Bernard-Henri Lévy : « Daech est faible »
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Bernard-Henri Lévy : « Daech est faible »

Actuellement en Israël pour présenter son film 'Peshmerga', le philosophe soutient le gouvernement français dans sa lutte contre le terrorisme

Bernard-Henri Levy à l'université de Tel Aviv en 2011 (Crédit : CC BY-SA Itzike, Wikipedia)
Bernard-Henri Levy à l'université de Tel Aviv en 2011 (Crédit : CC BY-SA Itzike, Wikipedia)

Le philosophe français est actuellement en Israël pour présenter son nouveau documentaire Peshmerga qu’il présentera ce soir en avant-première au Musée d’Art de Tel Aviv.

De juillet à décembre 2015, avec une équipe de cinéma, Bernard-Henri Lévy a remonté les 1 000 kilomètres de la ligne de front qui sépare le Kurdistan irakien des troupes de l’État islamique.

De ce voyage est issu un journal de bord en images qui offre un point de vue privilégié sur une guerre inachevée mais dont les enjeux concernent le monde entier.

A l’occasion de cette projection, Bernard-Henri Lévy a répondu aux questions du Times of Israël.

Que retirez-vous de ces 6 mois passés au coeur de cette guerre sur la ligne de front qui sépare le Kurdistan irakien des troupes de l’État islamique ?

La conviction que Daech est faible. Nous avons filmé cette guerre comme nul, je crois, ne l’avait filmée jusqu’ici.

Nous avons filmé, en particulier, les six combats qui se sont échelonnés pendant la durée de notre tournage, soit entre le 1er juillet et le 1er décembre 2015.

Et le scénario fut chaque fois le même : vaillance des Kurdes et pleutrerie de Daech ; les Peshmergas qui avancent et les jihadistes qui se débandent ; des jihadistes qui sont peut être de « bons » terroristes mais qui sont assurément de piètres soldats.

C’est, clairement, l’une des leçons du film.

« La conviction que Daech est faible »

Bernard-Henry Lévy 

Pourquoi est-il important, selon vous, de diffuser le documentaire Peshmerga en Israël ?

Parce qu’il y a une alliance naturelle entre les Peshmergas et Israël.

C’est le seul pays de la région où l’on est demandeur de cette alliance. C’est le seul où, de manière presque unanime, l’on tient, son nom, le nom d’Israël, comme un nom, non d’infamie, mais de gloire.

C’est le seul pays du monde qui soit à majorité musulmane et où l’on soit si puissamment fier de la proximité, non seulement avec Israël, mais avec les juifs même. Cela aussi le film le montre.

On peut imaginer un nouveau Proche-Orient dont Israël et le Kurdistan seraient deux pôles de stabilité.

Concernant votre documentaire vous avez déclaré : « Il est important de montrer cette histoire, car la clé du Bataclan, la clé de l’Hyper Cacher, de Charlie Hebdo, elle est là, dans ce lieu que nous avons filmé ». Pouvez-vous détailler cette idée ?

Tous ces terroristes, tous ces tueurs, le chauffeur du camion fou de Nice par exemple, ou les jihadistes de Dacca, de Bamako, de Bruxelles, fonctionnent au mimétisme, au désir mimétique.

L’image de Daech fonctionne, si vous préférez, comme un modèle, un aimant, un nom « honorable » et qu’il conviendrait d’honorer par son propre sacrifice. C’est cette mécanique qu’il faut casser. C’est cette exemplarité qu’il faut conjurer.

Il faut rompre avec l’imagerie d’un Etat islamique vaillant, voire héroïque et qu’il conviendrait d’admirer pour cela, auquel il conviendrait de s’identifier. C’est l’un des sens du film.

Au lendemain du terrible attentat de Nice, les médias français mettent en lumière le système de défense israélien qui permet aux citoyens de continuer à vivre malgré la terreur. Que pensez-vous de l’attitude de la France ?

Je pense que c’est trop facile de jeter la pierre à nos services de sécurité et de police. Et je suis convaincu que nul ne ferait mieux, dans les mêmes circonstances, que messieurs Cazeneuve et Valls.

Après, Israël ? Bien sûr qu’Israël a vécu tout cela avant nous. Et bien qu’il y a des leçons à tirer, en Israël, et face à l’exemple d’Israël, quant à la façon de traiter cette menace.

Le plus important, pour moi, c’est la façon dont les Israéliens ont su combiner état d’urgence et respect des valeurs démocratiques.

Bernard-Henry Lévy

Le plus important, pour moi, c’est la façon dont les Israéliens ont su combiner état d’urgence et respect des valeurs démocratiques.

C’est l’exemple assez extraordinaire d’un pays qui vit en état d’urgence depuis, non pas 60 jours, mais 67 ans et qui reste, néanmoins, fidèle à ses valeurs et á ses principes.

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