Comment Nir Barkat dirige Jérusalem en courant
Rechercher

Comment Nir Barkat dirige Jérusalem en courant

Une journaliste du Times of Israel a fait son jogging matinal aux côtés du maire quelques jours avant le marathon de Jérusalem

Melanie Lidman s'est joint au maire de Jérusalem, Nir Barkat, lors de l'un de ses joggings matinaux réguliers de sa maison au bureau de la municipalité le 10 février 2016 (Crédit : Melanie Lidman / Times of Israel)
Melanie Lidman s'est joint au maire de Jérusalem, Nir Barkat, lors de l'un de ses joggings matinaux réguliers de sa maison au bureau de la municipalité le 10 février 2016 (Crédit : Melanie Lidman / Times of Israel)

Quand un déferlement de cyclistes de couleurs fluos commencent à se multiplier dans les ruelles étroites de la Vieille Ville de Jérusalem, cela signifie juste une chose : le marathon de Jérusalem approche.

Après six années consécutives, le maire de Jérusalem, Nir Barkat, est confiant sur le fait que cette course printanière aide Jérusalem à présenter un visage différent au monde, un aspect qui ne se caractérise pas par les attaques terroristes ou la situation sécuritaire.

Coureur lui-même, Barkat a participé au demi-marathon chaque année et court régulièrement quelques fois par semaine, de son domicile situé dans le quartier de Beit Hakerem, à son bureau de l’Hôtel de Ville.

The Times of Israel l’a rejoint en février lors de son jogging, pour l’écouter parler de ses plans pour Jérusalem tandis que nous courions dans la capitale.

« Le marathon est devenu un événement mondial », a déclaré Barkat pendant que nous passions par les rues calmes et verdoyantes de Beit Hakerem.

Dès le début, l’un des critères à succès de Barkat pour le marathon était le nombre de coureurs internationaux qui participent au marathon. Ces coureurs apportent environ 10 millions de shekels à l’économie de la ville, grâce à la vente de plus de 12 000 séjours à l’hôtel réservés pour la semaine du marathon et pour expérimenter d’autres activités touristiques.

Les coureurs pendant le marathon 2014 à Jérusalem (Crédit : Uri Lenz / Flash90)
Les coureurs pendant le marathon 2014 à Jérusalem (Crédit : Uri Lenz / Flash90)

« Nous avons enregistré 2 400 coureurs venant du monde entier [cette année]. Cela prouve que c’est l’un des plus grands événements sportifs annuels en Israël et qu’il est aussi devenu significatif à l’international », a déclaré Barkat.

Il s’agit du plus grand nombre de coureurs internationaux depuis que le marathon a commencé en 2011 (il en existait un auparavant sous une forme plus courte), un point que Barkat aime avancer pour prouver que la vague actuelle de terrorisme n’a pas affecté l’attrait touristique de la ville.

Les coureurs, 25 000 au total, viennent de 62 pays à travers le monde, dont 160 de Chine.

Courir avec Barkat dans Jérusalem est une expérience étrange : tout le monde le reconnaît et le salue. Les étrangers prennent des photos au moment il s’approche d’eux. Barkat répond à ses appels téléphoniques, il répond à son téléphone même s’il est essoufflé en courant dans les collines de Jérusalem, planifiant les réunions de la journée.

Cependant, Il n’aime pas être interviewé pendant les montées. « Je vais vous répondre une fois que nous sommes arrivés au sommet de la colline », m’a-t-il, quand je lui ai posé des questions sur la façon dont le marathon construisait la communauté.

« Nous savons à travers les interviews et à travers ce que nous entendons dans la presse mondiale que le marathon de Jérusalem est l’un des meilleurs marathons de printemps dans le monde », s’est vanté Barkat.

En 2012, le magazine féminin britannique Running Magazine a nommé le 10K de Jérusalem comme l’une des dix premières courses de printemps internationales. Le journaliste du Runner’s World l’a qualifié de « l’un des marathons urbains les plus difficiles que j’ai jamais courus ».

« Mon profil Garmin ressemblait à un ECG : rien de plat, quelques sections droites et une élévation totale en gain/perte d’environ 2 300 pieds », a écrit la journaliste Rachel Toor.

Moins de 2 000 personnes tentent le parcours complet 42,2 km. La course la plus populaire est celle du 10km.

Barkat a participé à quatre marathons, deux à Tibériade, un à Paris et un à New York. Son premier marathon était un accident. En 2003, Barkat est allé en France avec quelques copains de son unité de réserve de parachutistes pour le marathon de Paris, en leur promettant de courir les 20 premiers kilomètres avec eux. Le jour de la course, il s’est retrouvé tout à coup au 30e kilomètre avec assez d’énergie pour terminer le parcours. « Oui, je l’ai fait », s’est remémoré Barkat, en haussant les épaules et en riant.

