Beitar Illit : Des écoles hassidiques sanctionnées pour violation du confinement
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Beitar Illit : Des écoles hassidiques sanctionnées pour violation du confinement

Le vice-ministre de la Santé qualifie l'ouverture anticipée de ces écoles de "scandale" ; les ultra-orthodoxes sont de plus en plus critiqués pour leur mépris des directives

Photo d'illustration : Un ultra-orthodoxe accompagne son petit garçon à l'école Poalei Menahem Talmud Torah dans l'implantation de Beitar Illit, en Cisjordanie, le 4 septembre 2016. (Crédit :  Nati Shohat/Flash90)
Photo d'illustration : Un ultra-orthodoxe accompagne son petit garçon à l'école Poalei Menahem Talmud Torah dans l'implantation de Beitar Illit, en Cisjordanie, le 4 septembre 2016. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La police a fait fermer un certain nombre d’écoles dans l’implantation de Beitar Illit, en Cisjordanie, qui avaient ouvert leurs portes aux élèves lundi, en violation des règles de confinement.

Plusieurs établissements de Talmud-Torah (des externats haredim accueillant de jeunes garçons) liés aux dynasties hassidiques Slonim et Nadvorna de la ville ont accueilli les élèves, contrevenant en cela aux restrictions imposées par le ministère de la Santé dans le but de limiter la propagation du coronavirus, a fait savoir la Douzième chaîne.

Les directeurs des établissements ont écopé d’une amende de 5 000 shekels pour violation du confinement.

Les membres de la communauté ultra-orthodoxe ont été de plus en plus critiqués, ces dernières semaines, alors que de nombreuses vidéos ont montré un mépris face aux règles de confinement, alors que les libertés étaient largement réduites par les mesures d’urgence dans le reste du pays.

Des manifestants ultra-orthodoxes protestent contre la mise en vigueur des régulations entraînées par le coronavirus à Mea Sharim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le vice-ministre de la Santé, Yoav Kisch, a répondu à l’ouverture des écoles en affirmant que « si c’est vrai, c’est un scandale. La police doit être envoyée là-bas sur le champ pour les faire fermer ».

Le vice-directeur-général du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a annoncé lundi que les plus jeunes élèves devraient pouvoir reprendre le chemin de l’école très prochainement.

Il y a néanmoins une confusion sur la date exacte de réouverture espérée des établissements – cela pourrait avoir pour source possible la volte-face de l’éminent rabbin ultra-orthodoxe Chaim Kanievsky, qui avait appelé à ce que les établissements pour garçons rouvrent ce lundi, avant de revenir sur ses propos quelques heures plus tard.

Selon la Treizième chaîne, à Beitar Illit, les parents avaient reçu pour instruction d’ignorer les directives données par les « autorités laïques » – une référence apparente au ministère de l’Education, qui avait spécifiquement mis en garde contre la réouverture des écoles de la ville.

La communauté ultra-orthodoxe a connu des taux d’infection disproportionnellement élevés au sein de sa population, une évaluation rendue publique la semaine dernière estimant que ces taux étaient trois fois plus élevés chez les Haredim que la moyenne nationale. Ces contaminations, qui avaient grimpé en flèche dans tout le pays, ont entraîné le bouclage actuel du pays – le deuxième à avoir été mis en place cette année. Alors qu’il était initialement prévu que le confinement serait levé à la fin des fêtes de Souccot, les responsables ont indiqué qu’il continuerait au moins une semaine de plus avant un éventuel allègement des restrictions.

Des critiques ont accusé la police d’avoir été réticente à sanctionner les ultra-orthodoxes, tandis que d’autres ont accusé les agents d’avoir recouru à une force excessive à l’encontre des manifestants Haredim et des activistes anti-gouvernementaux qui organisent des manifestations régulières.

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