Bruxisme, bruxisme statique: L’impact de la pandémie sur les Israéliens anxieux
Rechercher

Bruxisme, bruxisme statique: L’impact de la pandémie sur les Israéliens anxieux

Selon une enquête, un Israélien sur trois grince des dents ou serre la mâchoire pendant le confinement ; les chercheurs voient des "signes très réels" de détresse psychologique

Un homme serre les dents. (Crédit : Nomadsoul1 via iStock by Getty Images)
Un homme serre les dents. (Crédit : Nomadsoul1 via iStock by Getty Images)

Le stress qui découle de la pandémie entraîne une forte hausse des habitudes de bruxisme – grincement des dents – et de bruxisme statique – serrement de la mâchoire, ont découvert les chercheurs israéliens.

La faculté dentaire de l’université de Tel Aviv a étudié un échantillon de la population israélienne au cours du confinement du printemps. Elle a conclu de cette recherche qu’environ 36 % des personnes interrogées grinçaient des dents pendant leur sommeil, contre 10 % avant la pandémie.

Alors que c’est un tic commun pendant la journée, le bruxisme statique a connu une hausse majeure, passant de 17 % en temps normal à 32 % pendant le confinement, selon la recherche qui vient tout juste d’être publiée dans le Journal of Clinical Medicine, une publication relue par des pairs.

Ces deux tics sont connus pour être fortement influencés par des facteurs émotionnels tels que le stress et l’anxiété, et ils ont le potentiel de gravement endommager les dents et les articulations maxillaires.

Des symptômes de dysfonctionnement temporo-mandibulaire (TMD), souvient lié à ces habitudes, ont été rapportés par 47 % des personnes interrogées contre 35 % avant l’apparition du coronavirus dans le pays. Ce trouble a tendance à entraîner des douleurs faciales chroniques en affectant les muscles, les nerfs et les articulations du visage.

« On a beaucoup parlé des effets de la pandémie sur les Israéliens et cette recherche est importante dans la mesure où elle apporte des signes physiologiques très réels qui indiquent clairement une plus grande détresse psychologique et une plus grande anxiété au sein de la population », explique au Times of Israel la professeure Ilana Eli, l’une des expertes à l’origine de l’étude.

Une femme atteinte de bruxisme pendant la nuit. (Crédit : Hope Connolly via iStock by Getty Images)

« Nous nous attendions à constater une augmentation dans ces statistiques, mais pas d’une telle ampleur. C’est vraiment attristant », a-t-elle continué.

Elle a noté que l’une des plus importantes sources d’inquiétude citées par les personnes atteintes de bruxisme et de bruxisme statique sont l’impact de la pandémie sur les relations avec la famille et les amis.

Si la recherche s’est concentrée sur le premier confinement en Israël, Eli pense que ces tics anxieux ont continué à augmenter. Elle aura bientôt des statistiques portant sur les dernières semaines.

La professeure Ilana Eli de la faculté dentaire de l’université de Tel Aviv. (Autorisation : université de Tel Aviv)

L’article de journal conclut que la pandémie a des « effets indésirables significatifs » sur « la santé psycho-émotionnelle » de la population.

L’article présente l’étude israélienne qui a porté sur 700 personnes, mais il évoque également une étude parallèle qui a eu lieu en Pologne. L’équipe d’Eli a collaboré avec des chercheurs de l’université de Wroclaw, qui a découvert une augmentation encore plus importante, chez les Polonais, du bruxisme, du bruxisme statique et des douleurs chroniques.

Les études, dans les deux pays, ont été menées sous couvert d’anonymat des participants et elles ont respecté les normes établies par la déclaration d’Helsinki de la World Medical Association, ainsi que les recommandations faites par les commissions locales d’éthique.

Selon Eli, la recherche permet de mettre en lumière le taux particulièrement élevé du stress et de l’anxiété parmi les femmes âgées de 35 à 55 ans, qui font souvent face à l’inquiétude entraînée par la pandémie tout en étant, en même temps, soumises aux lourdes pressions exercées par le travail et la parentalité.

La moitié des femmes appartenant à cette catégorie d’âge a fait savoir qu’elle souffrait de bruxisme pendant la nuit et de bruxisme statique dans la journée. 48 % ont indiqué souffrir de douleurs faciales en raison d’un TMD.

« On observe une image globale des effets de la pandémie sur les gens et, en particulier, de son impact particulièrement fort sur les femmes de la dite ‘moyenne génération’, qui portent le fardeau des soins aux enfants tout en s’inquiétant pour les grands-parents », note Eli.

Une mère stressée pendant le confinement. Crédit : Sam Thomas via iStock by Getty Images)

Quand il a été demandé aux Israéliens interrogés quelle était l’origine de leur anxiété, certains ont cité les pressions générales induites par la pandémie, et une réponse très courante a été l’inquiétude pour les dégâts entraînés par la crise sur les relations interhumaines.

« C’était majoritairement l’anxiété au sujet d’effets négatifs possibles sur les relations avec les autres en résultat du confinement – l’inquiétude ne pas pouvoir rencontrer les amis et la famille », dit Eli. « La préoccupation principale, parmi les Israéliens, c’était ce sentiment que les relations pourraient être affectées ».

Les personnes atteintes de bruxisme ou de bruxisme statique doivent se tourner vers leur dentiste, souligne Eli. « Il y a des protège-dents, des techniques de relaxation qui sont disponibles », dit-elle, ajoutant que selon elle, les Israéliens ne doivent pas s’inquiéter d’aller chez leur praticien dentaire parce qu’ils redoutent une éventuelle contamination au virus. « Il y a des régulations très strictes concernant la désinfection chez les dentistes et il ne faut pas craindre d’y aller ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...