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Bretagne : Un an de prison avec sursis après des tags néonazis sur des éoliennes

Le prévenu a aussi l’obligation de travailler et d’indemniser les victimes, à hauteur de près de 10 000 euros

Le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc. (Crédit : Spendeau / CC BY-SA 3.0)
Le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc. (Crédit : Spendeau / CC BY-SA 3.0)

Ce jeudi, un homme de 31 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc à un an de prison avec sursis probatoire pour avoir peint des tags néonazis, des croix gammées, des incitations à la haine et des menaces envers Emmanuel Macron sur deux éoliennes la nuit du 31 décembre 2021, a rapporté le journal régional Le Télégramme.

Il a aussi l’obligation de travailler et d’indemniser les victimes, soit 3 447 euros pour la société gérant les éoliennes qu’il a taguées, 2 500 euros pour l’Observatoire juif de France et 2 500 euros pour le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme, parties civiles.

L’individu, Dorian Noël, était déjà fiché S en raison de son engagement à l’extrême droite.

Les deux éoliennes taguées se trouvaient dans son village de Bretagne, Saint-Caradec, dans les Côtes-d’Armor.

Suite à ces faits, la mairie de la commune avait alerté la gendarmerie, qui elle-même avait été « prévenue par l’Observatoire juif de France, qui mène une veille active sur les réseaux sociaux », a expliqué la présidente de la Cour ce jeudi.

L’accusé a reconnu les faits, expliquant qu’il était « bourré ». Concernant les 700 images à caractère nazi retrouvées sur son téléphone, il a expliqué à la justice « s’intéresser à tout ça ».

« Mais il n’y a pas de photos des victimes des nazis », a déclaré la juge. « C’est parce que c’est morbide », a-t-il argumenté. Le prévenu a ensuite défendu sa version du national-socialisme, expliquant voire cette idéologie comme une chose « qui voulait faire avancer la société pour que tout le monde soit content ».

Si l’homme assure qu’il n’a « rien contre les Juifs », celui-ci répond, à la question de la juge « C’est quoi un Juif ? » : « C’est quelqu’un qui pratique l’usure. »

« Mais vous êtes au Moyen-Âge ? », a renchéri la juge. Quant à Hitler, l’accusé a expliqué qu’il était « le premier à avoir fait passer des lois de protection de l’environnement ». « Et les chambres à gaz, Monsieur, c’est écologique ? », lui a répondu la juge.

L’échange – absurde et lunaire – s’est poursuivi pendant de longues minutes, l’homme expliquant notamment que les croix gammées représentaient des « symboles solaires ». Il a également expliqué que son intérêt pour le nazisme venait surtout de « la valeur travail »… « Pour quelqu’un qui est attaché à la valeur travail, on ne peut pas dire que vous ayez fait grand-chose ces derniers mois », lui a alors dit la juge. « Je ne trouve pas de travail parce que je suis fiché », a-t-il répondu.

En septembre dernier, Dorian Noël avait déjà été condamné pour des publications haineuses et antisémites sur les réseaux sociaux. Il avait alors écopé de 6 mois de prison avec sursis, 5 000 € à titre de dommages et intérêts pour le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, qui s’était porté partie civile, et de 1 200 € de remboursement de frais de justice.

Il avait été reconnu coupable de provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’ethnie, la nation, la race ou la religion.

Ces posts pour lesquels il a été condamné le montraient notamment effectuant des saluts nazis, des « quenelles » – geste antisémite de Dieudonné – ou reprenant des caricatures antisémites.

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