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Barlev: la violence à Rahat est « intolérable » ; des renforts vont être envoyés

Le ministre estime que les récents affrontements armés dans la ville bédouine sont équivalents à des actes terroristes, après qu'une jeune de 14 ans a été blessé lors d'une rixe

Le Ministre de la Sécurité Publique Omer Barlev assiste à une cérémonie de la police israélienne pour le Nouvel An juif au Quartier Général de la police israélienne, à Jerusalem le 5 septembre 2021. (Crédit : Photo Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Ministre de la Sécurité Publique Omer Barlev assiste à une cérémonie de la police israélienne pour le Nouvel An juif au Quartier Général de la police israélienne, à Jerusalem le 5 septembre 2021. (Crédit : Photo Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a déclaré que la violence endémique qui a sévi dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, au cours du week-end était « intolérable », et a promis d’envoyer d’importantes forces de police après que des fusillades répétées ont été signalées dans la ville à prédominance bédouine samedi et dimanche, visant plusieurs maisons et commerces, et blessant modérément une adolescente.

Dans un communiqué, M. Barlev a déclaré que la police « est obligée d’agir pour éradiquer la criminalité dans la ville. Les habitants de Rahat ont le droit de vivre en sécurité ».

Il a ajouté que la police agira en utilisant toutes les mesures à sa disposition pour capturer les criminels.

Les fusillades, qui se sont poursuivies dans la nuit de samedi à dimanche, seraient liées à un conflit entre les familles al-Bahiri et al-Ubara de la ville. Rahat, ville majoritairement bédouine, et ses environs souffrent depuis des années d’un manque de présence policière et d’application de la loi, et sont régulièrement le théâtre désordres et de troubles.

Dimanche, le maire de Rahat, Faiz Abu Sahiban, a déclaré que la situation dans la ville ressemblait au Far West et a appelé le gouvernement à déployer des forces pour rétablir l’ordre.

« Maintenant, c’est la guerre, on tire dans les rues, on tire sur les commerces. Nous sommes au Far West », a déclaré Abu Sahiban à la chaîne publique Kan. « Qu’ils amènent toutes les forces, terrestres et maritimes, des hélicoptères et des drones. Il n’y a pas de police. »

Capture d’écran d’une vidéo montrant apparemment des hommes armés ouvrant le feu vers un magasin à Rahat, le 24 avril 2022 (Crédit : Capture d’écran/Kan).

Plus tôt dans la journée, le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, a déclaré que la police considérait les tirs sur les restaurants et les institutions culturelles qui ont été vus à Rahat comme une forme de terrorisme.

« Quiconque porte des armes illégales et met en danger des civils innocents – [ce qui arrive] sera leur responsabilité », a-t-il déclaré. « Nous allons consacrer d’importantes forces et ressources pour traduire les criminels en justice ».

Shabtai a ajouté que plusieurs suspects ont déjà été arrêtés et que des armes ont été confisquées lors de la dernière flambée de violence à Rahat.

M. Shabtai a fait ces remarques après avoir visité la ville et rencontré les forces de l’ordre locales ainsi que des représentants de la municipalité et de l’État.

Peu après le départ de Shabtai, des coups de feu ont été tirés sur une maison privée.

Une jeune fille de 14 ans, Remas Abu Ali, a été modérément blessée dans la nuit après avoir reçu une balle dans l’abdomen alors qu’elle se trouvait chez elle à Rahat au cours d’une fusillade entre les familles al-Bahiri et al-Ubara aux premières heures du dimanche matin.

Elle a été transportée à l’hôpital Soroka de Beer Sheva pour y subir une opération.

Selon des rapports de police et des vidéos, des hommes armés ont tiré sur un certain nombre de maisons et de commerces dans la ville pendant la nuit et le dimanche matin.

La mère d’Abu Ali a déclaré à la chaîne publique Kan que la police avait ignoré ses appels pour signaler des coups de feu soutenus à proximité, avant que la jeune fille ne soit touchée par une balle.

« Il y a eu des tirs toute la nuit. Il n’y avait pas de police. Nous avons appelé pour le signaler, et à chaque fois on nous a dit qu’on s’en occupait », a déclaré Nahmido Abu Ali.

« [Remas] a été blessée à 5 heures du matin alors qu’elle était à l’intérieur de la maison. Je n’ai vu aucune unité de police à Rahat depuis le début de la fusillade jusqu’à mon arrivée à l’hôpital », a-t-elle dit.

« Ils ne sont venus qu’après que l’hôpital a signalé à la police que ma fille était blessée. La fusillade a continué pendant une heure après qu’on a tiré sur elle. Il n’y a aucune sécurité dans ce pays pour les Arabes », a-t-elle ajouté.

Trois personnes ont été arrêtées en rapport avec la fusillade, mais il n’a pas été précisé si elles étaient directement liées à l’incident au cours duquel la jeune fille a été blessée.

Les communautés arabes d’Israël ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, principalement, mais pas exclusivement, alimentée par le crime organisé.

Les Arabes israéliens en veulent à la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes.

La communauté arabe a également souffert, de manière générale, de décennies de négligence en termes de subventions et d’attention de la part du gouvernement.

La fusillade de Rahat est survenue quelques heures après qu’une femme de 33 ans a été blessée par balle devant son domicile dans la ville arabe de Qalansawe, à l’est de Netanya.

Un homme non identifié a fui les lieux après avoir tiré sur la femme alors qu’elle se tenait à côté de sa voiture.

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