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Brève pause dans la construction d’éoliennes sur le plateau du Golan

Les travaux de construction de la ferme éolienne s'arrêteront jusqu'après la fête de l'Aïd al-Adha mercredi

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le chef spirituel druze Sheikh Moafaq Tarif dans son bureau à Jérusalem le 21 juin 2023. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le chef spirituel druze Sheikh Moafaq Tarif dans son bureau à Jérusalem le 21 juin 2023. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé samedi une brève pause dans la construction d’un projet de ferme éolienne sur le plateau du Golan – un projet qui a déclenché d’importantes manifestations des membres de la communauté druze la semaine dernière. Les manifestations, qui s’étaient transformées en émeutes avaient fait 16 blessés, dont 4 Druzes et 12 policiers.

Un communiqué du bureau du Premier ministre a indiqué que Netanyahu s’était entretenu avec le cheikh Muafak Tarif, le chef spirituel de la communauté druze israélienne. Netanyahu lui a dit que la construction s’arrêterait jusqu’après la fête de l’Aïd al-Adha mercredi.

L’annonce du Premier ministre intervient un jour après que Tarif a sommé le gouvernement de mettre fin aux travaux effectués près de la ville de Majdal Shams sous peine de faire face à « une réaction que le pays n’a jusqu’à présent pas encore vue ». Tarif a exhorté le Premier ministre à trouver un arrangement acceptable pour les résidents druzes.

Tarif s’est exprimé lors d’une réunion d’urgence à Kfar Yasif devant environ 2 000 personnes, selon le quotidien Haaretz. Il a appelé les dirigeants israéliens à annuler les lois discriminatoires à l’égard des Druzes. Il faisait référence à la loi controversée sur l’État-nation de 2018, qui définit Israël comme la nation du peuple juif ; et la loi dite Kaminitz de 2017, qui impose de lourdes sanctions aux constructions illégales et qui, selon les minorités, a été utilisée pour cibler de façon disproportionnée les Druzes.

Le communiqué du bureau du Premier ministre a aussi appelé à des solutions aux problèmes de logement de la communauté druze, en particulier ceux qui ont servi dans l’armée.

Lors d’une réunion avec des dirigeants druzes vendredi, le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, avait déclaré que l’armée désirait « l’égalité et le partenariat », notant que la communauté « a apporté une contribution exceptionnelle à la sécurité nationale en servant dans Tsahal ». « Même dans les moments difficiles, nous devons agir conformément à la loi et rechercher de bonnes solutions. »

Le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, s’adressant aux troupes avant une marche militaire, le 20 avril 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Jeudi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait déclaré que les travaux sur le projet de parc éolien s’arrêteraient pendant les vacances de l’Aïd al-Adha de cette semaine, mais qu’ils reprendraient juste après.

Ben Gvir avait dans un premier temps adopté une approche intransigeante face aux protestations des Druzes contre le parc éolien.

« Le projet se poursuivra comme d’habitude. La gouvernance est importante pour nous tous. L’État d’Israël ne s’inclinera pas devant ceux qui lancent des cocktails Molotov », avait-il écrit sur Twitter, après avoir rencontré Tarif et un conseil communautaire druze.

Dans une vidéo publiée par Ben Gvir, Tarif déclarait : « La communauté druze est contre la violence, nous condamnons la violence. Nous sommes tous d’accord là-dessus », ajoutant que la communauté prévoyait de poursuivre les discussions sur le projet avec des représentants du gouvernement.

« J’espère vraiment que pendant ces jours saints, nous parviendrons à des accords », avait-il ajouté.

Des Druzes affrontent la police lors d’une manifestation contre la construction d’un nouveau parc éolien près du village druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Israël cherche à orienter de plus en plus sa production d’énergie vers des méthodes propres, l’énergie éolienne étant un élément important de ces plans. Le ministère de l’Énergie a déclaré par le passé que le plateau du Golan, avec son altitude élevée et ses vallées balayées par le vent, était un endroit idéal pour les parcs éoliens.

Mais le projet a suscité la colère des villageois druzes, qui y voient une menace pour leur mode de vie agraire, un empiètement sur leurs terres ancestrales et une consolidation de ce qu’ils considèrent comme l’occupation du territoire par Israël.

Ils affirment que les poteaux géants et l’infrastructure nécessaire à leur construction les empêcheront de travailler sur leurs parcelles. Ils affirment également que les éoliennes perturberont le lien quasi sacré qui les unit à leur terre, transmise de génération en génération et où les familles se rendent pour respirer de l’air frais et profiter d’un espace vert.

Les propriétaires fonciers qui ont signé des baux avec Energix, la société à l’origine du projet, affirment qu’ils n’ont pas été informés des conséquences potentielles de la présence d’éoliennes sur leur parcelle. Ils affirment avoir été tentés par des sommes importantes pour signer ce qu’ils décrivent comme des baux draconiens qui, associés à un boycott de l’entreprise imposé par des chefs religieux influents, ont poussé nombre d’entre eux à se retirer.

Israël a capturé le plateau du Golan à la Syrie lors de la guerre des Six Jours en 1967 et a annexé le territoire en 1981 – une décision qui n’a pas été reconnue à l’internationale jusqu’à ce que l’administration de l’ancien président américain Donald Trump le fasse en 2019.

Les 26 000 Druzes du Golan, qui appartiennent à une branche de l’islam, parlent l’hébreu et ont un statut de résident israélien qui leur donne le droit de voyager et de travailler librement. La région abrite également quelque 22 000 Juifs israéliens et constitue une destination populaire pour les touristes israéliens.

Mais la plupart des résidents druzes du Golan ont choisi de ne pas prendre la citoyenneté israélienne – ce qui signifie qu’ils ne votent pas aux élections nationales et n’ont donc pas de représentants élus à la Knesset – même si nombre d’entre eux se sentent inextricablement liés à la société israélienne.

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