Bennett rétropédale sur la question de la prière des Juifs au mont du Temple
Rechercher

Bennett rétropédale sur la question de la prière des Juifs au mont du Temple

Le bureau du Premier ministre a précisé qu'il voulait dire que les Juifs ont la "liberté de visite" et non de culte, après une déclaration qui semblait bouleverser le statu quo

Un membre des forces de sécurité israéliennes monte la garde alors qu'un groupe de Juifs entre sur le Mont du Temple à Jérusalem, lors de la journée de jeûne annuel de Tisha B'Av, le 18 juillet 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Un membre des forces de sécurité israéliennes monte la garde alors qu'un groupe de Juifs entre sur le Mont du Temple à Jérusalem, lors de la journée de jeûne annuel de Tisha B'Av, le 18 juillet 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le bureau du Premier ministre Naftali Bennett est revenu lundi sur des commentaires qui semblaient marquer un changement radical par rapport à la politique israélienne consistant à maintenir le statu quo sur le mont du Temple, point névralgique de Jérusalem, en affirmant que le Premier ministre avait voulu dire que les Juifs et les Musulmans ont tous deux « la liberté de droit de visite » sur le lieu saint.

Le bureau du Premier ministre a déclaré à la radio militaire que Bennett s’était mal exprimé dimanche lorsqu’il a dit que les juifs et les musulmans avaient « la liberté de culte » sur le mont du Temple, ce qui constituerait un changement potentiellement explosif après des décennies pendant lesquelles les juifs n’ont été autorisés qu’à visiter le site, mais pas à y prier.

Le bureau du Premier ministre a précisé au média que le statu quo resterait en vigueur sur le site.

Le mont du Temple est le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abritait les deux anciens temples juifs. Il abrite également le troisième lieu saint de l’islam, la mosquée Al-Aqsa, et constitue depuis longtemps un point de friction entre Israéliens et Palestiniens.

Si les juifs peuvent se rendre sur le site dans la Vieille Ville de Jérusalem, le statu quo prévoit qu’il est interdit aux non-musulmans d’y prier. Le monde musulman s’oppose farouchement à tout changement de ce statut, ce qui a provoqué des manifestations meurtrières et des dénonciations furieuses de la part des gouvernements arabes.

Mais dimanche, à l’occasion de Tisha BeAv, une journée qui marque la destruction des premier et deuxième temples juifs qui se trouvaient sur le mont, et alors que des affrontements ont eu lieu sur le site, Bennett a fait une déclaration qui semblait être en désaccord avec cette politique.

Le Premier ministre Naftali Bennett préside la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 11 juillet 2021. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool via AP)

« Le Premier ministre a remercié le ministre de la Sécurité intérieure et l’inspecteur général de la police israélienne pour avoir géré les événements sur le mont du Temple avec responsabilité et considération, tout en maintenant la liberté de culte des Juifs sur le mont », poursuit le communiqué du bureau du Premier ministre, publié en anglais et en hébreu.

Le communiqué ajoute que Bennett a souligné que « la liberté de culte sera également préservée pour les musulmans », notant que la fête islamique de l’Aïd al-Adha avait lieu cette semaine.

La déclaration, publiée en anglais et en hébreu, est intervenue au lendemain d’un reportage de la Douzième chaîne selon lequel des groupes de juifs pratiquants se sont rendus sur le mont du Temple au cours des derniers mois et y ont prié tranquillement sans être interrompus par la police. Le reportage télévisé a qualifié cet évènement de « révolution qui se déroule progressivement en toute discrétion ».

Des forces de sécurité israéliennes se dirigent vers l’une des entrées du Mont du Temple pendant le jour de jeûne de Tisha BeAv, le 18 juillet 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, a ensuite insisté sur le fait qu’il n’y a aucun changement dans l’interdiction de la prière juive sur le mont du Temple.

Barlev a ensuite confirmé à la Treizième chaîne que « si des Juifs priaient sur le mont du Temple, c’était certainement contraire à la loi ».

« Je pense que la formulation [de la déclaration du Premier ministre] était erronée » et que le bureau du Premier ministre avait voulu souligner la liberté d’accès des Juifs au mont du Temple malgré « toutes les complexités » du site dimanche, a-t-il ajouté. « Il y avait une liberté de mouvement » pour les Juifs visitant le mont du Temple le jour de Tisha BeAv, a-t-il expliqué.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...