Belgique : Des organisations juives dénoncent Moshe Friedman, qui use abusivement du titre de « rabbin »
Le militant haredi antisioniste "ne représente aucune de nos organisations", ont affirmé l’EJA et le CCOJB, parmi d’autres
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Plusieurs organisations juives de Belgique et d’Europe ont formellement pris leurs distances avec Moshe Aryeh Friedman, militant haredi antisioniste basé en Belgique et régulièrement présenté dans les médias comme « rabbin » ou « grand rabbin ». L’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, a lui aussi appelé les journalistes et les institutions à ne plus lui attribuer une autorité religieuse ou représentative qu’il ne possède pas.
Dans un communiqué commun publié mercredi 5 août, l’European Jewish Association (EJA), le Forum des organisations juives (FJO), le Centre d’information et de documentation juives (JID) et le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) ont affirmé que Friedman « ne représente aucune de nos organisations », « ne dirige aucune synagogue ou communauté reconnue » et « n’occupe aucune fonction rabbinique reconnue au sein de la communauté juive officielle de Belgique ».
Ces organisations ont également demandé que ses déclarations ne soient pas présentées comme reflétant les positions de « la communauté juive » ou « des rabbins de Belgique ». « Le fait qu’il se présente régulièrement dans les médias comme ‘rabbin’ ou même ‘grand rabbin’ ne change rien à ces faits », ont-elles déclaré. Déjà en 2014, le Consistoire central de Belgique avait déclaré que l’homme n’était pas autorisé à porter le titre de « rabbin » en Belgique.
Une mise au point similaire a été publiée jeudi 6 août par l’ambassade américaine en Belgique. L’ambassadeur, Bill White, a notamment cité Chaim Eisenberg, ancien grand rabbin de Vienne, qui a précisé n’avoir jamais vérifié ni reconnu les qualifications rabbiniques, l’ordination ou le statut de Friedman. « Il n’y a aucune ambiguïté : M. Friedman n’a absolument aucun mandat pour parler au nom de la communauté juive. Il ne parle qu’en son nom propre », a déclaré l’ambassadeur.
Friedman est notamment à l’origine d’une procédure judiciaire concernant la circoncision rituelle juive en Belgique. Le parquet d’Anvers a récemment demandé le renvoi de deux mohalim, chargés de pratiquer les circoncisions, devant le tribunal correctionnel pour des faits qualifiés de « coups et blessures volontaires avec préméditation sur mineurs » et d’« exercice illégal de la médecine », selon l’agence de presse Belga.
Ces dernières semaines, Friedman s’est également fait remarquer par une plainte visant le président américain Donald Trump, en lien avec un cadeau offert par le secteur diamantaire anversois à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis.
Bill White a par ailleurs accusé Friedman de négationnisme et affirmé que ses « mensonges et son négationnisme de la Shoah alimentent l’antisémitisme et nuisent au peuple juif ». Friedman avait en outre participé en 2006 à une conférence organisée à Téhéran par le ministère des Affaires étrangères iranien et consacrée à la remise en question de l’histoire de la Shoah. Il avait alors été photographié aux côtés de l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
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