrais offrir mon soutien au Premier ministre et président du Likud Benjamin Netanyahu et je nous souhaite à tous de connaître un procès équitable qui prouvera son innocence et qui lui permettra de continuer à diriger l’Etat d’Israël avec beaucoup de succès, comme il l’a fait jusqu’à présent, pour de nombreuses années encore », a dit l’ancien maire de Jérusalem dans un communiqué.

Il a ajouté que « sélectionner et nommer un remplaçant éventuel pour le président du parti, au moment présent, garantira le soutien apporté au président du mouvement, Benjamin Netanyahu et permettra la continuité gouvernementale et l’unité du parti au cas où le Premier ministre Netanyahu se trouve dans l’obligation de se mettre à l’écart. Cela permettra, en même temps, l’établissement d’un gouvernement national ».

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, s’exprime lors de la conférence de l’ADL sur la cohésion sociale en Israël, à Airport City près de Tel Aviv, le 5 novembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)

Les charges annoncées par le procureur-général Avichai Mandelblit sont venues compliquer une situation déjà fragile dans laquelle Netanyahu et son principal adversaire, Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, ont tous les deux échoué à former un gouvernement, ce qui place le pays sur la voie d’un troisième scrutin national en l’espace d’une année – un fait sans précédent dans toute l’histoire de l’Etat juif.

Alors que Netanyahu comme Gantz ont échoué à mettre en place une coalition suite au scrutin du mois de septembre, la Knesset se trouve actuellement dans une période de 21 jours – elle s’achèvera le 11 décembre à minuit – pendant laquelle tout candidat recevant le soutien d’au moins 61 députés pourra être chargé de rassembler une majorité. En cas d’échec, de nouvelles élections devront être organisées – et Netanyahu a clairement établi qu’il avait l’intention de se présenter. Ce scrutin pourrait entraîner un résultat très similaire à ceux des deux votes qui ont déjà eu lieu cette année.

Barkat, qui demande à ce que sa proposition soit votée lors de la prochaine rencontre du Comité central du Likud, le 15 décembre, a également dit dimanche qu’il demanderait l’approbation du président de la Knesset, Yuli Edelstein, et des chefs des autres partis pour faire adopter une loi qui permettrait de prolonger la période de 21 jours, pour que sa formation soit en mesure d’adopter le plan.

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