Chartres: un ex-ténor du barreau jugé en appel pour viol et agressions sexuelles
Rechercher

Chartres: un ex-ténor du barreau jugé en appel pour viol et agressions sexuelles

Sidney Amiel, a crié au "complot policier, professionnel et antisémite", ourdi au sein du microcosme du barreau de Chartres

illustration : ville de Chartres (Crédit : Joxemai via Wikimédia CC BY-SA 3.0)
illustration : ville de Chartres (Crédit : Joxemai via Wikimédia CC BY-SA 3.0)

L’ancien ténor du barreau de Chartres Sidney Amiel, condamné en première instance à 10 ans de prison pour un viol et des agressions sexuelles sur des collaboratrices et des clientes, sera jugé en appel à partir de mardi aux assises des Hauts-de-Seine.

L’ex-avocat de 68 ans comparaîtra libre. Il est sorti de prison près de deux mois jours après le verdict de son premier procès en juin 2017 et a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’appel.

Sidney Amiel est accusé d’un viol sur une ancienne collaboratrice et de plusieurs agressions sexuelles qui se seraient déroulées au sein de son cabinet sur deux clientes et une secrétaire. Des faits qu’il a toujours niés.

Décrit comme « tactile, méditerranéen » par certains proches, l’accusé n’a eu de cesse lors de son premier procès de se présenter comme « un amoureux des femmes », un peu « volage » mais « jamais violent ».

Frédéric Landon, avocat de Sydney Amiel, le 23 juin 2017. ‘Crédit : capture d’écran France 3 via Facebook)

« Il conteste farouchement les faits », a déclaré à l’AFP son avocat Me Frédéric Landon. « Il pense que son comportement n’a jamais eu de but sexuel comme on le prétend et il est probable que ses propos et gestes aient été mal interprétés », a-t-il ajouté, espérant « un procès équitable » qui saura faire « abstraction du débat qui anime la société civile ».

Pour l’un des experts qui l’a examiné, « la sexualité imprègne le psychisme de M. Amiel ». Il « méconnait ce qu’il y a d’agressif et de sexuel dans ses gestes » pour son entourage féminin « et l’effet que cela peut produire », a dépeint un psychologue.

Lors de son premier procès, son ex-belle fille l’avait accusé d’attouchements alors qu’elle était mineure et l’avait qualifié de « pervers ». « A cause de lui, le sexe était juste présent tout le temps à la maison », avait-elle lâché.

Une trentaine de victimes présumées, collaboratrices, clientes ou stagiaires, avaient témoigné lors du premier procès. Toutes ont raconté des gestes déplacés, des caresses imposées ou bien encore des propositions ou plaisanteries graveleuses, des faits aujourd’hui prescrits dans leur majorité.

Sidney Amiel, ancien avocat très respecté spécialiste du droit social, avait pour sa part crié au « complot policier, professionnel et antisémite », ourdi au sein du microcosme du barreau de Chartres. L’accusé était connu pour ses nombreux succès dans des procès opposant des entreprises à d’anciens salariés licenciés et défendait notamment la CGT.

Le procès doit se terminer le 26 octobre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...