Benny Gantz : Menachem Begin aurait viré Netanyahu du Likud
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Benny Gantz : Menachem Begin aurait viré Netanyahu du Likud

Pour le chef de Kakhol lavan, l'icône politique et fondateur du Likud n'aurait pas toléré les "divisions" et les propos "mensongers" de la campagne électorale du Premier ministre

Le général à la retraite de l'armée israélienne Benny Gantz, l'un des dirigeants de l'alliance politique Kakhol lavan, s'adresse aux membres de la communauté druze d'Israël dans la ville de Daliyat al-Karmel dans le nord d'Israël, le 7 mars 2019. (JACK GUEZ / AFP)
Le général à la retraite de l'armée israélienne Benny Gantz, l'un des dirigeants de l'alliance politique Kakhol lavan, s'adresse aux membres de la communauté druze d'Israël dans la ville de Daliyat al-Karmel dans le nord d'Israël, le 7 mars 2019. (JACK GUEZ / AFP)

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a fustigé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sa rhétorique de campagne de plus en plus incendiaire, qui a suscité des accusations de racisme et d’incitation.

Gantz, le principal rival électoral de Netanyahu, a déclaré que l’iconique fondateur du Likud et ancien Premier ministre Menachem Begin – dont la mort le 9 mars 1992 a été commémorée par le parti Likud de Netanyahu lundi matin – aurait déjà « exclu [Netanyahu] du parti ».

« Soyons honnêtes, [Begin] ne serait pas compatible avec le Likud de Netanyahu, il serait considéré comme un ennemi d’Israël », a déclaré Gantz dans un message sur Facebook. « Comment les vidéos de campagne de Netanyahu, fausses et incitatrices, seraient-elles perçues par Begin aujourd’hui ? »

Il a qualifié Begin d’“humble patriote israélien et leader de droite” qui était « indigné par les kahanistes, a défendu la démocratie israélienne, a maintenu la sécurité et a cherché la paix ».

Gantz a dit que l’“héritage fédérateur” de Begin n’avait rien à voir avec le « régime d’incitation et de division de Netanyahu ».

Netanyahu, sous la menace d’une mise en accusation pour corruption, est confronté à un défi de taille de la part de l’alliance politique centriste dirigée par Gantz et l’ancien ministre des Finances Yair Lapid.

Prime Minister Menachem Begin (L) with President Jimmy Carter (C) and President Anwar Sadat of Egypt at Camp David in September 1978. (photo credit: CC BY-SA Jeff Kubina, Flickr)
Le Premier ministre Menachem Begin (à gauche) avec le président américain Jimmy Carter (au centre) et le président égyptien Anwar Sadat à Camp David en septembre 1978. (Crédit : CC BY-SA Jeff Kubina/Flickr)

S’effondrant dans les sondages depuis l’annonce de son inculpation, la campagne électorale de Netanyahu a été dominée par ses attaques incendiaires contre les médias, les opposants politiques et la minorité arabe en Israël.

Netanyahu a cherché à dépeindre Gantz comme un candidat qui introduirait un gouvernement de gauche « faible » avec le soutien des partis arabes de la Knesset, qui sont considérés par beaucoup à droite comme déloyaux envers l’Etat juif.

Dans des vidéos diffusées sur ses comptes de réseaux sociaux, Netanyahu affirme fréquemment que Kakhol lavan va forger des alliances avec des partis arabes dans le but de le chasser du pouvoir et va faire des concessions importantes aux Palestiniens.

Il a également fait l’objet de nombreuses critiques pour avoir courtisé des extrémistes anti-arabes dans l’espoir d’améliorer ses chances de réélection. Le mois dernier, il a joué un rôle déterminant dans la négociation d’un pacte d’unité controversé entre le parti HaBayit HaYehudi et l’extrémiste Otzma Yehudit, afin d’augmenter le nombre de sièges détenus par les partis de droite après les élections, en vue de son prochain gouvernement de coalition potentiel.

Dans le cadre de l’accord, Netanyahu a offert au parti fusionné un siège sur la liste de candidats de son parti, le Likud, et lui a garanti deux postes ministériels en cas de victoire.

La direction d’Otzma Yehudit est composée de disciples du rabbin d’origine américaine Meir Kahane, dont le parti juif suprématiste Kach a été interdit par la loi israélienne pour incitation anti-arabe et déclaré plus tard groupe terroriste.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion de la faction du Likud au Menachem Begin Heritage Center à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, Netanyahu a fait l’objet de nouvelles critiques pour avoir dit qu’Israël « n’était pas un État de tous ses citoyens » en référence à la population arabe du pays.

Netanyahu se lançait dans un échange houleux sur les réseaux sociaux avec Rotem Sela, animatrice de télé-réalité, après avoir dénoncé la rhétorique anti-arabe du Likud, son parti.

Bien qu’il ait noté que tous les citoyens israéliens, y compris les Arabes, ont des droits égaux en vertu de la loi, M. Netanyahu, dans ses commentaires, a fait référence à un texte législatif très controversé adopté l’année dernière, déclarant Israël État-nation du peuple juif.

« Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens », a-t-il écrit dans un post sur Instagram en réponse aux commentaires de Sela. « Selon la loi fondamentale sur la nationalité que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif ».

Lundi, Netanyahu a riposté aux critiques croissantes de ses propos, déclarant aux députés du Likud qu’un Lapid Premier ministre était une perspective « catastrophique ».

« Nous savons bien ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », a-t-il déclaré lors d’une réunion de faction du Likud qui s’est tenue au Menachem Begin Heritage Center de Jérusalem pour commémorer l’anniversaire de la mort du fondateur du Likud.

« Les gens ne comprennent pas qu’un vote pour Gantz-Lapid est en fait un vote pour Lapid en tant que Premier ministre », a dit Netanyahu.

Benny Gantz échange avec une femme lors d’une rencontre avec des membres de la communauté druze d’Israël, dans la ville de Daliyat al-Karmel dans le nord du pays, le 7 mars 2019, dans le cadre de sa campagne électorale. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

La semaine dernière, M. Gantz s’est adressé aux communautés druzes du nord d’Israël, disant à la minorité arabophone que son parti travaillerait pour défendre l’égalité en Israël.

Dans une référence apparente à la loi controversée de l’État-nation, que de nombreux Druzes et Arabes israéliens ont qualifié de discriminatoire, Gantz a déclaré que son parti a « entendu et écouté votre aspiration très fondamentale à l’égalité ».

« Malheureusement, il y a des éléments d’extrême droite et d’extrême gauche qui tentent de diviser la société israélienne », a déclaré M. Gantz jeudi lors d’une visite dans la ville de Daliyat al-Karmel. « Nous présenterons aux citoyens de l’État d’Israël une alliance d’espoir ».

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