Le maire d'une ville « normale » : Nir Barkat termine le demi-marathon de Jérusalem en mars 2013 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le maire d’une ville « normale » : Nir Barkat termine le demi-marathon de Jérusalem en mars 2013 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lors de son dernier marathon, à New York en 2009, alors qu’il franchissait la ligne d’arrivée, il a promis d’organiser un événement semblable à Jérusalem. Ce rêve est devenu une réalité avec le premier marathon de Jérusalem reconnu internationalement en 2011.

La course est populaire « parce qu’elle implique aussi bien le sport et de belles vues », a déclaré Barkat tandis que nous passions par une partie du parcours du marathon qui serpente le campus de Givat Ram de l’université Hébraïque.

L’itinéraire complet comprend également des vues renversantes de la Vieille Ville depuis le mont Scopus et la promenade de Talpiyot, une balade à travers Arnona et une montée difficile sur la rue Kovshei Katamon au kilomètre 39.

Le parcours de 10km se concentre sur le centre de la ville, avec un parcours sinueux à travers Rehavia et la Vieille Ville. Certains militants et politiciens ont critiqué la course parce qu’il traverse Jérusalem-Est, bien que la controverse soit retombée au cours des dernières années.

Le plan de Barkat pour attirer les touristes consiste à faire la promotion de Jérusalem vue sous différents angles en attirant leurs intérêts à travers des choses spécifiques. Des événements comme la course de Formule Un à Jérusalem, et le Festival annuel des Lumières dans la Vieille Ville, donnent aux gens qui aiment voyager une excuse pour faire de Jérusalem leur destination, confie Barkat, persuadé.

Des coureurs qui traversent la Vieille Ville de Jérusalem pendant le marathon de 2012 (Crédit : Yoav Are Doodkevitch / Flash90)
Des coureurs qui traversent la Vieille Ville de Jérusalem pendant le marathon de 2012 (Crédit : Yoav Are Doodkevitch / Flash90)

Et il s’attend à ce que rien ne refroidisse cet enthousiasme même en dépit du cycle actuel de terreur, au cours de laquelle 29 Israéliens et 4 ressortissants étrangers ont été tués dans des attaques terroristes palestiniennes depuis le mois d’octobre. Quelque 190 Palestiniens ont été tués, dont près des deux tiers d’entre eux en attaquant les Israéliens et le reste lors d’affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, un coureur, se préparant pour le marathon de Jérusalem 2014 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, un coureur, se préparant pour le marathon de Jérusalem 2014 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Je ne pense pas que cette année soit différente des autres années ou que ce marathon soit différent de tout autre marathon mondial », a déclaré Barkat, qui a insisté sur le fait que Jérusalem est plus sûre que la plupart des grandes villes du monde entier.

« Avoir des marathons qui se déroulent au cœur des villes favorise réellement les villes, il met en valeur les éléments principaux de la ville et je pense que c’est une très bonne chose », a-t-il certifié. « Il n’y a pas de différence entre cette année, les dernières années et celles à venir ».

Barkat est resté évasif lorsqu’on lui a demandé s’il allait courir de son domicile à la Knesset d’Israël au lieu de se rendre à la municipalité de Jérusalem.

Barkat, qui s’est présenté pour le poste de maire dans le cadre du parti indépendant : « Jérusalem réussira » qu’il a fondé, a officiellement rejoint le Likud en décembre.

Après son mandat en cours ou un mandat supplémentaire, Barkat a répondu : « je serais très heureux d’apporter mon expérience acquise à Jérusalem pour servir Israël à l’échelon national ».

Son mandat actuel se termine en 2018.

Quant à savoir s’il a des suggestions pour les coureurs pour mieux appréhender la course ?

La stratégie de Barkat est d’exploiter les célèbres collines de Jérusalem à son avantage.

« Venez, et abordez la montée lentement », a-t-il conseillé alors que nous atteignons le sommet d’une colline de Rehavia et que l’on commençait la descente vers la municipalité, avec quelques minutes de retard pour ses réunions du matin.

« Toute personne qui n’est pas un hiérosolymitain ne connait pas les montées de la ville, soyez prudent. Freinez pendant les montées et rattrapez votre retard pendant les descentes. Et assurez-vous de vous entraîner sur les collines parce que vous utilisez différents muscles ».

Après cela, il a disparu dans la mairie. Il n’y a pas le temps pour des étirements lorsque vous devez commencer une autre journée-marathon à la tête de la ville.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...