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Bennett s’entretient sur CNN au sujet des tensions à Jérusalem

"In fine, ma plus grande responsabilité est d'assurer la sécurité du peuple israélien" ; le Premier ministre rappelle également que Zelensky lui a demandé de rencontrer Poutine

Christiane Amanpour de CNN interviewe le Premier ministre Naftali Bennett le 20 avril 2022. (Crédit: Capture d'écran : YouTube)
Christiane Amanpour de CNN interviewe le Premier ministre Naftali Bennett le 20 avril 2022. (Crédit: Capture d'écran : YouTube)

Mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett a eu un échange tendu avec la présentatrice de CNN Christiane Amanpour au sujet du conflit israélo-palestinien et de la prise en charge par Israël des récents affrontements sur le mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem.

Au cours de cette interview, Amanpour a demandé à Bennett pourquoi la police israélienne se permettait d’entrer dans la mosquée al-Aqsa, qui est située sur le mont du Temple. Elle a rappelé qu’une telle incursion était susceptible de heurter la sensibilité des Palestiniens et des musulmans de manière plus générale.

« Nous y voilà une nouvelle fois : Vous oubliez la première partie de l’histoire », a-t-il déclaré.

Se référant aux affrontements qui ont eu lieu vendredi dernier sur le mont du Temple, le troisième site le plus sacré de l’islam et le site plus saint du judaïsme, Bennett a noté que la police était entrée dans la mosquée après des jets de pierre en direction des forces de l’ordre.

« Ma responsabilité en tant que Premier ministre d’Israël est d’assurer la liberté de culte pour tous à Jérusalem, y-compris pour les musulmans, c’est la raison pour laquelle j’ai dû envoyer des policiers pour chasser les émeutiers et cela a fonctionné », a-t-il déclaré.

« Face à la violence, il faut être dur », a-t-il ajouté.

En réponse à la phrase « Nous y voilà une nouvelle fois » de Bennett, Amanpour a cité les propos tenus par le chef du commandement central, le général de division Yehuda Fuchs, auprès du New York Times en février, lorsqu’il avait exprimé ses inquiétudes concernant le « terrorisme des résidents d’implantation » à la suite d’une recrudescence des violences et des actes de vandalisme de la part des résidents d’implantation en Cisjordanie. Fuchs est responsable des troupes dans la région.

« La Cisjordanie est occupée depuis 1967, les résidents d’implantation sont autorisés à s’y trouver. C’est une minorité, je le sais, mais ils sont là et ils sont violents », a-t-elle déclaré.

La présentatrice de CNN a ensuite de nouveau évoqué les paroles prononcées par Fuchs et a demandé à Bennett de répondre au commandant de Tsahal, qui avait déclaré que son travail était de protéger à la fois les Israéliens et les Palestiniens.

« L’hypothèse dont vous partez ici est manifestement fausse », a-t-il déclaré. « C’est un mensonge, c’est tout simplement un mensonge. »

« Non, monsieur, vous ne pouvez pas me dire cela », a-t-elle rétorqué.

« Eh bien, vous déformez les faits… Je parle, moi, d’une infime minorité, et je m’oppose [à] la symétrie que vous essayez de créer ici », a-t-il dit.

Des soldats israéliens se tiennent entre des Palestiniens et des résidents d’implantation juifs à la suite d’une attaque de résidents d’implantation contre le village de Burqa, en Cisjordanie, le 17 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Bennett a affirmé que sur les centaines de milliers d’Israéliens qui vivent dans les implantations de Cisjordanie, « il y en a quelques centaines, peut-être même moins, qui ont pu par moments utiliser la violence ».

« Mais qui se fait assassiner ? Nous voyons des Palestiniens assassiner des Israéliens. Nous ne voyons pas des Israéliens assassiner des Palestiniens, et c’est la raison pour laquelle il est impossible de faire une symétrie ici », a-t-il ajouté. « Je ne suis pas d’accord : ce ne sont pas des territoires occupés, ce sont des territoires disputés et nous revendiquons nos terres, tout comme ils le font. »

« Mais je comprends. Personne n’ira nulle part. Nous devrons trouver comment vivre ensemble. Et ça, c’est mon travail. Assurer la sécurité des Israéliens, la dignité des Palestiniens. Je travaille très dur dans cet objectif et nous obtenons des résultats », a poursuivi Bennett.

« Le problème est que les dirigeants palestiniens sont totalement corrompus, incompétents ; nous devons faire le travail parce qu’il n’y a personne avec qui travailler de l’autre côté, et… en effet, nous créons des emplois, de meilleurs emplois, mais in fine, ma plus grande responsabilité est d’assurer la sécurité du peuple israélien. »

Les émeutiers palestiniens jettent un cocktail molotov depuis l’intérieur de la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple, le 20 avril 2022. (Crédit : Capture d’écran MFA Twitter, utilisée conformément à la Clause 27a de la loi sur le copyright)

Amanpour a ensuite abordé le sujet de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et a noté les efforts de médiation d’Israël, avant de demander à Bennett où en étaient les choses actuellement.

« Je suis au service du président [ukrainien] [Volodymyr] Zelensky, qui décidera lui-même quand il souhaitera que nous reprenions une médiation sérieuse. En fin de compte, c’est lui qui doit décider du sort de son propre pays », a-t-il déclaré.

« À plusieurs reprises, il nous a demandé de rencontrer le président [russe] [Vladimir] Poutine pour résoudre des problèmes locaux ou pour tenter de mettre fin à la guerre », a ajouté Bennett, faisant référence à son voyage à Moscou début mars.

« J’espère que nous verrons la fin de la guerre le plus tôt possible, mais ça ne s’annonce pas très bien. »

En conclusion de l’interview, Amanpour a demandé si Bennett pouvait adopter la même « posture » à l’égard de Moscou – à la suite des atrocités présumées perpétrées par la Russie comme celles commises dans la banlieue de Kiev, à Boutcha – que le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, qui a pris l’initiative de condamner la Russie alors que le Premier ministre s’est toujours abstenu de le faire publiquement.

« En réalité, nous avons condamné l’agression faite par la Russie à plusieurs reprises », a-t-il déclaré. « Je sais que pour assurer la médiation plus tard, au bon moment, nous devons également continuer à préserver les lignes de communication avec la Russie. »

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