Israël en guerre - Jour 147

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Blinken : Le 7 octobre ne doit plus jamais se reproduire ; le bilan à Gaza est « trop lourd »

Le chef de la diplomatie américaine a imputé au groupe terroriste la responsabilité de toutes les souffrances induites par le guerre, affirmant qu'il aurait pu mettre fin à la guerre le 8 octobre en libérant les otages

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 janvier 2024. (Crédit : Lazar Berman / The Times of Israel)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 janvier 2024. (Crédit : Lazar Berman / The Times of Israel)

Au début de sa conférence de presse à Tel Aviv mardi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a commencé par établir des parallèles entre Israël et les Palestiniens qui subissent les effets de la guerre.

Il a évoqué les familles des otages détenus par le Hamas à Gaza, pour qui chaque minute passée loin de leurs proches « est une éternité », ainsi que les centaines de milliers de civils de Gaza confrontés à une « insécurité alimentaire aiguë ».

Il a ajouté qu’Israéliens et Palestiniens ont perdu « des êtres chers innocents ».

« Nous restons aux côtés d’Israël pour faire en sorte que le 7 octobre ne se reproduise jamais », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de rapatrier les otages restants, de « résoudre la crise humanitaire », de « renforcer la protection des civils à Gaza » et « d’empêcher que le conflit ne s’étende ».

Les États-Unis « travaillent de toute urgence pour ouvrir la voie à une paix et une sécurité durables dans cette région », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que l’accusation de génocide portée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice détourne l’attention de tous ces efforts.

En outre, Blinken a précisé que cette accusation était « sans fondement », a-t-il dit, la qualifiant de « particulièrement exaspérante » parce que « le Hamas, le Hezbollah, les Houthis et leur soutien, l’Iran, continuent d’appeler ouvertement à l’anéantissement d’Israël et à l’assassinat massif des Juifs ».

Partout où il s’est arrêté dans la région, les dirigeants qu’il a rencontrés ont souligné leur inquiétude face à l’élargissement du conflit et se sont tous engagés à user de leur influence pour tenter « d’empêcher l’escalade et de dissuader l’ouverture de nouveaux fronts », a indiqué Blinken.

Tous les dirigeants ont également exprimé leur inquiétude face à la « situation humanitaire désastreuse et au nombre de civils tués à Gaza ».

Il a reconnu que la lutte contre le Hamas, qui se cache parmi les civils et « tire à partir d’écoles et d’hôpitaux », constitue un « défi incroyable » pour Israël. « Mais le nombre de victimes quotidiennes parmi les habitants de Gaza, en particulier les enfants, est beaucoup trop élevé ».

Israël a progressé dans l’acheminement de l’aide à Gaza, mais « 90 % de la population de Gaza reste confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, selon les Nations unies », a-t-il relevé.

Un camion d’aide du côté égyptien du poste frontière de Rafah attend de passer dans le sud de la bande de Gaza, le 6 décembre 2023. (Crédit : AFP)

« Plus de nourriture, plus d’eau, plus de médicaments et d’autres biens essentiels » doivent être acheminés à Gaza, et doivent parvenir aux personnes qui en ont besoin, ajoute-t-il, tout en soulignant qu’Israël doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour permettre à l’aide d’être acheminée « en toute sécurité » dans la bande de Gaza.

Il a évoqué le « rôle indispensable » des Nations unies pour répondre aux besoins humanitaires de Gaza. « Il n’y a tout simplement pas d’autre solution. »

Il a salué des « progrès significatifs » dans la campagne militaire israélienne, tout en rappelant qu’Israël est passé à une nouvelle phase de « moindre intensité » dans le nord de la bande de Gaza et réduit ses forces dans cette zone.

Il a déclaré que ses hôtes israéliens et lui-même se sont mis d’accord sur un nouveau plan dans le cadre duquel les Nations unies mèneront « une mission d’évaluation » afin de déterminer ce qui doit être fait pour « permettre aux Palestiniens déplacés de rentrer chez eux en toute sécurité dans le nord ».

