Ben Gvir annonce le début des travaux d’une potence où « les terroristes seront exécutés »
Le ministre d’extrême droite affirme que des tribunes permettront aux familles de victimes d’assister aux exécutions ; ses récents propos sur Gaza ont suscité un tollé international
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Israël a commencé à construire une potence, a révélé cette semaine le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, plusieurs mois après l’adoption d’une nouvelle loi prévoyant la peine de mort pour les Palestiniens de Cisjordanie reconnus coupables d’attentats terroristes meurtriers.
Dans une vidéo qui a été tournée dans un lieu tenu secret, Ben Gvir montre un chantier où, déclare-t-il, « les terroristes seront exécutés » par pendaison. Il précise que des tribunes seront aménagées afin que les familles des victimes du terrorisme puissent assister aux exécutions.
« Nous tenons nos promesses », se vante le ministre d’extrême droite.
Ben Gvir, qui avait reçu pour son anniversaire cette année un gâteau orné d’un nœud coulant, n’a pas précisé quand l’installation serait achevée.
La loi sur la peine de mort, qui a été approuvée en mars et qui est entrée en vigueur au mois de mai, impose aux tribunaux militaires jugeant des terroristes dont les attentats ont fait des morts de prononcer la peine capitale, à moins qu’ils ne constatent l’existence de circonstances particulières justifiant une peine de réclusion à perpétuité.
Cette législation a été largement condamnée comme discriminatoire, car elle stipule explicitement qu’elle ne s’applique ni aux citoyens israéliens ni aux résidents d’Israël. Elle ne concerne en outre que les procès pour terrorisme relevant de la justice militaire, qui juge les Palestiniens, tandis que les Israéliens relèvent de la justice civile israélienne.
Il n’est toutefois pas certain que cette législation conduise automatiquement à des condamnations à mort. L’obligation de démontrer que l’attentat terroriste a été perpétré dans le but de « nier l’existence de l’État d’Israël ou l’autorité du commandant militaire de la zone » pourrait s’avérer être difficile à satisfaire devant les tribunaux dans de nombreux cas, laissant aux juges la possibilité de prononcer une peine d’emprisonnement à la place.
השר בן גביר מציג את אגף הנידונים למוות ומתקן התלייה שנבנה בימים אלו
בשבועות האחרונים הולך ונבנה במרכז הארץ אגף ייעודי לנידונים למוות, שבמרכזו מתוכנן לקום מתקן תלייה שבו יבוצעו גזרי הדין בהתאם להוראות החוק.
כך זה צפוי להיראות: אגף ייעודי לנידונים למוות, שאליו יועברו מי שנגזר… pic.twitter.com/3m7SRiQ9c1
— NWS news (@nws_report) August 18, 2026
En outre, Israël a adopté en début d’année une loi qui a créé un tribunal militaire spécial chargé de juger les terroristes palestiniens accusés d’avoir commis des atrocités lors du pogrom du 7 octobre 2023.
Ce tribunal pourra poursuivre les terroristes pour tous les crimes pertinents – notamment le génocide au titre de la loi israélienne de 1950 sur la prévention du génocide, l’atteinte à la souveraineté israélienne, le fait de provoquer une guerre, l’aide apportée à un ennemi en temps de guerre, ainsi que des infractions liées au terrorisme en vertu de la loi israélienne de 2016 sur la lutte contre le terrorisme.
Les personnes reconnues coupables de génocide s’exposeraient à la peine de mort.
Bien que la peine de mort existe officiellement dans le droit israélien, elle n’a été appliquée qu’une seule fois : lors de l’exécution, en 1962, du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann.
Ben Gvir condamné pour avoir appelé à tuer « 30 à 40 » ennemis de Gaza par jour
L’annonce de la construction de la potence est intervenue quelques jours après que Ben Gvir a promis à Rom Braslavski, qui avait été retenu à Gaza pendant plus de deux ans par des terroristes palestiniens, qu’il « remuerait ciel et terre » pour permettre à l’ancien otage d’exécuter personnellement son ravisseur.
Au cours du même podcast, Ben Gvir a appelé à tuer « 30 à 40 » personnes par jour dans la bande de Gaza, faisant apparemment référence à des membres du groupe terroriste palestinien du Hamas et à d’autres ennemis d’Israël. Ces propos lui ont valu mercredi les condamnations de l’Allemagne, de la France et des Nations unies.
« Je pense que nous devrions procéder à des éliminations ciblées à Gaza, en éliminant 30 à 40 personnes chaque nuit », a-t-il déclaré.
« Pas seulement ceux qui représentent une menace immédiate. Non, il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre », a-t-il précisé.
« Ils ne devraient pas vivre », a poursuivi Ben Gvir. « Ce ne sont même pas des êtres humains. »
Ben Gvir est membre du cabinet de sécurité, mais il n’a aucune autorité sur l’armée et il ne peut pas ordonner de frappes sur Gaza. Cependant, après avoir évolué pendant des dizaines d’années au sein de la frange de l’extrême droite israélienne, il figure désormais parmi les personnalités les plus influentes du pays.
Il exerce également un contrôle considérable sur des éléments clés de l’appareil de sécurité israélien, notamment sur les prisons du pays, où sont incarcérés des milliers de Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, ainsi que sur la police nationale.
Le chancelier allemand Friedrich Merz « condamne fermement les appels inhumains qui ont été lancés par le ministre Ben Gvir, qui constituent une violation du droit international », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille. « Ils sont inacceptables. »
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également fustigé ces propos, les qualifiant « d’intolérables et inhumains » dans une interview accordée au journal régional La Montagne.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a jugé ces propos « épouvantables ». « Ils sont scandaleux. Ils sont déshumanisants et dangereux », a déclaré son porte-parole.
Lars Klingbeil, vice-chancelier et ministre allemand des Finances, a déclaré mardi, lors d’une interview télévisée, que les propos de Ben Gvir « devaient avoir des conséquences », précisant que d’éventuelles sanctions faisaient l’objet de discussions au niveau européen.
Plusieurs pays européens ont appelé l’UE à sanctionner le ministre d’extrême droite, mais cette proposition n’a pas obtenu l’unanimité requise.
Les appels à sanctionner Ben Gvir se sont multipliés depuis la publication, en mai, d’une vidéo dans laquelle il se moquait de militants ligotés, interpellés par des soldats israéliens à bord d’une flottille humanitaire qui faisait route vers Gaza.
La France a depuis interdit à Ben Gvir l’entrée sur son territoire et elle a appelé l’UE à lui imposer des sanctions.
Mais les sanctions européennes doivent être approuvées par l’ensemble des 27 États membres, et plusieurs pays qui soutiennent fermement Israël ont refusé de se rallier à cette initiative.
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