Bruce Springsteen : « je dois vraiment jouer en Israël »
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Amy Kalman : Je suis venue d’Israël. Bruce Springsteen : je dois vraiment jouer là-bas. Amy Kalman : Oui, vraiment !

Bruce Springsteen : « je dois vraiment jouer en Israël »

Le Boss, qui n’a jamais joué en Terre Sainte, dit à une fan venue de Jérusalem pour le rencontrer dans le New Jersey qu’il veut corriger cela

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Bruce Springsteen et Amy Kalman à Freehold, New Jersey, le 27 septembre 2016. (Crédit : Amy Kalman)
Bruce Springsteen et Amy Kalman à Freehold, New Jersey, le 27 septembre 2016. (Crédit : Amy Kalman)

Bruce Springsteen, l’un des artistes les plus aimés au monde, qui a joué dans plus de 30 pays au cours d’une carrière de près d’un demi-siècle, a dit à une fan de Jérusalem qu’il « doit » jouer en Israël.

Springsteen a fait cette remarque pendant une séance de dédicace de sa nouvelle autobiographie la semaine dernière, Born to Run, dans un magasin Barnes & Noble de sa ville natale de Freehold, dans le New Jersey.

Amy Kalman, fan de Springsteen, mère de quatre enfants qui a emménagé à Jérusalem depuis Toronto dans les années 1980, a déclaré jeudi au Times of Israël qu’elle était venue d’Israël pour la journée, pour cette opportunité rare d’obtenir quelques secondes de face à face avec Springsteen lors de la dédicace.

Elle se trouvait sur internet quand les 2 000 tickets gratuits pour rencontrer Springsteen au magasin ont été mis en ligne, et elle a décidé de faire le voyage.

Chacun des 2 000 chanceux a acheté un exemplaire de son livre pré-signé par Springsteen, et a pu poser pour une photo avec lui et lui parler très brièvement. Kalman a décidé qu’elle utiliserait son précieux temps pour demander à Springsteen de venir jouer un concert en Israël.

Bruce Springsteen et Amy Kalman à Freehold, New Jersey, le 27 septembre 2016. (Crédit : Amy Kalman)
Bruce Springsteen et Amy Kalman à Freehold, New Jersey, le 27 septembre 2016. (Crédit : Amy Kalman)

« Quand nous nous sommes rencontrés, je lui ai dit que ‘je veux juste que vous sachiez que je suis venue pour la journée d’Israël », a déclaré Kalman au Times of Israël.

« Et il a dit, ‘eh bien, ça mérite une accolade’. »

Kalman a continué : « je pensais dans l’avion à comment je pourrais lui dire, nou, joue en Israël. Mais je n’ai pas eu besoin de dire quoi que ce soit parce qu’il a immédiatement répondu, ‘je dois vraiment jouer là-bas’. »

« Et j’ai dit, ‘oui, vraiment !’ »

Ensuite, a dit Kalman, elle a dit à Springsteen : « merci de partager vos espoirs et vos rêves, votre musique et votre amour avec tant de personnes. Et il a répondu, ‘merci, j’apprécie’. Et alors, mon temps était fini. J’avais eu mon moment. »

Bruce Springsteen en concert à Paris, le 11 juillet 2016. (Crédit : AFP/Bertrand Guay)
Bruce Springsteen en concert à Paris, le 11 juillet 2016. (Crédit : AFP/Bertrand Guay)

Quand on lui demande pourquoi il était si important pour elle d’encourager Springsteen à jouer en Israël, Kalman a simplement répondu : « parce qu’il a joué partout ailleurs. Cela aurait dû être sur la liste. Il a tant de fans ici. Je vis ici, et j’adorerais le voir jouer ici. Il a des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de fans ici. »

Elle a déclaré qu’elle avait été frappée par sa réponse « immédiate » quand elle lui a dit qu’elle venait d’Israël. « Il n’y a même pas eu une nanoseconde entre moi disant Israël, et lui proposant une accolade et disant qu’il devait y jouer », a-t-elle répondu.

L'autobiographie dédicacée de Bruce Springsteen. (Crédit : Amy Kalman)
L’autobiographie dédicacée de Bruce Springsteen. (Crédit : Amy Kalman)

Kalman raconte qu’elle est fan de Springsteen depuis 1975, lorsqu’elle a acheté l’album “Born to Run” alors qu’elle n’était qu’adolescente. Elle l’a vu en concert en 1978 pour la première fois, et a assisté à de nombreux concerts depuis.

En juillet, avec son mari, ses fils et sa belle-fille, elle s’est envolée pour Zurich pour assister à un de ses concerts. Elle y a d’ailleurs croisé le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, accompagné de sa femme, qui avait fait le même voyage pour les mêmes raisons.

Springsteen, qui a célébré son soixante-septième anniversaire il y a deux semaines, vient de terminer une tournée colossale, en Europe et aux États-Unis, centrée sur le trente-cinquième anniversaire de son album « The River ». Ses concerts, qui duraient près de 4 heures, voire davantage, ont fait l’objet d‘élogieuses critiques.

Le Boss et la tribu

Springsteen, aux origines irlandaises, hollandaises et italiennes, a été élevé dans la religion catholique. Mais il entretient de nombreux liens avec Israël et la communauté juive.

