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Barlev: Tsahal ne luttera pas contre la violence dans les communautés arabes

Le ministre de la Sécurité publique semble contredire l'annonce faite dimanche par le bureau de Naftali Bennett

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, lors d'une réunion du Comité de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset à Jérusalem, le 13 septembre 2021 (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90).
Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, lors d'une réunion du Comité de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset à Jérusalem, le 13 septembre 2021 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90).

Le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev a déclaré lundi que Tsahal ne serait pas impliquée dans les efforts visant à lutter contre l’épidémie de crimes violents dans les communautés arabes d’Israël, ce qui pourrait contredire une annonce faite un jour plus tôt par le bureau du Premier ministre.

« Une clarification, par souci d’exactitude, de ce qui a été publié dans les médias au sujet des discussions du panel ministériel d’hier soir sur la lutte contre la criminalité dans les communautés arabes : Il n’est en aucun cas question de la nécessité pour Tsahal de s’impliquer dans cette lutte, et Tsahal n’a aucun rôle dans le programme mené par le ministère de la Sécurité Publique sous ma direction », a tweeté Barlev.

Au cours des trois heures de discussion, le mot « Tsahal » n’a été mentionné que dans le contexte du vol d’armes dans ses bases et de la manière de l’empêcher », a-t-il écrit.

La déclaration de Barlev est intervenue après que le bureau du Premier ministre eut déclaré dimanche dans un communiqué qu’une « équipe de travail interministérielle » dirigée par Yoav Segalovitz, adjoint de Barlev et major-général de police à la retraite, « se concentrera sur le traitement de la question des armes illégales en coordination avec Tsahal et le Shin Bet ».

Il n’a pas été précisé si le bureau du Premier ministre faisait référence aux vols d’armes lorsqu’il a mentionné l’implication de Tsahal.

Selon la Douzième chaîne, après l’annonce du bureau du Premier ministre, les responsables de Tsahal ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu’ils n’avaient pas été impliqués dans la prise de décision et qu’ils ne disposent pas d’un statut juridique pour opérer dans des zones civiles.

Lors d’une cérémonie en l’honneur des membres du Shin Bet lundi, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que les efforts du service de sécurité en la matière « seront limités à des domaines qui ne créent pas de tension avec sa désignation dans la loi. » Il n’a pas donné plus de détails.

La police sur les lieux du meurtre de Sahar Ismail, l’assistante du ministre de l’Education pour la société arabe, dans la ville de Rameh, au nord d’Israël, le 15 août 2021. (Crédit : Flash90)

Des responsables ont déclaré que le groupe de travail dirigé par Segalovitz se concentrera sur la question des armes illégales dans le secteur arabe. En outre, le ministère de la Justice va promouvoir une série de lois visant à fournir aux forces de l’ordre des outils plus importants pour réprimer les armes illégales.

Les politiciens arabes ont immédiatement critiqué la décision d’impliquer les services de sécurité, la qualifiant d’anti-démocratique.

« Combattez les criminels, pas la démocratie. La seule responsabilité de l’application de la loi parmi les civils est la police, pas les agences de renseignement et les militaires… La dernière chose dont nous avons besoin, c’est de la même attitude : la police pour les Juifs et le Shin Bet pour les Arabes », a déclaré Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, dans un tweet.

Le collègue d’Odeh, Sami Abou Shehadah, du parti nationaliste radical Balad, a déclaré que cette décision prouvait que « l’État d’Israël traite les citoyens arabes comme une menace pour la sécurité, et non comme des civils. »

Le Premier ministre Naftali Bennett convoque une réunion ministérielle à Jérusalem, le 3 octobre 2021, pour discuter des crimes violents dans le secteur arabe. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

S’exprimant avant la réunion de dimanche, Bennett a déclaré que la violence dans la communauté arabe devait être immédiatement traitée.

« Le problème a été mis de côté et négligé pendant des années jusqu’à ce qu’il atteigne des proportions scandaleuses, comme nous l’avons vu l’année dernière », a déclaré Bennett. « Notre gouvernement prend la question très au sérieux ».

Bennett a convoqué la réunion, qui comprenait une série de hauts responsables de l’application de la loi – dont les ministres de la Justice, de la Sécurité Publique et de l’Intérieur, le procureur général et le futur chef du Shin Bet – alors qu’une vague de violence s’abat sur de nombreuses communautés arabes d’Israël. Selon l’organisation à but non lucratif The Abraham Initiatives, 95 Arabes ont été tués jusqu’à présent dans des crimes violents en Israël cette année.

Au cours des dernières années, les Arabes israéliens ont été témoins d’une montée en flèche de la violence : assassinats menés par des gangs en plein jour, coups de feu au domicile de maires locaux, et des milliers d’armes à feu illégales et facilement accessibles.

Selon les responsables gouvernementaux et les experts de la société civile, cette violence est le fruit de décennies de négligence de l’État. Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes ont souvent des infrastructures en ruine, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi, ce qui pousse certains jeunes à collaborer avec le crime organisé.

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