Bernie Sanders : on peut soutenir Israël sans appuyer son gouvernement « raciste »
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Bernie Sanders : on peut soutenir Israël sans appuyer son gouvernement « raciste »

Le candidat démocrate a indiqué que les États-Unis devaient œuvrer à rassembler Israéliens et Palestiniens, ajoutant qu'en tant que Juif, le sujet "lui tient à cœur"

Le candidat à l'investiture démocrate à la présidence Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont, lors d'un événement de campagne à l'université du Nevada, à Las Vegas, le 18 février 2020 (Crédit :  AP Photo/Patrick Semansky)
Le candidat à l'investiture démocrate à la présidence Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont, lors d'un événement de campagne à l'université du Nevada, à Las Vegas, le 18 février 2020 (Crédit : AP Photo/Patrick Semansky)

Le gouvernement israélien est raciste et ne doit pas forcément être soutenu par ceux qui appuient les Israéliens et qui veulent la paix, a déclaré le candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders durant un événement de CNN à la mairie de Las Vegas.

Le sénateur du Vermont répondait aux questions du public aux côtés d’autres candidats à l’investiture démocrate, Pete Buttigieg et la sénatrice Amy Klobuchar.

Actuellement en tête dans les primaires, il a été interrogé sur la question suivante : « A quoi ressembleraient les relations entre Israël et les États-Unis sous votre administration ? ».

« Être pour le peuple israélien et être pour la paix au Moyen-Orient ne signifie pas que nous devions nécessairement soutenir le gouvernement raciste de droite qui existe actuellement en Israël », a répondu Bernie Sanders, déclenchant les applaudissements du public.

Indiquant que ce sujet lui « tient fortement à cœur en tant que Juif, avec cette conscience des grandes souffrances endurées par notre peuple au fil des années », le candidat a ajouté que la politique étrangère américaine dans la région devait consister à « rassembler les Israéliens, à rassembler les Palestiniens sous la bannière de la justice ».

La politique américaine, a-t-il continué, « ne peut pas simplement être une politique qui se contente de dire que nous sommes pro-Israël et que nous ignorons les besoins des Palestiniens ».

Il faisait apparemment référence au plan de résolution du conflit israélo-palestinien du président Donald Trump, dont le contenu a été révélé le mois dernier à la Maison Blanche. Le plan est considéré comme favorisant les demandes de l’État juif et a été rejeté tout de go par les Palestiniens.

Pour leur part, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son principal adversaire aux prochaines élections, Benny Gantz, leader de Kakhol lavan et député, ont tous deux fait savoir qu’ils présenteraient le plan Trump à l’approbation de la Knesset.

Bernie Sanders s’était déjà référé, dans le passé, au gouvernement de Netanyahu et au Premier ministre comme étant « racistes ».

Au mois d’avril 2019, lors d’un autre événement organisé par CNN, il avait décrit l’approche adoptée par Netanyahu vis-à-vis des Palestiniens comme étant « oppressive » et déclaré qu’Israël était « dorénavant dirigé par un gouvernement de droite et – oserais-je dire – un gouvernement raciste ».

Lors du cinquième débat démocrate entre les candidats qui espèrent se mesurer à Trump en novembre 2020 et qui a eu lieu au mois de décembre dernier, le candidat juif avait expliqué que « nous devons maintenant comprendre qu’en Israël, nous avons un leadership placé sous Netanyahu… qui, de mon point de vue, est un raciste ».

Mardi, le démocrate socialiste s’en est également pris à l’Arabie saoudite dont le dirigeant de facto, Mohammed Ben Salmane, est lié à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, commis au consulat saoudien d’Istanbul l’année dernière.

« Pendant des années, nous avons adoré l’Arabie saoudite, notre merveilleuse alliée ; le seul problème, c’est que ceux qui dirigent ce pays sont des voyous meurtriers », a-t-il dénoncé.

Dans le cadre de sa campagne, Sanders a mis en exergue sa judéité, diffusant une vidéo dans laquelle il clame être « très fier d’être juif » et être impatient de « devenir le premier président juif de l’histoire de ce pays ».

Au cours de sa campagne à l’investiture démocrate, en 2016, Sanders avait d’abord été très réticent à mentionner ses origines juives – même s’il avait été le premier candidat juif d’une formation politique majeure à gagner une course à la nomination.

Le sénateur a appelé à plusieurs reprises les États-Unis à conditionner leur aide à Israël pour tenter d’obliger le gouvernement à ne plus développer les implantations en Cisjordanie et à ne plus prendre d’initiatives considérées comme des obstacles aux relations israélo-palestiniennes.

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