Bennett parle de « liberté de culte » pour les Juifs sur le mont du Temple
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Bennett parle de « liberté de culte » pour les Juifs sur le mont du Temple

Il n'y a aucun changement au statu quo, insiste un porte-parole; le parti islamiste Raam, Amman, Le Caire et Ankara dénoncent un raid policier sur le site

Le Premier ministre Naftali Bennett préside la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 11 juillet 2021. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool via AP) 
Le Premier ministre Naftali Bennett préside la réunion hebdomadaire du cabinet, à Jérusalem, le 11 juillet 2021. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool via AP) 

Le Premier ministre Naftali Bennett a souligné dimanche « la liberté de culte pour les Juifs sur le mont [du Temple] », dans une déclaration qui semble être en contradiction avec le statu quo sur le mont, en vertu duquel les Juifs sont autorisés à le visiter mais pas à y prier.

M. Bennett vient de s’entretenir avec le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, et le commissaire de police, Kobi Shabtai, après que plus de 1 600 Juifs se sont rendus ce dimanche sur le mont du Temple pour marquer le jeûne de Tisha BeAv, et après des affrontements survenus au cours de la nuit, selon un communiqué publié par le bureau du Premier ministre.

« Le Premier ministre a remercié le ministre de la Sécurité publique et l’inspecteur général de la police israélienne pour avoir géré les événements sur le mont du Temple avec responsabilité et considération, tout en maintenant la liberté de culte des Juifs sur le mont », poursuit le communiqué du bureau du Premier ministre, publié en anglais et en hébreu.

Le communiqué ajoute que Bennett a souligné que « la liberté de culte sera également préservée pour les musulmans », notant que la fête islamique de l’Aïd al-Adha a lieu cette semaine.

Le parti Raam a condamné l’ascension de centaines de « colons » juifs sur le mont du Temple ce dimanche matin dans le cadre du jeûne de Tisha BeAv. « La mosquée Al-Aqsa, dans ses 14 hectares, est la propriété exclusive des musulmans, et personne d’autre n’y a droit », a déclaré le parti islamiste dans une déclaration conjointe avec son organisation mère, le Mouvement islamique en Israël.

Les autorités « ont permis aux fonctionnaires et aux membres de la Knesset de prendre d’assaut Al-Aqsa, d’accomplir des prières, d’accomplir des rituels religieux et de déclamer l’hymne national israélien de l’Hatikva dans les cours de la mosquée Al-Aqsa bénie », a déclaré Raam, énumérant un certain nombre d’actions que les membres considèrent comme des provocations.

« Les événements qui pourraient en résulter pourraient envenimer la situation à Jérusalem et dans toute la région, conduisant à une guerre de religion catastrophique », a estimé Raam.

« La lente fracture du statu quo sur le site d’Al-Aqsa ne contribue à rien d’autre qu’à l’instabilité de la région et de la coalition », a tweeté Issawi Frej, membre du parti de gauche Meretz.

Le Times of Israel a demandé au bureau du Premier ministre de préciser si cette déclaration marquait un changement de politique, et attend une réponse.

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, a ensuite insisté sur le fait qu’il n’y a aucun changement dans l’interdiction de la prière juive sur le mont du Temple.

Les Juifs sont en effet autorisés à se rendre sur le mont du Temple sous de nombreuses restrictions, mais il leur est interdit d’y prier.

Toutefois, un reportage télévisé a indiqué que la police avait discrètement autorisé samedi soir la pratique de certains cultes juifs sur le site de la Vieille Ville de Jérusalem, qui est le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième lieu saint de l’islam.

Le bureau du Premier ministre avait plus tôt publié un tweet en arabe promettant la liberté de culte pour les musulmans sur le mont du Temple. Ofir Gendelman, le porte-parole en langue arabe du bureau du Premier ministre, a publié un tweet affirmant que la liberté de culte sur le mont du Temple sera entièrement préservée pour les musulmans lors de la prochaine fête de l’Aïd al-Adha cette semaine.

« Les actions israéliennes contre la mosquée sont rejetées et condamnées, et représentent une violation du statu quo historique et juridique, du droit international et des obligations d’Israël en tant que puissance occupante à Jérusalem-Est », a déclaré un porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères dans un communiqué, diffusé par l’agence de presse officielle Petra. Le porte-parole a déclaré qu’une lettre de protestation avait été envoyée à Israël.

L’Egypte a aussi condamné un raid de la police israélienne sur le mont du Temple qui a été suivi par l’ascension de centaines de Juifs israéliens vers le lieu saint pour marquer le jeûne de Tisha BeAv. Le Caire a dénoncé « les violations renouvelées de la mosquée bénie d’Al-Aqsa par des extrémistes israéliens sous la protection des forces israéliennes », selon un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

« Les forces de sécurité israéliennes ont une fois de plus violé le caractère sacré d’al-Haram al-Sharif en autorisant des groupes juifs racistes à faire un raid sur la mosquée al-Aqsa, en attaquant des civils palestiniens priant dans la région et en détenant des civils palestiniens, y compris des enfants et des femmes, ce qui a donné lieu à des images qui a offensé la dignité humaine », lit-on dans un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. « La poursuite de telles provocations… est extrêmement dangereuse, » conclut-il.

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