La chanteuse, compositrice, actrice, scénariste et auteur primée Suki Lahav a joué du violon et a chanté avec Springsteen et son groupe E Street Band dans les années 1970, quand celui qui était son mari, Louis, travaillait pour Springsteen comme ingénieur du son, à Blauvelt New York pour 914 Sound Studios.

La jeune musicienne israélienne, née dans le Kibboutz Ayelet Hashahar en Galilée, a chanté « 4th of July, Asbury Park (Sandy) » sur le deuxième album de Springsteen, sans être créditée et a joué du violon sur scène en tant que membre non officielle du groupe sur plusieurs chansons, notamment la poignante chanson intitulée « Lost in the Flood », l’élégante « Incident on 57th Street » et les premières versions d’une des chansons les plus acclamées de Springsteen « Thunder Road ».

Bruce Springsteen et Suki Lahav sur scène à Philadelphie en 1974 (capture d'écran Youtube)
Bruce Springsteen et Suki Lahav sur scène à Philadelphie en 1974 (capture d’écran Youtube)

Le batteur de Springsteen au sein d’E Street Band, Max Weinberg est juif. Ses parents dirigeaient une colonie de vacances juive et son professeur de piano, Roy Bitan, avait décrit son style de musique comme étant celle d’un « petit enfant juif avec un accordéon ».

Le manager et producteur de Springsteen, Jon Landau est juif également, et son premier manager, Mike Appel était un quart juif, par son grand-père paternel.

Bruce Springsteen et le batteur Max Weinberg en concert (Crédits : (CC-BY-SA, Craig ONeal, Wikipedia))
Bruce Springsteen et le batteur Max Weinberg en concert (Crédits : (CC-BY-SA, Craig ONeal, Wikipedia))

Appel avait confié au Times of Israël l’an dernier qu’il ne savait pas pourquoi Springsteen n’avait jamais joué en Israël. « Je veux dire, c’est un autre pays à conquérir, pour lui. Il a conquis le monde ! Pourquoi ne pas compter Israël également, tant qu’on y est ? », avait dit Appel. « C’est un mystère pour moi, je ne sais pas du tout pourquoi. »

Springsteen avait également fait une apparition à de nombreux événement à résonnance juive, notamment au gala donné en l’honneur du vingtième anniversaire de la Shoah Foundation créée par Steven Spielberg en 2014.

Plusieurs de ses chansons évoquent également des thèmes juifs et bibliques, avec des références à Moïse, au Déluge, et d’autres font référence à la Bible jusque dans les titres : « The Promised Land » et « Adam Raised a Cain ».

De gauche à droite : Stevie Van Zandt, Bruce Springsteen et Patti Scialfa ds E Street Band en représentation au Los Angeles Sports Arena le 15 mars 2016, en Californie (Crédit : Kevin Winter/Getty Images))
De gauche à droite : Stevie Van Zandt, Bruce Springsteen et Patti Scialfa ds E Street Band en représentation au Los Angeles Sports Arena le 15 mars 2016, en Californie (Crédit : Kevin Winter/Getty Images))

Springsteen est un sympathisant notoire de Bill Clinton et de Barack Obama, et a critiqué avec véhémence le candidat républicain Donald Trump. Il n’a jamais publiquement évoqué sa position à propos d’Israël.

Son guitariste et ami de longue date Steven Van Zandt, avait cependant défendu avec ferveur l’État juif au printemps dernier, dans un échange de tweets avec des activistes du BDS et autres détracteurs sur la question du prétendu « état voyou » qu’est Israël.

« Vous et les autres boycotteurs d’Israël, êtes des idiots ignorants et prétentieux. Israël est l’un de nos deux seuls amis au Moyen Orient », avait écrit Van Zandt, activiste anti-apartheid chevronné.

Dans un autre tweet, Van Zandt avait invité des détracteurs d’Israël à « s’informer ».

Mike Appel, New York, Juin 2016 (David Horovitz / Times of Israel)
Mike Appel, New York, Juin 2016 (David Horovitz / Times of Israel)

Lorsqu’on lui a dit qu’Israël « répond à la définition d’apartheid selon la loi internationale », Van Zandt avait répondu : « croyez moi, je suis au moins aussi conscient des injustices commises à travers le monde que vous. Il ne peut pas y avoir une seule solution pour tous » et « Les problèmes existent depuis des milliers d’années et vous voulez une solution en 140 caractères ? » et encore, « je comprends que ça puisse en avoir l’air, mais votre analyse est incorrecte. C’est bien plus compliqué qu’en Afrique du Sud. »

Adoucir la nouvelle année

De retour à Jérusalem, Kalman dit ne pas vouloir revenir à la dimension politique du concert de Springsteen en Israël, et elle espère seulement qu’il ajoutera Israël à sa tournée.

Elle raconte qu’elle a offert à Springsteen un pot de miel israélien. Les cadeaux des fans, avec un message personnalisé étaient les bienvenus et les fans ont été assurés que Springsteen les recevrait plus tard.

Dans son message, Kalman a écrit à Springsteen : « Mon vœu, à l’occasion du Nouvel An, est que cette année soit douce et porteuse de bonne santé pour vous et ceux que vous aimez, et que vous amènerez votre douce âme en Israël cette année. »

Message qui accompagnait le pot de miel israélien qu'Amy Kalman a offert à Springsteen (Crédit : Amy Kalman)
Message qui accompagnait le pot de miel israélien qu’Amy Kalman a offert à Springsteen (Crédit : Amy Kalman)
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