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Bennett félicite le nouveau chancelier autrichien Nehammer et l’invite en Israël

Les deux dirigeants ont échangé pour la première fois et se sont engagés à maintenir des relations étroites entre Jérusalem et Vienne

Le chancelier autrichien Karl Nehammer s'adresse aux médias lors d'un sommet européen au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 16 décembre 2021. (Crédit : Kenzo Tribouillard, Pool Photo via AP)
Le chancelier autrichien Karl Nehammer s'adresse aux médias lors d'un sommet européen au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 16 décembre 2021. (Crédit : Kenzo Tribouillard, Pool Photo via AP)

Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu jeudi avec le nouveau chancelier autrichien Karl Nehammer.

Bennett a félicité Nehammer pour sa prise de fonction le 6 décembre et l’a remercié pour le soutien autrichien à Israël sur la scène internationale, selon le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

L’appel de jeudi semble être la première conversation directe entre les deux dirigeants depuis que Nehammer a pris ses fonctions.

Ils ont discuté du variant Omicron de la COVID-19, et se sont engagés à poursuivre la coopération étroite entre l’Autriche et Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett à l’aéroport Ben Gurion, le 22 juin 2021. (Crédit : Flash90)

Bennett a invité Nehammer à visiter Israël une fois que l’épidémie d’Omicron se sera calmée.

Le nouveau chancelier autrichien investi lundi est un ancien militaire, sorti du rang pour embrasser une carrière politique chez les conservateurs et aujourd’hui récompensé pour ses qualités de loyauté et d’écoute.

Né en 1972 à Vienne, barbe de trois jours et tempes grisonnantes, Karl Nehammer a d’abord fait ses galons dans l’armée, où il a été nommé lieutenant, tout en militant parallèlement au sein du parti conservateur ÖVP.

Il a ensuite bifurqué vers la communication politique avant d’être élu député en 2017, puis nommé ministre de l’Intérieur en janvier 2020.

Le drapeau israélien hissé sur le bâtiment de la chancellerie autrichienne, à Vienne, le 14 mai 2021. (Crédit : HELMUT FOHRINGER / APA / AFP)

À ce titre, il a dû gérer quelques mois plus tard le premier attentat islamiste survenu en Autriche, qui a fait quatre morts et à l’occasion duquel des défaillances de ses services ont été pointées.

« C’est quelqu’un de très carré », estime le politologue au CNRS Patrick Moreau, spécialiste de l’Autriche. « C’est vraiment l’archétype du militaire », meneur d’hommes tout en se montrant à l’écoute, « avec intelligence ».

Il a notamment su se faire apprécier des ministres écologistes, avec qui il va gouverner. Ensemble, la coalition va devoir vaincre les réticences pour mettre prochainement en place la vaccination obligatoire contre la COVID-19, une première en Europe.

« Contrairement à la réputation qui le précède, il y a beaucoup d’éléments formant une bonne base de travail en commun », a commenté le chef de file des Verts, le vice-chancelier Werner Kogler.

Considéré par les commentateurs comme « loyal » envers sa formation, « authentique », voire « ennuyeux » et de la « vieille école », il avait d’ailleurs intégré le gouvernement sans pour autant être un très proche de Sebastian Kurz, auquel il ne doit rien.

Ce dernier, remplacé pendant quelques semaines par le diplomate de carrière Alexander Schallenberg, a finalement quitté la vie politique après l’émergence de soupçons de corruption à son encontre.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz lors d’une visite au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 10 juin 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Intraitable sur l’asile 

Différent sur le style, Karl Nehammer a pour mission de « regagner la confiance » de la large clientèle électorale séduite par le « populisme » de M. Kurz, désormais « profondément déçue » et tentée par l’extrême droite, selon le quotidien Der Standard.

Pour cela, il ne devrait pas infléchir la direction prise ces dernières années par l’Autriche sur la question migratoire.

Intraitable sur la question du droit d’asile, il a été critiqué par des ONG pour avoir fait expulser des enfants en pleine nuit et voulu renvoyer des Afghans à Kaboul alors que les talibans étaient aux portes du pouvoir.

Mais il devrait « moins jouer la confrontation » que son prédécesseur avec ses partenaires européens, estime Patrick Moreau.

« Il est traditionnel dans ses méthodes de communication et c’est quelqu’un avec lequel on peut parfaitement discuter », ajoute-t-il.

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