« Cela ne se fera pas du jour au lendemain », a-t-il précisé, citant de « sérieux obstacles en matière de sécurité, d’infrastructures et d’aide humanitaire ».

« Mais cette mission d’évaluation de l’ONU permettra de lancer le processus », a-t-il dit.

« Les civils palestiniens doivent pouvoir rentrer chez eux dès que les conditions le permettent », a-t-il ajouté, précisant qu’ils ne doivent pas être « contraints de quitter Gaza ».

Blinken a dit à Netanyahu que « les États-Unis rejettent sans équivoque toute proposition préconisant l’installation de Palestiniens en dehors de Gaza », et que le Premier ministre « m’a réaffirmé aujourd’hui que ce n’était pas la politique du gouvernement israélien ».

En ce qui concerne la frontière nord et les attaques du Hezbollah, les États-Unis soutiennent Israël dans la sécurisation de sa frontière nord et s’engagent à trouver une solution diplomatique pour éviter l’escalade « et permette aux familles de rentrer chez elles – de vivre en sécurité dans le nord d’Israël et le sud du Liban ». Près de 80 000 Israéliens vivant dans le nord ont été déplacés.

Des volutes de fumée se dégageant après une frappe aérienne israélienne sur le village de Kfar Kila, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 9 janvier 2024. (Crédit : Rabih Daher/AFP)

Blinken a affirmé que tous les alliés régionaux des États-Unis qu’il a rencontrés lors de ce voyage lui ont dit que la paix avec Israël était réalisable, qu’ils « sont prêts à soutenir une solution durable qui mette fin au long cycle de violence et garantisse la sécurité d’Israël », mais ils ont souligné que cela ne pouvait se faire que par le biais d’une « approche régionale intégrée qui inclut la voie vers un État palestinien ».

« Ces objectifs sont réalisables, mais seulement s’ils sont poursuivis ensemble. Cette crise a montré que l’un ne va pas sans l’autre et qu’il est impossible d’atteindre l’un ou l’autre de ces objectifs sans une approche régionale intégrée », a-t-il dit.

« Pour que cela soit possible », a poursuivi Blinken, « Israël doit être un partenaire des dirigeants palestiniens qui sont disposés à ce que leur peuple vive côte à côte dans la paix avec Israël et en tant que voisins. Et Israël doit cesser de prendre des mesures qui compromettent la capacité des Palestiniens à se gouverner efficacement. »

Il a fait référence à « la violence des colons extrémistes perpétrée en toute impunité, à l’expansion des colonies, aux démolitions et aux expulsions » qui, selon lui, rendent plus difficile pour Israël l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables.

Il a ajouté que l’Autorité palestinienne doit également « se réformer, améliorer sa gouvernance ». Blinken a indiqué qu’il abordera ces questions avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, mercredi.

« Si Israël veut que ses voisins arabes prennent les décisions difficiles nécessaires pour assurer sa sécurité à long terme, les dirigeants israéliens devront eux-mêmes prendre des décisions difficiles », a déclaré Blinken.

L’amitié entre nos deux nations est « vraiment exceptionnelle », a-t-il noté. Et cette amitié et cet engagement « exigent que nous soyons aussi directs que possible dans les moments où les enjeux sont les plus élevés, où les choix sont les plus importants. C’est l’un de ces moments. »

Blinken a déclaré que les États-Unis souhaitent que la guerre « se termine le plus tôt possible… mais il est vital qu’Israël atteigne son objectif très légitime de s’assurer que le 7 octobre ne puisse plus jamais se reproduire ».

Il a attribué toute la responsabilité des souffrances induites par la guerre sur le Hamas.

« Il est très important de se rappeler que tout le monde a des choix à faire, y compris le Hamas. Le Hamas aurait pu mettre fin à cette situation le 8 octobre en ne se cachant pas derrière les civils, en déposant ses armes, en se rendant, en libérant les otages. Aucune de ces souffrances n’aurait eu lieu si le Hamas n’avait pas fait ce qu’il a fait le 7 octobre et s’il avait pris d’autres décisions par la suite ».

« Et encore une fois, cela pourrait s’arrêter demain si le Hamas prenait ces décisions », a-t-il insisté.

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